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L’Arpent : repenser l’aménagement du territoire de manière collective

L’Arpent : repenser l’aménagement du territoire de manière collective

Basée à Montréal, l’Arpent est une firme d’urbanisme qui offre des services-conseils en urbanisme et en aménagement du territoire. Dès sa création, il y a cinq ans, les fondateurs ont décidé de se diriger vers une entreprise d’économie sociale et, plus précisément, devenir un organisme à but non lucratif (OBNL) afin de mieux répondre aux besoins de la communauté.

Rencontre avec Samuel Descôteaux Fréchette, cofondateur de la structure, coordonnateur général et chargé de projets au sein de la firme.

Un modèle plus juste pour tout le monde

Selon PME MTL, un OBNL est une entreprise qui a comme but principal de répondre aux besoins de la communauté. Une définition qui cadre parfaitement avec la mission et le mode de fonctionnement de l’entreprise.

«L’aménagement du territoire, c’est quelque chose de très large et qui touche tout le monde, donc on voulait que notre pratique soit inscrite dans la pérennité pour suivre une mission, c’est-à-dire consolider les territoires. On ne se sentait pas à l’aise de créer une entreprise basée sur un modèle de multiplicité des mandats dont certains pourraient avoir des impacts négatifs sur le territoire, explique Samuel Descôteaux Fréchette. Dans notre entreprise, il n’y a pas de propriétaires, et les décisions sont prises de manière horizontale. De plus, en tant qu’OBNL, les profits réalisés doivent aller ailleurs que dans les poches d’un individu. Alors, c’est réinvesti, par exemple, dans des mandats intéressants, mais pas forcément payants. Ça nous permet également de bénéficier d’un milieu de travail de qualité et d’offrir des salaires décents aux collaborateurs.»

L’Arpent : repenser l’aménagement du territoire de manière collective.
Démarche de coconception du parc des Gorilles (2020-2021). «Le futur parc des Gorilles symbolise l’aboutissement d’une longue lutte citoyenne pour la préservation et la valorisation d’une friche ferroviaire au cœur de Marconi-Alexandra.» Crédit: Arpent

Choisir l’utile au lucratif

Grâce ce modèle de fonctionnement, l’Arpent sélectionne des mandats qui s’inscrivent dans la durée et bénéficient à la communauté, notamment aux personnes considérées comme défavorisées.

«On se demande toujours si tout le monde pourra utiliser un aménagement qu’on propose ou si ça va désavantager des personnes qui sont déjà défavorisées. Aujourd’hui, dans le réaménagement d’une rue, tout est indiqué pour qu’on fasse de grands trottoirs, des banquettes végétalisées qui vont avoir une belle canopée afin d’éviter les îlots de chaleur. Un aménagement bien réfléchi va venir favoriser les piétons et les populations fragiles plutôt que les automobilistes qui bénéficient déjà de beaucoup d’espace, indique le coordonnateur général. Également avec le logement abordable, on l’a vu pendant la pandémie, il y a tellement de gens qui ont vécu des situations terribles pour trouver un logement. Dans nos projets, c’est sûr qu’on met l’accent sur la construction de logements abordables comme les coopératives, les logements communautaires et les logements sociaux. Lorsqu’une municipalité nous dit qu’elle ne veut pas de logements abordables, car ce n’est pas le type de population qu’elle souhaite avoir, c’est sûr qu’on tente de les sensibiliser aux enjeux résidentiels.»

L’Arpent : repenser l’aménagement du territoire de manière collective.
Logement perpétuellement abordable, outils d’urbanisme et de maîtrise foncière (2020-2021). La Rose des vents, futur projet de logements étudiants non marchands développé par l’UTILE, situé dans l’écoquartier Angus. Crédit: UTILE

Une vision qui séduit de plus en plus

Depuis quelques temps, que ce soit du fait de la pandémie ou d’une prise de conscience collective, les projets d’aménagement inscrits dans une démarche de solidarité et de développement durable se multiplient au Québec.

«Bien entendu, la reprise économique a conduit certains promoteurs à faire des projets qui ne sont pas tout à fait aboutis ou pas sensibles à certaines réalités et au détriment de la population locale, affirme Samuel Descôteaux Fréchette. Mais d’un autre côté, il en est ressorti une tendance qui vise à mieux identifier les inégalités pour, par exemple, les personnes à mobilité réduite ou les personnes âgées. Ça a permis d’accélérer les changements de politiques et de règlements.»

L’Arpent : repenser l’aménagement du territoire de manière collective.
Démarche participative pour la création d’un réseau d’habitations communautaires pour aîné(e)s du Québec (2021-2022). Future Sølund, Copenhague. Projet d’habitation pour aîné(e)s centré sur le soin, le bien-être et les échanges intergénérationnels. Crédit: CF Møller Architects

Ainsi, cette forte demande favorise l’émergence de compagnies comme l’Arpent.

«On aime voir que des coopératives ou des OBNL en urbanisme naissent un peu partout. On s’entraide et on collabore sur des mandats. D’ailleurs, presque 100% de nos collaborations sont issues d’entreprises d’économie sociale avec des firmes comme Le Picbois, Les Mille Lieux, UTILE ou encore Passerelles, cite le chef de projets. On a également créé un regroupement qui s’appelle l’ESSA (économie sociale et solidaire en aménagement). C’est en construction et ça regroupe une cinquantaine d’entreprises en architecture, aménagement et immobilier, avec comme objectif d’échanger des connaissances et des outils, d’apprendre à se connaitre pour pouvoir collaborer.»

Arpent

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Pour d’autres articles, visitez notre dossier Lieux et espaces : ces entreprises qui réfléchissent le territoire.

Image en couverture – L’équipe de l’Arpent de gauche à droite : Samuel Descôteaux Fréchette, Philippe Tremblay, Charlotte Montfils-Ratelle, Florence Clermont, Mathieu Lemay et Florilène Cornier. Crédit : Arpent

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