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MIFO : réinventer son travail de diffuseur avec des spectacles-concepts

MIFO : réinventer son travail de diffuseur avec des spectacles-concepts

Quelle programmation offrir alors que les spectacles vivants doivent être annulés? Comment soutenir les artistes? Comment garder contact avec sa communauté? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles la directrice artistique du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO), Anne Gutknecht, a été confrontée en 2020 à cause des effets de la pandémie.

Elle décrit son travail comme étant de faire venir des artistes pour lesquels on a eu un coup de cœur afin de les faire découvrir à un public que l’on veut desservir. Avec la pandémie, son travail de directrice artistique, qu’elle mène depuis 2018 pour le Mouvement d’implication francophone d’Orléans, a complètement changé avec l’interruption des spectacles vivants.

«Les spectacles virtuels, ce n’est pas quelque chose qui nous a attirées personnellement avec mon adjointe, Catherine Sirois. En plus, en ayant gratté un peu plus loin, on a vu que ce n’était pas non plus ce qui enchantait le plus la population et les artistes n’en retiraient pas non plus un gros plaisir par rapport à ce qu’ils peuvent ressentir sur scène», témoigne Anne Gutknecht.

Elle a alors décidé de repenser sa façon de faire et de créer des concepts pour engager les spectateurs. Parmi les activités ainsi proposées depuis décembre, il y a Le party de cuisine.

«On est partie du principe que les gens, pour se sentir connectés sans être dans la même pièce avec la même ambiance, devaient davantage avoir une participation active qu’être «simple spectateur derrière son écran», souligne la directrice artistique. Assis chez soi, il y a déjà une barrière qui est créée. On a sorti le concept d’un chef de cuisine qui organise un atelier via Zoom autour d’une recette choisie et il y a des artistes qui sont invités. Ça ressemble un peu à une émission de télévision. L’idée est de réaliser une recette et à chaque fois qu’il y a des pauses, par exemple, parce qu’il y a une cuisson ou une action à refaire sans qu’on ait besoin de l’expliquer, on passe à la musique avec des artistes sur scène qui jouent en live.»

Dans le même ordre d’idée, L’heure du conte avec des ateliers de bricolage qui sont envoyés au préalable et qui correspondent au thème du conte a vu le jour auprès des enfants.

«On n’a pas lancé de nouvelles choses avant novembre-décembre, mais on a pris le temps d’être fier de ce qu’on allait présenter, d’être en accord avec ce qu’on voulait présenter pour justement pouvoir le garder. Après, est-ce que ça va être sous une forme virtuelle dans le futur? Peut-être pas. Ce qui nous anime, c’est de vivre quelque chose ensemble. L’atmosphère d’un spectacle vivant ne peut pas être remplacée par du virtuel», insiste Mme Gutknecht.

Quelques spectacles en personne réussissent encore à être organisés en les limitant à 50 places, bien qu’il existe toujours le risque de les voir annulés à la dernière minute. Des résidences artistiques ont également été proposées à des artistes initialement prévus dans la programmation du MIFO. Elles représentent un «cachet supplémentaire» et donnent l’opportunité aux artistes de créer un spectacle qui serait présenté lors d’une saison prochaine.

Le MIFO poursuit également ses activités: des garderies, un centre de vie active pour les personnes de plus de 50 ans, une galerie, une école de musique ainsi qu’un volet cinéma. Il le fait toutefois de façon réduite et changée.

Un réseautage entre tous les acteurs de l’écosystème culturel

Le MIFO est membre de Réseau Ontario, un réseau indispensable selon la directrice artistique. «Il y a plein de services différents qui sont offerts, soutient celle dont le mandat de présidente du conseil d’administration s’est terminé en septembre après 4 ans. On a eu des services juridiques ainsi que des services pour les tournées, on essaye de se mettre tous ensemble en Ontario pour permettre aux artistes de faire des tournées à moindres coûts. Réseau Ontario, c’est aussi le réseau de diffuseurs qui nous représentent au national et c’est un moyen de se rencontrer entre pairs. On a besoin du réseau pour exister en tant que diffuseurs, surtout dans un milieu un peu plus minoritaire.»

Quant à Contact ontarois, l’événement annuel représente une occasion de réseautage qui réunit des acteurs du milieu des quatre coins de la province et même du Canada. Le MIFO y participera comme diffuseur.

«Les vitrines nous permettent à chaque fois de voir, normalement en live, un artiste ou un spectacle dont on a peut-être entendu parler et qu’on n’a pas encore eu la possibilité de découvrir. C’est de la découverte et de l’apprentissage. Ça fait surtout du bien, on est un peu moins seuls dans le coin d’Ottawa parce qu’on est un peu plus nombreux en termes de diffuseurs, mais je me rappelle qu’à Kingston, ça me faisait du bien d’entendre des expériences que d’autres collègues partageaient dans d’autres régions. C’est inusité au niveau des idées, il y a des projets qui se créent, c’est une semaine intensive où on rencontre tous les acteurs de l’écosystème culturel», considère l’ancienne directrice générale du Centre culturel Frontenac de Kingston.

Anne Gutknecht profitera du moment pour essayer de trouver des façons de faire fonctionner le marché du spectacle malgré le fait qu’elle se retrouve avec une saison et demie tassée sur l’autre. Elle tentera aussi de trouver de la place pour de nouveaux projets, sans pour autant en annuler ou être surchargée.

🎤MIFO

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