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Sensibilité musicale et fondant au chocolat- L’irrévérencieuse entrevue bouffe avec Julien Manaud

Sensibilité musicale et fondant au chocolat- L’irrévérencieuse entrevue bouffe avec Julien Manaud

Musicien, manager, producteur et éditeur de musique, Julien Manaud a lancé la carrière de nombreux artistes au Québec comme à l’étranger grâce à son label Lisbon Lux Records. Marqué par leurs créations musicales, l’artiste multidisciplinaire propose avec son nouvel EP Adaptation vol. 1 qui sort ce vendredi 24 janvier une réinterprétation de leurs pièces à l’aide du pianiste Alexis Dumais. Il propose ainsi de nouveaux arrangements qui se veulent à la fois intimes et intemporels. On discute passions culinaires et musicales avec lui.

Qui es-tu, quel est ton parcours?

Je m’appelle Julien Manaud, je suis Français d’origine, immigré au Québec il y a 14 ans. J’ai joué dans plusieurs groupes en France puis, arrivé au Québec, j’ai intégré le groupe Chinatown durant quatre ans. J’ai ensuite composé de la musique de publicités et de jeux vidéo pendant quelques années, avant de monter le label Lisbon Lux Records, que je dirige aujourd’hui depuis 2013.

Comment décrirais-tu ton univers musical?

Le projet Adaptation Vol.1 est très spécifique, c’est un EP de reprises des artistes avec qui je travaille (Paupière, Le Couleur, etc.) dans un format piano grâce à Alexis Dumais, et moi qui chante. Ce projet à plusieurs racines, d’abord j’ai eu une petite fille qui m’a redonné le goût de chanter, puis j’avais depuis quelques années l’envie de présenter des œuvres du répertoire Lisbon Lux sous un nouveau jour afin de montrer que sous les arrangements synth-pop et électronique de ces artistes se cachaient de vraies chansons, des compositions musicales fortes avec des paroles sensibles.

Ce projet est également un vrai défi personnel, car mon univers musical habituel est plutôt instrumental, électronique, et très arrangé avec des tonnes de layers. Je voulais savoir si j’étais capable de chanter de la manière la plus naturelle, avec un pianiste, sans métronome, à l’ancienne. J’avais aussi l’envie de ne pas trop me mettre en avant, mais plutôt de souligner les textes, c’est pourquoi l’interprétation est très sobre et sans «états d’âme» vocaux. C’est la première fois que je sors quelque chose sous mon vrai nom, une étape dans la vie, j’imagine.

Quelle est ta relation avec la nourriture?

On est proche, j’aime autant la bonne bouffe simple que les grands plats complexes. Le secret est dans la qualité de l’ingrédient (à l’italienne). Je ne pense pas être snob de la bouffe par contre, je ne cours pas après les «restos à la mode».

«J’avais l’envie de présenter des œuvres du répertoire Lisbon Lux sous un nouveau jour afin de montrer que sous les arrangements synth-pop et électronique de ces artistes se cachaient des compositions musicales fortes avec des paroles sensibles.»

Si Julien Manaud était un plat quel serait-il?

Probablement à base de pâtes… J’en ai tellement mangé. Peu d’ingrédients, mais fancy, avec de l’huile de truffe sûrement.

Si Adaption Vol. 1 était une recette, quels en seraient les ingrédients?

Un filet de poisson blanc, du sel du poivre, une noix de beurre et un filet de citron.

Es-tu aussi doué derrière les fourneaux que sur scène?

Je pense être plus doué en composition que sur scène honnêtement. Mais, j’ai remarqué que mes réussites ou mes échecs étaient intrinsèquement liés à mon état d’esprit du moment. Si je suis dans un mauvais mood, manque de confiance en moi ou que je me sens surveillé, je peux littéralement saccager une recette (ou de la musique). En revanche, je pense avoir connu des petits états de grâce, quand tout va bien, que ça semble naturel et facile, alors là j’ai pu faire de grands plats (je me souviens d’une dinde de Noël notamment: trois jours de travail!). C’est la même chose en composition de musique.

 

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Aujourd’hui Julien Manaud nous parle de son EP « Adaptation Vol.1 » dans l’émission Le 15-18 sur @icimusique avec l’excellente Catherine Richer! 🎧👂🏼

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Qu’est-ce que tu écoutes comme musique lorsque tu cuisines?

Nina Simone, Air, les playlists Spotify de ma blonde. J’aime aussi parfois mettre du vieux reggae/rock steady comme Ernest Ranglin, Lord Creator, les Skatalites. Je dois dire aussi que j’aime bien le silence en cuisinant.

Quelle est la première recette que tu as appris à faire?

J’avais des cours de «technologie» quand j’étais au collège en France et, bizarrement dans ce cours, on a appris à faire des gâteaux durant un trimestre. Alors, je dirais le gâteau au chocolat de ma prof de technologie de 5e . Je fais un excellent fondant au chocolat aujourd’hui, c’est peut-être grâce à elle, qui sait?

«Si je suis dans un mauvais mood, manque de confiance en moi ou que je me sens surveillé, je peux littéralement saccager une recette (ou de la musique).»

Quels sont les aliments dont tu ne pourrais jamais te passer et pourquoi?

Oignon, ail, échalote française: la base. Les pâtes, une grande passion. Je suis également un immense fan de riz blanc, simple, je pourrais en manger pendant 2 semaines non-stop. La carotte crue, un must pour moi. Si j’ai un conseil à donner, c’est d’acheter le sel de mer aux herbes de Bologne de Favuzzi et en mettre partout.

Quel est le pire repas que l’on t’ait servi?

En Angleterre, une erreur d’amateur, j’ai commandé une escalope de veau à la milanaise dans un restaurant anglais, mon dieu… Je n’ai pas encore compris comment on pouvait autant rater un plat de la sorte. Si je me souviens bien, la serveuse et moi, on en a ri. Sinon, je ne mange pas du tout épicé, et un truc qui m’énerve vraiment, c’est quand le serveur te dit que ce n’est pas épicé, mais qu’en fait si, beaucoup trop pour moi. C’est peut-être arrivé 10 fois dans ma vie que je ne puisse toucher à mon assiette à cause de ça. Frustrant.

Quel est ton plus gros «fail» culinaire?

Il y en a eu quelques-uns depuis la naissance de ma fille… La fatigue, le multitasking, se lancer dans un projet compliqué quand tu voulais faire un truc simple, le contexte idéal pour faire brûler, trop saler, rater une sauce, etc.

…Et ton plus gros «fail» musical?

Probablement quelques tracks de pubs dont je ne me souviens pas et c’est mieux ainsi.

Si je t’invite à souper, qu’est-ce que je devrais cuisiner et passer comme musique pour t’impressionner?

La côtelette d’agneau peut-être un bon choix, avec un mariage de vin réfléchi. Pour la musique, par contre, c’est très risqué, une seule chanson peut facilement me faire quitter un lieu. Le plus important est que la musique ne soit pas trop forte, je déteste vraiment les restaurants à la musique assourdissante. Debussy ou Chopin, on passera une belle soirée.

Ton dernier repas et la dernière musique que tu écouterais… Si tu devais mourir demain?!

Ish difficile!… Peut-être le plat que me faisait souvent ma mère quand j’étais enfant, du poulet rôti et des coquillettes au beurre. Pour la chanson, j’ai quelques idées, soit j’irais dans le spirituel, avec «Corpus Cristi Carol» de Jeff Buckley ou alors à l’opposé avec «My Baby just Cares for Me» de Nina Simone. Il existe une version piano par Beck de son titre «Lonesome Tears» qui pourrait satisfaire mes dernières minutes de vie. Sinon, un beau départ serait le titre «There There» de Radiohead, ou encore «New York I love You» de Lcd Sound System. Bref, j’ai déjà une belle playlist pour ma dernière heure sur terre!

Quels sont tes projets futurs?

Il y aura très probablement un vol.2 de Adaptations, avec des titres du catalogue Lisbon Lux, mais cette fois-ci en anglais. Sinon, je pense que mon prochain défi musical sera de composer un album 100% instrumental, une sorte de bande originale de film (sans le film).

🍝 Julien Manaud

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