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Les galeries d’art et la COVID-19: Du réel au virtuel

Les galeries d’art et la COVID-19: Du réel au virtuel

À cause des mesures de distanciation physique, l’accès à l’art a dû être réinventé par les musées et les galeries privées. Celles qui n’étaient pas encore passées au virtuel doivent aujourd’hui revoir leur pratique, mais certaines avaient un coup d’avance, comme le Centre Phi et la Galerie C.O.A. Une nouvelle manière de diffuser l’art qui est amenée à perdurer.

Bâtir son bassin de collectionneurs sur les réseaux

«Nous avons le désir de montrer des choses qu’on ne voit pas nécessairement dans d’autres galeries», raconte le fondateur et propriétaire de la galerie montréalaise C.O.A Jean-Pascal Fournier qui travaille également sur l’inclusion en offrant une vitrine à des artistes d’art brut atteints de déficience intellectuelle. 

La pandémie a été difficile pour de nombreux professionnels, mais la Galerie C.O.A. a bien tiré son épingle du jeu grâce à un processus de virtualisation initié depuis des années. «Depuis l’ouverture il y a six ans, nous nous sommes toujours concentrés sur les nouveaux médias et l’ouverture au marché international. Nous nous sommes attachés à diffuser les oeuvres d’artistes locaux et internationaux selon un déploiement élargi, en utilisant les réseaux sociaux et les plateformes de vente», explique M. Fournier.

Le résultat? 80% des ventes de la galerie se font à l’extérieur du pays, par courriels et par le web. «Nous avons été très occupés malgré la fermeture, car nous avons eu beaucoup de demandes, déclare le propriétaire. Je crois que les gens ont été cloisonnés chez eux et se sont peut-être aperçus qu’il manquait du sens dans leur environnement, analyse le galeriste qui est lui-même collectionneur. 95% des oeuvres que j’achète, je ne les ai jamais vues en vrai!»

Crédit photo: Daniel Roussel

La crise sanitaire a paradoxalement permis à la Galerie C.O.A. d’intégrer la Foire Papier, qui a virtualisé son édition 2020. «Nous étions sur la liste d’attente, car les organisateurs manquaient de place physique. Mais ils ont pu accepter de nouvelles galeries pour montrer leur soutien au marché de l’art. Nous sommes ravis d’avoir pu saisir cette opportunité de montrer ce que nous sommes capables de faire!», se réjouit le galeriste.

«Ça va changer la façon de faire de plusieurs galeries fonctionnant sur un modèle archaïque, qui vont davantage utiliser les réseaux sociaux.»

Avec la fermeture de ses portes, la Galerie C.O.A. a organisé sa première exposition virtuelle d’artistes sans n’avoir jamais eu les oeuvres en main, avec l’artiste Kottie Paloma. Le calendrier des prochains mois a dû par contre être remanié. «Nous avons annulé tous nos projets jusqu’à décembre, car nous devions exposer des artistes étrangers», explique Jean-Pascal Fournier. Depuis le 11 juin, il présente sept artistes dans le cadre d’une exposition partagée très tôt sur les réseaux, car la galerie n’ouvre que le mercredi et le jeudi ou sur rendez-vous, le personnel ayant été réduit.

«Nous prévoyons que le coût va arriver dans quelques mois, anticipe Mr Fournier qui dit « s’économiser”. Je travaille en étant au chômage et ma directrice est au chômage aussi. Des entreprises vont fermer et nous allons rentrer dans une crise économique. Or notre bassin d’acheteurs, c’est l’épargnant moyen», explique le galeriste.

Valérie Gobeil, en exposition à la Galerie C.O.A.. Crédit photo: Daniel Roussel
Exposition à la Galerie C.O.A.. Crédit photo: Daniel Roussel

La crise aura néanmoins eu un mérite: pousser le secteur à basculer vers des pratiques d’avenir. «Ça va changer la façon de faire de plusieurs galeries fonctionnant sur un modèle archaïque, qui vont davantage utiliser les réseaux sociaux, estime Jean-Pascal Fournier. Beaucoup de clients voient la business comme une boutique de retail, mais cela ne représente que 2 ou 3% de ma clientèle. La réalité d’une galerie à Montréal c’est que si nous avons cinq personnes dans la journée, c’est déjà beaucoup!».

À la Galerie C.O.A., les oeuvres partent principalement vers la côte ouest américaine, New York, la France, le Royaume-Uni, la Norvège, mais aussi en Asie. En quelques clics, et malgré la distanciation physique.

 

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Réouverture // Reopening La galerie se déconfine progressivement ! Nous sommes désormais prêts à vous recevoir le mercredi et jeudi, de 9 h à 17 h, et le reste de la semaine sur rendez-vous. Les précautions nécessaires seront offertes pour une visite en toute sécurité. L’exposition collective « Échafaudage » est sur nos murs jusqu’au 11 juillet, passez nous voir 👋 • The gallery is gradually reopening! We’re now ready to welcome you on Wednesdays and Thursdays, from 9 a.m. to 5 p.m., and the rest of the week by appointment. The necessary precautions will be provided for a safe visit. The group exhibition “Échafaudage” is on our walls until July 11th, so come and visit us!

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Proposer des solutions innovantes

Avec son programme PHI VR TO GO, le Centre Phi livre à domicile depuis plus d’un mois un casque VR donnant accès à une collection de films primés dans les plus grands festivals internationaux. 

«L’idée est arrivée assez tôt pendant le confinement, raconte Phoebe Greenberg, directrice et fondatrice de PHI. Auparavant, nous avions déjà proposé des installations de cinéma VR. La difficulté était de trouver les moyens techniques pour que ce soit le plus simple possible, mais nous avons créé une application très facile à utiliser. Nous avons voulu transporter cette expérience d’environnement immersif en dehors de nos murs. Soudain en mettant le casque, les murs disparaissaient et on était ailleurs! Nous avons ainsi pu offrir aux utilisateurs un moment pour échapper aux circonstances du confinement, de manière poétique et efficace.»

Le Centre Phi a adopté des mesures sanitaires pour assurer la distribution écologique à domicile de ses casques en toute sécurité, et l’expérience a été couronnée de succès. 75 casques sont en circulation à Montréal. «Le résultat est si positif que c’est un concept que nous allons continuer après le confinement», déclare la directrice qui se réjouit que cette initiative soit au bénéfice du public, mais aussi des créateurs qui peuvent ainsi continuer à partager leurs histoires.

«Nous avons ainsi pu offrir aux utilisateurs un moment pour échapper aux circonstances du confinement, de manière poétique et efficace.»

Image tirée de l’expérience VR TO GO. Courtoisie Centre Phi.
Image tirée de l’expérience VR TO GO. Courtoisie Centre Phi.

Le Centre Phi a par ailleurs continué à favoriser un dialogue entre les acteurs du secteur culturel et artistique grâce son programme «Phi Virtuel». Cette plateforme a permis aux artistes de participer à une table ronde en temps réel depuis Londres, Copenhague et Montréal au sein d’un univers virtuel onirique et décalé. Chaque participant, muni d’un casque VR, se voyait reproduit sous forme d’avatar sur un plateau fictif. Une initiative qui sera également poursuivie par la suite.

Aujourd’hui, le Centre Phi s’apprête à rouvrir ses portes le 24 juin prochain avec l’exposition «Émergences et convergences» qui permettra de découvrir des oeuvres numériques et des installations innovantes. La Fondation PHI pour l’art contemporain proposera quant à elle, dès le 8 juillet, l’exposition collective «RELATIONS: la diaspora et la peinture».

«Il n’y a pas de technologie demandant aux visiteurs de toucher les appareils, prévoit Phoebe Greenberg. Plusieurs artistes locaux seront représentés et nous proposerons des oeuvres immersives sans casque. Il y aura par exemple une salle immersive qui offrira une expérience autour de la méditation, où les gens pourront interroger la notion de paix. Nous essayerons d’amener des éléments organiques à l’intérieur de l’édifice pour guider le parcours et nous tenterons de briser les codes (comme par exemple les flèches de circulation) pour préserver la sécurité des visiteurs tout en leur offrant un endroit agréable malgré la COVID-19.»

Phoebe Greenberg. Crédit: Sean Mollitt – FOTAU.com

Quant à leur résidence d’artistes, elle a également été virtualisée avec la mise en place du programme «Lignes parallèles». Les dix lauréats – des artistes locaux du Grand Montréal – ont été appelés à développer un projet de création sur 60 jours chez eux, explique la directrice. Le résultat est à explorer prochainement sur la plateforme de l’initiative “Empreintes Vivantes” de Phi.

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