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Les Affaires Brassicoles #532 | 15e anniversaire de la Brasserie Dunham : Sébastien Gagnon

Les Affaires Brassicoles #532 | 15e anniversaire de la Brasserie Dunham : Sébastien Gagnon

Bienvenue à cette série pour célébrer le 15e anniversaire de la Brasserie Dunham, en collaboration avec Innomalt.

Il y a des brasseries qui suivent les tendances. D’autres qui les créent. Et puis il y a Brasserie Dunham, qui a passé les quinze dernières années à construire son propre territoire, quelque part entre le punk, la fermentation sauvage, l’art contemporain et la quête obsessionnelle de la bière bien faite.

Pour plusieurs amateurs de bière au Québec, Dunham n’a jamais été seulement une microbrasserie. C’était une porte d’entrée. Un choc esthétique. Une première bouteille partagée. Une saison funky qui goûtait le Vermont et la Belgique à la fois. Une étiquette qui ressemblait plus à une affiche de galerie qu’à un produit de dépanneur.

Quand Sébastien Gagnon (président/directeur général) et son équipe débarquent à Dunham au début des années 2010, le Québec brassicole est encore adolescent. L’industrie existe, oui, mais elle cherche sa voix. Les IPA américaines commencent à traverser la frontière. Les saisons belges inspirent les plus curieux. Les brasseurs voyagent, goûtent, expérimentent. Tout semble possible.

Quinze ans plus tard, alors que l’industrie traverse une période de consolidation et de remise en question, Dunham demeure un symbole rare : celui d’une brasserie qui a réussi à évoluer sans perdre son âme.

Le Québec brassicole avant la ruée

Aujourd’hui, il est difficile d’imaginer un Québec sans microbrasseries. Elles sont partout : dans les villages, les quartiers, les régions touristiques, les anciens garages transformés en taprooms. Elles sont devenues des lieux de rassemblement, des moteurs économiques, parfois même les nouvelles églises de leur communauté.

Mais au début des années 2010, tout restait à inventer.

« On était au balbutiement », raconte Sébastien Gagnon. « Il y avait encore un fax dans le bureau. Les recettes circulaient à moitié traduites. Il n’y avait pas vraiment de cadres. »

À cette époque, ouvrir une microbrasserie au Québec ressemblait davantage à partir un groupe punk qu’à lancer une entreprise structurée. Peu de financement. Peu de modèles. Beaucoup d’improvisation. Et surtout, une immense curiosité.

Le mouvement brassicole québécois s’est construit grâce à des pionniers comme Dieu du Ciel!, Le Cheval Blanc ou Trou du Diable, qui ont montré qu’il était possible de créer ici des bières aussi ambitieuses que celles du Vermont, de Belgique ou de Californie.

Dunham arrive exactement dans cette vague-là.

L’école du Vermont

Impossible de parler de Dunham sans parler du Vermont.

À moins d’une heure de route de la frontière américaine, la brasserie a grandi en observant ce qui se passait chez The Alchemist ou Hill Farmstead Brewery. À l’époque, des amateurs traversaient littéralement les frontières pour mettre la main sur une canette de Heady Topper.

« On voyait des bières super bien exécutées, sans caricature », explique Sébastien Gagnon. « Ça nous a beaucoup influencés. »

Mais plutôt que de copier le Vermont, Dunham a choisi d’interpréter cette philosophie à sa manière : fermentation mixte, élevage en barrique, saisons sèches et complexes, bières sauvages, assemblages expérimentaux.

Le pari était risqué.

En 2011, les wild Ales ne remplissaient pas encore les frigos des détaillants spécialisés. Les consommateurs découvraient à peine les IPA houblonnées. Pourtant, Dunham décide d’aller ailleurs.

Et le public suit.

L’art comme ADN

Une des grandes forces de Dunham n’a jamais été uniquement la bière. C’est l’univers complet autour de la bière.

Très tôt, le directeur artistique Simon Bossé impose une idée simple : aucune signature corporative fixe. Chaque étiquette devient une œuvre autonome. Carte blanche totale aux artistes. Aucun compromis.

Le résultat ? Des bouteilles qui ressemblent à des zines underground, des affiches de concerts ou des œuvres de galerie.

À une époque où beaucoup de microbrasseries québécoises avaient encore des designs approximatifs, Dunham comprenait déjà quelque chose d’essentiel : les gens achètent aussi avec les yeux.

« On n’a jamais refusé un dessin », dit Sébastien Gagnon. « Jamais. »

Cette liberté artistique est devenue une signature culturelle autant que commerciale. Dunham ne vendait pas seulement de la bière. La brasserie vendait une esthétique, une attitude, une philosophie.

La bière comme moteur culturel

Ce qui frappe quand on parle avec Sébastien Gagnon, c’est à quel point il voit la microbrasserie comme un projet social autant qu’économique.

Quand Dunham ouvre ses portes, plusieurs habitants du village regardent ces nouveaux brasseurs comme des extraterrestres urbains. Quinze ans plus tard, la brasserie est devenue une source de fierté locale.

« Les gens disent maintenant :  Dunham ? Ah oui, c’est là qu’il y a la brasserie. »

Ce phénomène dépasse largement Dunham.

À travers le Québec, les microbrasseries ont revitalisé des centres-villes, attiré du tourisme, créé des emplois régionaux et transformé la culture alimentaire québécoise. Elles ont aussi contribué à démocratiser des notions autrefois marginales : bière de fermentation mixte, Lager tchèque, saison belge, IPA hazy, vieillissement en fût.

Le mouvement brassicole québécois a créé son propre langage.

Après l’âge d’or

Puis est arrivée la pandémie.

Comme partout dans le monde, l’industrie brassicole québécoise a subi un choc majeur. Hausse des coûts, pénurie de main-d’œuvre, changements des habitudes de consommation, saturation du marché : plusieurs brasseries ont fermé.

Et pourtant, Sébastien Gagnon demeure étonnamment lucide.

« C’est un cycle », dit-il. « Avant, les poissons sautaient dans la chaloupe tout seuls. Aujourd’hui, il faut travailler plus fort. »

Pour lui, le marché atteint simplement une nouvelle maturité.

Les jeunes boivent moins, mais mieux. Les consommateurs recherchent davantage l’expérience, l’authenticité et la qualité. Les lieux deviennent aussi importants que les produits.

C’est exactement pourquoi Dunham a choisi d’investir dans son espace d’accueil plutôt que dans davantage de cuves en stainless.

Le beer garden, les événements, les collaborations, l’expérience sur place : voilà le futur.

Une influence qui dépasse le Québec

L’impact de Dunham se mesure aussi à l’international.

Au fil des années, la brasserie a collaboré avec des producteurs américains et européens parmi les plus respectés. Des festivals comme Foudres Unis ont attiré des amateurs de bière de partout en Amérique du Nord.

Mais surtout, Dunham a participé à quelque chose de plus grand : faire reconnaître le Québec comme une destination brassicole crédible.

Aujourd’hui, quand des brasseurs étrangers parlent du Québec, des noms comme Dieu du Ciel, Dunham ou Trou du Diable reviennent constamment dans la conversation.

Ce n’est plus un secret régional.

C’est une scène respectée mondialement.

Le futur selon Dunham

Après quinze ans, la question devient inévitable : comment rester pertinent ?

Pour Sébastien Gagnon, la réponse passe par la curiosité.

Tester des Lagers tchèques. Explorer de nouveaux procédés. Réinventer l’offre sans trahir l’identité. Continuer à évoluer.

« Si on arrête de bouger, on devient une dompe. »

Cette philosophie explique probablement pourquoi Dunham continue d’inspirer une nouvelle génération de brasseries québécoises comme Brasserie Mellön ou Brasserie Toltek : des projets techniquement solides, créatifs et décomplexés.

La différence, selon Sébastien Gagnon ? Les jeunes brasseurs arrivent aujourd’hui avec énormément plus d’outils et de connaissances.

« Le jour un, ils sont déjà meilleurs qu’on l’était. »

Et c’est probablement ça, la plus grande réussite de Dunham.

Avoir contribué à bâtir une culture brassicole suffisamment forte pour que la prochaine génération puisse aller encore plus loin.

Quinze ans plus tard

Dans une industrie où plusieurs cherchent encore leur identité, Brasserie Dunham continue d’avancer avec la même philosophie qu’au départ : faire des bières qu’ils ont envie de boire, sans suivre les diktats du marché.

C’est peut-être ça, au fond, le secret de leur longévité.

Pas seulement le talent. Pas seulement la technique. Mais cette capacité rare à préserver le plaisir, la curiosité et le chaos créatif qui ont donné naissance au mouvement brassicole québécois moderne.

Et quinze ans plus tard, ça goûte encore la liberté.

 

La série du 15e anniversaire de la Brasserie Dunham est une collaboration entre Baron Mag et Innomalt.

Innomalt est votre partenaire brassicole au Québec, offrant du malt d’ici aux brasseurs qui recherchent à la fois qualité et savoir-faire. Pensé pour soutenir l’industrie locale, Innomalt accompagne les brasseries dans leurs recettes, leur constance et leur développement.

Contactez Innomalt pour vos projets de bières et pour bâtir des produits solides, ancrés dans le terroir québécois.

 

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