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Les Affaires Brassicoles #540 | 15e anniversaire de la Brasserie Dunham : Éric Beaulac

Les Affaires Brassicoles #540 | 15e anniversaire de la Brasserie Dunham : Éric Beaulac

Bienvenue à cette série pour célébrer le 15e anniversaire de la Brasserie Dunham, en collaboration avec Innomalt.

Quinze ans plus tard, Brasserie Dunham n’est plus seulement une microbrasserie culte pour beer geeks. C’est devenu un véritable écosystème culturel enraciné dans son territoire : une destination touristique, un laboratoire brassicole, un lieu de diffusion musicale, un point de rencontre pour la communauté locale… et surtout, une des rares brasseries québécoises à avoir traversé toutes les vagues de l’industrie sans perdre son identité.

Dans le cadre du dossier spécial 15 ans de Dunham, nous avons discuté avec Éric Beaulac, gestionnaire de la brasserie depuis 2017, ainsi qu’avec des membres clés de l’équipe. Le portrait qui ressort est celui d’une entreprise qui a compris quelque chose d’essentiel : survivre dans la bière artisanale ne dépend plus seulement du fait d’être innovante. Il faut aussi savoir créer un lieu, une culture et une fidélité.

D’une passion de garage à une carrière brassicole

Comme beaucoup de gens de sa génération, Éric Beaulac est entré dans le monde de la microbrasserie par le brassage maison. Début des années 2000, l’industrie québécoise est encore petite, expérimentale, presque clandestine culturellement. Les kits de brassage maison circulent entre amis, les forums spécialisés remplacent les écoles, et les premières microbrasseries modernes commencent à redéfinir le goût de la bière au Québec.

Éric Beaulac passe rapidement du hobby au métier. Il travaille chez Les Trois Mousquetaires durant une période charnière, notamment au moment où la célèbre Porter Baltique vieillie en barrique prend forme. Il passe également par Succursale, puis par À l’Abri de la Tempête avant d’atterrir dans les Cantons-de-l’Est.

Ce parcours résume presque à lui seul l’évolution de la bière artisanale québécoise : des premières bières expérimentales aux produits plus précis, plus raffinés, plus constants.

« Avant, on voulait surtout faire des bières différentes. Aujourd’hui, on veut faire des bières impeccables. »

Cette phrase résume parfaitement le virage actuel de l’industrie.

La fin du « plus intense possible »

Pendant une décennie, la microbrasserie québécoise a fonctionné sur la surenchère : plus de houblon, plus d’alcool, plus de barriques, plus d’acidité, plus de collaborations éclatées. Une période extrêmement créative, mais parfois chaotique.

Les consommateurs achètent moins à l’aveugle. Le contexte économique pousse vers des choix plus sécuritaires. Les amateurs veulent des produits fiables, constants et faciles à revisiter. La bière artisanale revient tranquillement vers sa fonction sociale première : une bière qu’on partage plus qu’une bière qu’on collectionne.

Et c’est là que Dunham semble avoir trouvé un nouvel équilibre.

La Lager comme symbole de maturité

Chez Dunham, la révolution actuelle passe par la Lager.

Pas la Lager industrielle sans personnalité, mais la Lager artisanale ultra précise : sèche, équilibrée, construite sur la maîtrise technique plutôt que sur les artifices. On y retrouve toujours l’ADN de Dunham : fermentation sèche, amertume nette, élégance rustique. Mais avec une approche beaucoup plus épurée qu’à l’époque des grosses bouteilles expérimentales et des projets ultra wild.

Le paradoxe est fascinant : après avoir passé quinze ans à repousser les limites, plusieurs grandes microbrasseries québécoises reviennent maintenant à la simplicité.

Mais une simplicité difficile à maîtriser.

« Faire une bonne Lager constante, c’est probablement plus compliqué que de faire une grosse bière avec quinze ingrédients. »

Plus qu’une brasserie : un centre culturel rural

Ce qui distingue vraiment Dunham aujourd’hui, ce n’est pas seulement sa bière. C’est son rôle dans la communauté.

Avant l’arrivée de la brasserie, Dunham était surtout connue pour ses paysages agricoles et quelques vignobles. Aujourd’hui, la ville fait partie intégrante du circuit brassicole et culturel québécois.

La brasserie agit comme un véritable centre communautaire moderne. Spectacles, DJ sets, soirées pinball, événements extérieurs, collaborations avec des librairies, disquaires et restaurants locaux : tout l’espace fonctionne comme une plateforme culturelle.

Même pendant la pandémie, l’équipe improvisait des concerts à travers les fenêtres du deuxième étage pour permettre au public d’assister aux spectacles depuis la terrasse.

Cette dimension culturelle n’est pas un extra. Elle fait partie du modèle d’affaires.

« La bière artisanale est un projet culturel avant tout. »

Une phrase qui explique peut-être pourquoi certaines brasseries réussissent encore à créer un sentiment d’appartenance alors que d’autres deviennent simplement des fabricants de canettes.

Penser local avant de penser expansion

L’une des grandes leçons des quinze dernières années pour Dunham concerne la notion de croissance.

Pendant longtemps, le rêve de plusieurs microbrasseries québécoises passait par l’expansion : exporter partout, être présent dans toutes les régions, multiplier les festivals internationaux.

Dunham l’a fait. La brasserie a voyagé énormément, exporté aux États-Unis, en Europe et en Asie. Mais avec le temps, le constat est devenu plus pragmatique.

Le véritable moteur économique reste souvent le local.

Le pub, le beer garden, les visiteurs touristiques, les habitués de la région et les événements communautaires représentent aujourd’hui une force beaucoup plus stable que les marchés éloignés difficiles à desservir.

C’est aussi une réflexion de plus en plus présente dans l’industrie québécoise : plusieurs microbrasseries redécouvrent que leur véritable avantage compétitif n’est pas nécessairement d’être partout, mais d’être essentielles quelque part.

Les 15 ans : entre nostalgie et nouveaux projets

Le 15e anniversaire de Dunham ne sera pas seulement un exercice nostalgique.

Oui, il y aura des retours de classiques, des collaborations spéciales et des releases inspirées des grandes années de la brasserie. Des collaborations avec Messorem, Mellön ou encore des partenaires locaux sont déjà en préparation.

Mais l’objectif semble surtout être de montrer que Dunham continue d’avancer.

La brasserie développe actuellement son offre sans alcool, retravaille certains produits historiques et continue d’investir dans son identité événementielle avec des spectacles, tournois de pinball et soirées spéciales tout au long de l’année.

Le mythique festival Foudres Unis — devenu une référence pour plusieurs amateurs de bière au Québec — reviendra éventuellement, mais la priorité actuelle semble claire : consolider ce qui fait de Dunham un lieu vivant avant tout.

Une brasserie qui accepte de vieillir

Ce qui ressort le plus des discussions avec l’équipe de Dunham, c’est peut-être leur capacité à accepter l’évolution naturelle du milieu.

L’époque « punk » de la microbrasserie québécoise ne reviendra probablement pas sous la même forme. Le marché est plus mature, les marges plus serrées, les consommateurs plus prudents.

Mais au lieu de courir après chaque nouvelle tendance, Dunham semble avoir choisi autre chose : approfondir ce qu’elle fait déjà bien.

Moins de bruit. Plus de précision.
Moins de hype. Plus de constance.
Moins de performance marketing. Plus de communauté.

Et dans une industrie où plusieurs cherchent encore leur identité après la tempête des dernières années, cette stabilité devient peut-être la plus grande innovation de toutes.

 

La série du 15e anniversaire de la Brasserie Dunham est une collaboration entre Baron Mag et Innomalt.

Innomalt est votre partenaire brassicole au Québec, offrant du malt d’ici aux brasseurs qui recherchent à la fois qualité et savoir-faire. Pensé pour soutenir l’industrie locale, Innomalt accompagne les brasseries dans leurs recettes, leur constance et leur développement.

Contactez Innomalt pour vos projets de bières et pour bâtir des produits solides, ancrés dans le terroir québécois.

 

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  • Visite exclusive de la malterie Innomalt pour les microbrasseurs chaque mois.
  • Découvrez les coulisses de leurs collaborations et clients grâce à une série d’entretiens enrichissants avec leurs partenaires, en collaboration avec Baron Mag – Les Affaires Brassicoles.

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