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Mala MTL et Maison Gisèle: Des lieux de réconfort «body positive»

Mala MTL et Maison Gisèle: Des lieux de réconfort «body positive»

Sandra Muñoz fonde en 2018 la friperie en ligne Mala MTL, qui s’adresse à une clientèle taille plus. Son atelier prend racine au sein du nouveau studio de Julie Artacho, Maison Gisèle, qui se veut un atelier multi-usages ainsi qu’un «safe-space» pour les femmes rondes et leurs alliées. 

Mala MTL propose aux femmes rondes des vêtements seconde main sélectionnés avec soin par sa fondatrice. Des vêtements vintage de plus de vingt ans côtoient des pièces plus contemporaines. Pour l’entrepreneure, l’important est d’offrir des pièces de qualité, en bon état, à la bonne taille et à prix doux.

Sandra Muñoz est une touche-à-tout. Suite à des études en design de mode, elle occupe un poste de bureau dans une entreprise du milieu pendant plusieurs années. Or, elle n’y trouve pas son compte: l’entreprise pour laquelle elle oeuvre ne rejoint pas ses valeurs. Féministe, elle refuse d’évoluer dans une entreprise menée par des hommes qui produit ses vêtements à l’étranger, au détriment des femmes et des enfants. «Je me suis demandé quoi faire pour trouver un domaine qui me rendrait plus heureuse», confie-t-elle.

Sandra Munoz.

Tout en poursuivant des études féministes, Sandra Muñoz est sur tous les fronts. Elle travaille comme mannequin d’essayage taille plus, ainsi que dans une boutique à temps partiel. Elle dessine et vend ses œuvres et sillonne les rangées des centres de liquidation à la recherche de vêtements tailles plus

«Ça fait longtemps que je magasine et que je m’habille seconde main. J’ai toujours aimé les friperies. Je pense que nous devrions envisager de plus en plus magasiner dans les boutiques seconde main, c’est une manière bien plus écologique de se vêtir. C’est le futur!», s’enthousiasme cette dernière. 

Habiller les femmes, un trésor à la fois

Mala MTL vise une clientèle de taille 14 et plus, et propose des vêtements de tous les styles trouvés dans les friperies ou les centres de tri. L’exploratrice recherche, sélectionne et lave les vêtements, avant de les prendre en photo sur des mannequins bénévoles, de toutes les morphologies. Les photos ne sont pas léchées et c’est assumé; on peut voir de vrais corps qui montrent comment les vêtements tombent réellement. Pas de surprises une fois la commande passée! De plus, l’entrepreneure verse 10% de ses profits annuels à un organisme communautaire, un engagement qui reflète ses valeurs humaines.

Son atelier, où les clientes ont l’opportunité d’aller chercher leurs commandes et ainsi d’éviter des frais postaux, est situé à la Maison Gisèle, le nouveau studio de Julie Artacho, un espace qui fait écho avec la mission de Mala MTL.

«Je pense qu’on a un rôle social à remplir […] Il faut réfléchir à l’impact que nos images peuvent avoir sur les autres.»

Un parcours exemplaire

Julie Artacho est une photographe montréalaise reconnue, publiée dans les plus grands magazines de mode québécois. Son parcours est irréprochable. Après des études en photographie au cégep du Vieux Montréal, elle travaille comme assistante pour une photographe de mode. «En travaillant pour elle, j’ai pu connaître tout le monde dans l’industrie, raconte la photographe. Je suis vraiment rentrée dans le milieu par la porte de la coordination. C’était moi, la fille qui faisait les cafés! Faut croire que je faisais de bons cafés, car c’est ainsi que j’ai eu mon premier contrat avec Châtelaine», se souvient-elle.

Elle fait ensuite connaître son travail principalement par le bouche-à-oreille, collabore pour de nombreuses photos de casting et croque diverses compagnies de théâtre et de danse.

Julie Artacho.

Julie Artacho est également connue du public pour ses prises de parole contre la grossophobie. Ses textes, ses interventions à la radio et à la télévision ainsi que sur les réseaux sociaux cherchent à dénoncer la haine envers les grosses personnes et à prôner la diversité corporelle. «Il y a beaucoup de boys club en photographie, raconte la photographe. Je pense qu’on a un rôle social à remplir. Mettre un peu de bienveillance envers les femmes à travers mon travail et ma présence sur les réseaux sociaux. Il faut réfléchir à l’impact que nos images peuvent avoir sur les autres.»

Être bien, ensemble

La photographe déménage en avril 2019 dans un tout nouvel espace, nommé Maison Gisèle, en l’honneur de sa mère, une «féministe avant l’heure». Ce nouveau studio, peint d’un blanc lumineux, accueille désormais ses shootings photos, mais peut aussi être loué comme salle de répétition de théâtre ou encore pour des réunions d’affaires ou des casting. Au mois d’août, la surface de Maison Gisèle doublera et son instigatrice espère créer un espace de coworking où il fera bon travailler, bien entouré.

Pour Julie Artacho, il est essentiel que la Maison Gisèle soit également un lieu pour la communauté des «fat babes» et qu’elle organise des événements et des cours liés à la diversité corporelle. Maison Gisèle accueille donc des cours de yoga pour femmes rondes et leurs alliées, et éventuellement des cours de danse. «Je veux que mon studio soit un lieu où l’on se sent bien. Un “safe space” où les féministes et les fat babes de la communauté puissent se regrouper», formule Julie Artacho.

C’est d’ailleurs au sein de cette même communauté de fat babes que se sont connues Sandra Muñoz et Julie Artacho. 

La Maison Gisèle.
La Maison Gisèle.

Le blogue Dix Octobre qui milite pour la diversité corporelle et contre la grossophobie, en collaboration avec la boutique en ligne Coeur de loup, avait créé en 2018 une ligne de sous-vêtements taille plus. Pour illustrer la collection, Julie Artacho avait photographié de belles femmes rondes portant la lingerie, modèles dont faisait partie Sandra Muñoz. C’est ensuite lorsque Julie lance un appel à tous pour trouver une locataire afin de partager son local que les deux femmes regroupent leurs forces.

«Je suis ouverte aux collaborations, rapporte Julie Artacho. Je veux travailler avec des gens “chill”. Par exemple, les clients de Mala peuvent passer chercher leurs commandes quand je suis là, même si Sandra, elle, n’est pas là! Le but, c’est de créer un espace collaboratif où les femmes de la communauté peuvent se sentir bien. Si c’est ce qui arrive, je suis contente, mon but est atteint!»

En offrant aux femmes rondes des opportunités de se réunir et de se vêtir à moindre coût, Sandra Muñoz et Julie Artacho cherchent à ajouter un peu de douceur dans le quotidien des femmes, en plus de respecter leurs valeurs humaines tant dans le travail que dans les loisirs. 

👗👖 Mala MTL

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