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Guillaum Gibault alias Urubu, sculpteur de cuillères

Guillaum Gibault alias Urubu, sculpteur de cuillères

Sculpteur – mais un brin poète également – nous avons posé quelques questions à Guillaum Gibault qui façonne des cuillères en bois uniques et destinées à durer. Voici l’histoire de bureau de cet artisan passionné. 

Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

Guillaum Gibault, ébéniste designer diplômé de l’École d’Ébénisterie d’Art de Montréal en 2018. Je m’applique entre autres à une passion particulière, la fabrication artisanale de cuillères en bois sculptées à la hache et au couteau.

J’ai une attirance envers le bois depuis mon tout jeune âge. Je suis natif de Sainte-Marcelline-de-Kildare, petit village d’artisans chevauchant le Bouclier canadien et les Basses-terres du Saint-Laurent où mon père était sculpteur sur bois. J’ai grandi avec une grande forêt derrière chez moi.

 

Votre emploi et titre actuel?

Sculpteur de cuillère, connu sous le nom d’Urubu. Je suis aussi ébéniste designer chez Créations Pierre-Nicolas Côté.

Dans quelle ville travaillez-vous?

La majorité de mes créations sont faites chez moi, à Saint-Liguori dans Lanaudière. Toutefois, l’art que je pratique est un art nomade qui me permet de sculpter partout. Je ne dépends que de ma hache et mes deux couteaux.

Crédit Urubu.

«Chaque moment où je vais récolter mon bois est particulier. Cela accorde à chaque cuillère une histoire et des anecdotes uniques qui leur donnent vie d’une certaine manière.»

Un mot pour définir le type de travailleur que vous êtes…

Silencieux.

Qu’est-ce qui rend Urubu unique? 

Ma façon de faire est complètement à l’opposé des méthodes modernes. Maniant une méthode suédoise, mes réalisations ne sont sculptées qu’à la hache et au couteau, sans sablage, dans le plus grand respect de la nature. On ne peut être plus minimaliste.

Je récolte moi-même la matière en forêt, depuis un billot, une branche fraîchement cassée par de grands vents ou encore un arbre coupé par autrui. Le processus entier est entre mes mains.

Mes réalisations sont plus que des cuillères: elles sont des sculptures utilitaires façonnées de mes mains à partir d’outils ancestraux. De plus, chaque moment où je vais récolter mon bois est particulier. Cela accorde à chaque cuillère une histoire et des anecdotes uniques qui leur donnent vie d’une certaine manière.

Urubu, c’est un retour aux sources. Une quête écologique dans un monde plastique. Un hommage à la nature. Un hommage à une époque où l’on vivait davantage dans la simplicité.

Quelle est la taille de votre entreprise?

Très petite. Je suis seul et je ne compte pas grossir. Pour moi, tout mon processus de fabrication est aussi important et plaisant que le résultat final. Je ne veux pas tomber dans le piège de la production intensive, commencer à prendre des raccourcis et par le fait même, perdre le but principal d’Urubu: produire à mon rythme dans le bonheur absolu et maîtriser mon art toujours et seulement avec mes trois outils ancestraux.

Guillaum Gibault.

Quels outils sont essentiels à votre vie? 

Je vis un certain “polyamour” en ce qui est à trait à la vie d’antan et à la technologie d’aujourd’hui. J’adore les deux! J’utilise donc beaucoup de logiciels pour travailler l’image d’Urubu et la diffuser. Mes indispensables sont: Adobe Lightroom: pour le traitement de mes photos (je suis aussi photographe); Écosystème Google: pour concentrer tout ce qui englobe Urubu au même endroit (Gmail, Google Drive, Google Agenda, Google Photos, etc.); mon site web qui me permet de véhiculer de l’information, expliquer ce qu’est Urubu; Facebook et Instagram pour la diffusion de mon contenu et d’événements; Etsy qui est le service que j’ai choisi pour ma boutique en ligne; Square: comme l’argent comptant est de plus en plus rare, ce système de paiement m’est indispensable pour traiter les achats par cartes ou par paiement sans contact et enfin, Gravit Designer: une excellente webapp gratuite, alternative à Adobe Illustrator, avec laquelle je travaille mes graphismes.

À quoi ressemble votre espace de bureau? 

Mon espace de travail est très minimaliste: mon bloc à hacher (un tronc à trois pattes), ma hache, mes deux couteaux et une chaise. L’hiver, je m’installe dans mon hangar. L’été, je sculpte généralement à l’extérieur.

Mon espace de bureau, lui, est plus standard. Situé dans une petite pièce de ma maison, c’est ici que je travaille à l’ordinateur, que je fais la finition (huile) sur mes cuillères, que je prépare les commandes, etc. Je fais mon possible pour que ça reste à l’ordre, mais étant donné que j’y sculpte un peu aussi, il y a souvent des copeaux de bois partout!

Avez­-vous une façon particulière d’organiser vos journées afin d’optimiser votre travail? 

Règle numéro 1: je ne commence rien sans mon café! C’est en fait ma seule règle, car j’aime y aller comme je le sens. Je ne cherche pas à être le plus optimal possible.

«Chacune de mes cuillères est unique, je n’ai donc pas la pression du réapprovisionnement […] Urubu, c’est ma méditation.»

Quelles astuces conseilleriez­-vous pour améliorer la productivité? 

Persévérer. Sculpter le bois lorsqu’on débute, c’est long, ce n’est pas facile et ça fait mal aux mains. Au fil du temps, nos mains se renforcent, on apprend à travailler avec tout notre corps, on apprend à lire la fibre du bois. Tout devient plus facile et rapide.

Vous êtes meilleur que vos collègues de travail pour…

Travailler avec une hache et des couteaux. Disons que c’est plutôt rare de voir ces outils en ébénisterie, voir même en sculpture, de nos jours!

 

Comment contrôlez-vous la croissance d’Urubu? 

C’est plutôt simple. Chacune de mes cuillères est unique, je n’ai donc pas la pression du réapprovisionnement. J’accepte quelques commandes spéciales, mais généralement je sculpte ce que je veux quand je veux et je mets mon stock sur ma boutique en ligne et sur la table lors d’expositions. J’ai vendu en boutique pendant deux mois, mais je n’ai pas aimé l’expérience, justement dû au stress d’approvisionnement. Urubu, c’est ma méditation.

 

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Cuillère plate, presque une spatule, mais tout de même une cuillère. Faite de bouleau blanc, puis légèrement torréfiée. Accompagnée de quelques fèves blanches séchées pour agrémenter la photo. J’adore les fèves séchées! Il y a toute sorte de couleurs et de grosseurs, un bel ajout décoratif naturel 🌱 ••• Flat spoon, almost a spatula, but still a spoon. Made from white birch, then lightly roasted. Accompanied by some dried white beans to enhance the photo. I love dried beans! There are all kinds of colors and sizes, a beautiful natural decorative addition 🌱 . . . . #lanaudiere #bois #spoon #wood #faitauquebec #sloyd #spooncarving #design #ebenisterie #boissculpté #metiersdart #handmade #greenwood #mmaq #quebecauthentique #artisan #wabisabi #travaildubois #greenwoodworking #handcarved #quebecoriginal #woodenkitchenware #withaxeandknife #wooddesign #woodenspoon #greenwoodcarving #faitmain #woodworking #beans #sustainableliving

Une publication partagée par Urubu × cuillères sculptées (@urubu.artisan) le

À propos du design, qu’est-ce que votre marque désire refléter?

Avec mes cuillères sculptées, je cherche à démontrer que la beauté naturelle se trouve dans l’imperfection. Je pourrais sculpter des cuillères parfaitement droites et symétriques, mais je me plais à les façonner irrégulièrement. J’aime qu’elles reflètent d’où elles viennent vraiment, d’un arbre. Cette façon dont je mets en valeur mes designs imparfaits s’inspire directement d’un concept esthétique japonais nommé Wabi-sabi.

Au tout début, j’utilisais de la machinerie moderne pour faire mes ustensiles. Ils avaient déjà un look original, mais je ressentais un certain manque. C’est lorsque j’ai pris connaissance d’une méthode de sculpture suédoise que j’ai décidé de repenser complètement Urubu. Je me suis alors rapproché de la nature et elle est maintenant ma muse sur tous les aspects.

Qu’est-ce qui vous inspire et vous motive à aller au travail chaque jour? 

Le fait de pouvoir créer des objets utiles avec peu de ressources matérielles et peu de contraintes.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné? 

De garder mes lames tranchantes comme un rasoir. Un détail primordial, particulièrement lorsqu’on ne sable pas. Ça fait toute la différence au niveau de l’efficacité et du résultat final.

Quelle est votre stratégie en ligne?

Étant photographe, j’aime partager de belles images de chacune de mes réalisations sur les médias sociaux.
Principalement à partir de mon site web, j’aime aussi partager de l’information sur la façon dont je fabrique mes objets et de mettre en valeur d’où ils proviennent. Je veux que les gens puissent voir qu’au-delà du résultat final, il y a une aventure.

«C’est un objet tellement pratique qui a parcouru toutes les époques de l’humanité: il n’y a rien de banal là-dedans!»

Quel est votre meilleur truc pour sauver du temps? 

Sur le terrain, ma hache est l’outil le plus efficace pour dégrossir rapidement une cuillère. Je fais donc en sorte de retirer le plus de bois possible avec elle avant de passer au couteau.

En ligne, je pense à mes futures publications d’avance. Souvent, j’écris quelques phrases-clés sur mon bloc-notes virtuel lorsque des idées me viennent en tête. Ça me permet d’avoir déjà une structure lorsque vient le moment de publier.

Crédit Uburu.

Quels ont été vos plus grands défis en tant qu’entrepreneur?

Abandonner les machines et l’aspect productivité qui me permettraient d’être beaucoup plus rentable dans le système capitaliste pour favoriser le bonheur de créer. J’ai décidé de prioriser le plaisir et je ne le regrette pas du tout.

Mettre de l’avant un produit aussi “banal” qu’une cuillère fut aussi un bon défi. Heureusement, le fait que mes cuillères soient sculptées fait en sorte qu’elles sortent de l’ordinaire et cela intrigue grandement les gens. Au final, c’est un objet tellement pratique qui a parcouru toutes les époques de l’humanité: il n’y a rien de banal là-dedans!

Quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu’un qui souhaite se lancer en affaires?

D’écouter son coeur et de faire ce qu’il aime vraiment, même si cela ne permet pas d’en vivre. C’est correct d’avoir un autre travail principal, car le bonheur qu’apporte le fait d’avoir sa business, aussi petite soit-elle, est indéniable.

🌳 Uburu

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