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L’union délicate du bois et de la céramique

L’union délicate du bois et de la céramique

Travaillant l’un le bois, l’autre la céramique, leur univers subtil et épuré est tellement en osmose qu’ils donnent l’impression d’avoir toujours travaillé ensemble. Mais Basma Osama (Ceramik b.) et Guy Lemyre ont chacun cheminé de leur côté vers l’artisanat en se détournant de leur carrière ou orientation respectives: la sociologie et l’enseignement.

C’est en occupant des ateliers voisins qu’ils se sont rencontrés en 2011 et ont finalement partagé leur vie et leurs univers professionnels. En août dernier, ils ouvrent UNION, un espace boutique et atelier qui réunit leurs créations originales à Verdun. Rencontre avec un couple à l’esthétique raffinée qui s’impose comme une évidence.

Crédit photo: Isabelle Delorme.

Racontez-moi votre parcours et ce qui vous a poussé vers la céramique et le travail du bois.

GL: Mon père a toujours été bricoleur donc j’ai grandi en le regardant travailler. Mais après une formation en éducation physique, j’ai enseigné à la maternelle pendant 18 ans. Puis quand mon fils est né, j’ai pris un congé et j’ai commencé des cours d’ébénisterie. C’est là que j’ai décidé d’arrêter d’enseigner pour suivre une formation au Cégep, à l’École National du Meuble et de l’Ébénisterie.
BO:  Comme Guy, c’est une activité de loisir qui m’a finalement amenée vers mon métier. Étudiante en sociologie, je rédigeais mon mémoire de maîtrise lorsque je suis allé suivre un cours de céramique. Au bout d’un moment, j’ai réalisé que cela faisait plusieurs heures que je travaillais sans réfléchir à quoi que ce soit. Or, à cette époque, je me posais beaucoup de questions existentielles qui venaient de mon manque d’épanouissement dans ce que je faisais, car j’étais bonne étudiante, mais je m’ennuyais. J’ai réalisé que lorsqu’on ne fait qu’un avec son activité, il n’y a pas de dichotomie et on ne se pose pas de questions. J’ai continué à faire de plus en plus de céramique-, et lorsque j’ai terminé ma maîtrise j’ai suivi une formation de deux ans et demi en céramique à l’Institut des métiers d’art du Cégep du Vieux Montréal. En 2006, après avoir eu mon enfant, j’ai commencé le projet de Ceramik b.

Pourquoi avez-vous décidé d’ouvrir un atelier-boutique il y a un an?

BO: Moi j’avais cette idée depuis longtemps, mais quand Guy a commencé à partager mon atelier cela s’est concrétisé. On a voulu changer à la fois d’atelier et de quartier, car nous habitions et travaillions auparavant à Rosemont. Nous avions aussi envie d’être plus visibles, avec pignon sur rue.
Crédit photo: Isabelle Delorme.

Comment avez-vous choisi le quartier de Verdun ?

BO: Nous aimions la proximité du fleuve, le côté bigarré du quartier. J’avais envie de changement, car j’ai habité le Plateau toute ma vie et Guy avait déjà travaillé à Verdun.
Guy, quelles essences de bois affectionnez-vous particulièrement? 
GL: J’aime surtout travailler le noyer et l’érable. Ce sont des bois assez denses. J’aime beaucoup le noyer pour sa richesse, sa profondeur et sa couleur. Et puis l’érable représente le Québec.

Basma, vous travaillez avec une palette de couleurs très subtiles volontairement limitée et des formes épurées. Comment avez-vous fait ce choix esthétique?

BO: Je crois que cela s’est juste imposé à moi! J’ai toujours aimé les choses très simples et j’aime ce qui va de soi, ce qui n’a pas besoin d’explications ou de fioritures. Cela s’applique aussi à mes vêtements, car je m’habille simplement. D’ailleurs, chaque fois que je fais une nouvelle collection elle est encore plus simple que celle d’avant! Il y a 10 ans, ma collection avait plus de courbes, d’irrégularités alors que maintenant les lignes sont plus droites.
Crédit photo: Isabelle Delorme.

Quelles sont vos inspirations dans votre travail?

BO: Je réalise que les lectures correspondent et font un tout avec mon travail. Les livres qui attirent mon attention sont ceux qui narrent quelque chose sans en avoir l’air. Comme dans la littérature japonaise par exemple où il a l’air de ne rien se passer. C’est assez similaire à ce que nous faisons et c’est aussi notre façon d’être à la maison, car nous avons assez peu de choses.

Travailler en couple: cela comporte quelques challenges?

GL: Pas tant!
BO: En effet, pas pour nous. Nous avons décidé de partager cet atelier parce que nous nous sommes rendu compte que nous travaillons très bien ensemble. C’est la première fois que cela m’arrive, car je suis très solitaire et l’atelier est mon lieu sacré, mais avec Guy ça marche parce que c’est comme ça pour lui aussi. Parfois on parle et on partage beaucoup sur la conception des produits.
GL: On peut aussi être ensemble pendant cinq heures sans se parler. C’est fluide.

«Dès le départ, on se ressemblait dans cette quête de simplicité.»

Vos univers épurés sont très complémentaires. Ils l’étaient déjà avant votre rencontre?

BO: Non, lorsque j’ai rencontré Guy il faisait des meubles sur mesure.
GL: En effet, si j’ai décidé de passer aux petits objets, c’est un peu de sa faute [rires]! C’est aussi parce que nous avions un grand atelier qui coûtait une fortune. Finalement, il fallait beaucoup de meubles pour payer tout ça et en fin de compte, il ne restait plus grand-chose. Donc j’ai voulu rapetisser mes oeuvres. Cela a commencé avec quelques spatules rectangulaires très simples que Basma avait emportées avec elle au salon [email protected] en 2016, qui s’étaient très bien vendues.
BO: À partir de là, nous en avons discuté et Guy a décidé de faire des spatules à salade un peu plus complexes puis des cuillers. Il a fait son premier [email protected] avec beaucoup de succès et il a continué. Progressivement son travail s’est développé autour du petit objet.
GL: À l’exception des sapins de Noël. On a fait le premier ensemble alors que je venais de me séparer et je n’avais pas de sapin pour mes enfants. Il était très simple au départ, avec un manche à balai au milieu, et nous l’avons affiné par la suite.
Crédit photo: Isabelle Delorme.

Est-ce que le travail de Basma inspire Guy et réciproquement?

BO: Je crois que oui. Dès le départ, on se ressemblait dans cette quête de simplicité. Nous nous complétons beaucoup là-dessus et cela va de soi.

Est-ce que vous pensez qu’il y a un regain d’intérêt pour l’artisanat au Québec ?

BO: Oui, vraiment. Sur mes douze années de pratique avec l’atelier, je trouve qu’il y a une très grande différence entre l’année 1 et l’année 12. Longtemps, mon marché se situait plus en Ontario et aux États-Unis et ces trois dernières années, j’ai travaillé très fort sur Montréal et beaucoup moins en Ontario.

Basma, à côté d’objets fonctionnels, tu as aussi développé des projets artistiques. Peux-tu m’en parler?

BO: J’ai commencé à faire des murales en 2012. Jusqu’à présent c’est un projet qui tourne beaucoup autour du geste et de la symbolique de l’écriture. Je suis en train de boucler ce projet pour passer à autre chose, mais l’écriture et la transcription d’un contenu par des formes m’interpellent beaucoup. La première murale était une lettre manuscrite que j’avais transcrite. J’ai fait beaucoup de chemin depuis dans les formes et le travail, et je viens de livrer ma dernière murale au restaurant Monarque.
Crédit photo: Isabelle Delorme.

Travaillez-vous ensemble sur ces projets?

BO: Tout à fait. Guy s’occupe de la structure de bois, de la murale et du collage quand il y en a. Il s’occupe de toute la partie technique.

«On vit l’instant présent et on passe à autre chose après.»

Quelle est la part de vos clients professionnels et particuliers?

GL: Je vends principalement au [email protected] et ici. Je dirais pour ma part 85% de particuliers et 15% de professionnels.
BO: Pour moi cela change d’une année à l’autre. L’année dernière j’ai eu beaucoup de commandes de restaurants. (NDLR: on trouve notamment les oeuvres de Basma dans les restaurants montréalais Candide, Bouillon Bilk, la Prunelle, Monarque et le nouveau bar Vinvinvin). J’ai choisi volontairement de réduire les ventes avec intermédiaires et de développer mes ventes directes, car je n’arrivais pas à tout fournir et cela me permet d’avoir moins de frais. Je suis vendue à la boutique du Fairmount Le Reine Elizabeth et Guy et moi faisons des opérations ponctuelles avec la boutique Réunion à Verdun.

Comment faites-vous connaître votre travail?

BO: Essentiellement par le site web et les réseaux sociaux, que j’entretiens constamment. Il y a aussi un effet de bouche à oreille très fort, car chaque client amène avec lui deux ou trois clients potentiels.
GL: Le [email protected] est aussi une très bonne source de visibilité.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné?

BO: Mon mentor, Alain Bonneau, m’a dit de m’arranger pour rester le plus simple possible dans la conception et dans les étapes de fabrication des objets. Cela a été le conseil le plus précieux.
GL: Je n’ai pas eu de conseils à part ceux de Basma! Conserver la plus grande simplicité possible, ce qui rejoignait mon souhait de diminuer l’outillage.

Quel est le plus gros défi auquel vous êtes ou avez été confrontés en tant qu’entrepreneurs?

BO : Les coûts et donc l’influence qu’ils ont sur les prix. Garder des prix raisonnables alors que cela coûte très cher de fabriquer tout cela.

Est-ce une démarche compliquée pour vous, en tant qu’artisans et artistes, de vendre?

GL: C’est la partie qui me dérange le plus en effet! J’aime mieux produire qu’attendre que les gens viennent derrière mon comptoir.
BO: Moi j’aime bien! J’ai appris à aimer, car j’ai fait une formation au Saje avant de commencer l’atelier. C’est cela qui m’a permis de surmonter ma peur de la vente, car c’est vulnérabilisant d’arriver avec des choses qu’on a créées et de les proposer pour se faire dire oui ou non. Au final, j’en ai une vision un peu comme avec la production où on vit l’instant présent et on passe à autre chose après. Comme on aime beaucoup ce qu’on fait, on est authentiques, on explique notre travail et les gens s’y retrouvent ou pas. Guy est un grand timide! Mais finalement, quand il va au [email protected], il est très content, car c’est l’occasion pour lui de rencontrer les gens qui utilisent son travail.

À la rentrée vous allez offrir vos premiers cours. En quoi vont-ils consister?

BO: En septembre, nous allons ouvrir deux cours de façonnage pour adultes. Les gens qui n’ont jamais fait de céramique vont pouvoir découvrir comment utiliser leurs mains avec l’argile pour fabriquer des choses. Nous ouvrirons peut-être aussi un cours semi-privé de tournage en utilisant les quatre tours que nous avons sur place. Nous proposerons aussi des ateliers ponctuels sur des thèmes spécifiques et peut-être aussi par la suite des cours pour enfants.

🌓 UNION atelier boutique

527, 4e avenue, Montréal (Verdun)
➡️ Pour suivre les actualités de Basma Osama: par ici.
➡️ Pour suivre les actualités de Guy Lemyre: par là.

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