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À la rencontre des vignerons du Québec: Le vignoble biologique Négondos

À la rencontre des vignerons du Québec: Le vignoble biologique Négondos

Le vin québécois connait un essor considérable. En dépit d’une précédente mauvaise réputation, de plus en plus d’acteurs du milieu, de producteurs et d’épiciers se mobilisent pour redorer le blason de ce produit et lui donner enfin les lettres de noblesse qu’il mérite. C’est ainsi qu’avec Louis-Philippe Mercier, sommelier et propriétaire de La Boîte à Vins, nous nous sommes rendus auprès de quelques producteurs pour en savoir plus. Une série de rencontres qui braque les projecteurs sur cette boisson d’ici et ses créateurs.

Pour notre quatrième arrêt sur cette route québécoise des vins, nous nous sommes rendus sur les terres du Vignoble Négondos. Établi en 1993 à Mirabel dans les Laurentides, Négondos est le premier vignoble québécois en culture biologique. Tous les vins du domaine sont exempts de résidus de pesticides et sont élaborés à partir d’une récolte de raisins bien mûrs, sains, cultivés biologiquement, et ce, depuis la toute première cuvée. À l’origine de cette démarche et de la création du domaine, on retrouve le sympathique couple Carole Desrochers et Mario Plante. Avec, comme toujours, un bon verre à la main, nous avons partagé un moment avec le duo.

Cet entretien a été rendu possible grâce à la passion et la collaboration de l’entrepreneur derrière La Boîte à Vins.

Mario Plante et Carole Desrochers, en discussion avec le fondateur de La Boîte à Vins.

Trouver son identité

Du haut de son quart de siècle, le vignoble Négondos fait partie des pionniers de la viticulture au Québec et a connu toutes sortes d’évolutions, comme l’explique Mario Plante: «Dans la fin des années 80/90, pour l’histoire courte, on avait de la vigne semi-rustique comme le Ceyval, on avait tous des vignes comme ça. Puis les vignes rustiques du Minnesota comme le Marquette ou le Frontenac sont arrivées, ensuite il y a eu la vague des Vinifera (vigne d’Europe) et là on assiste à un retour de la vigne semi-rustique.»

En fait, le choix du cépage a une grande influence sur le goût du produit final. «Les rustiques donnent un goût floral alors que les goûts qui vont être appréciés sont à dominante d’agrumes comme les vins européens, précise le producteur. Mais ici, à cause du climat, on est tellement serrés dans nos périodes de développement du fruit qu’on est obligé de travailler avec ce qu’on appelle des « hâtifs » [NDLR Murissement rapide]. En Europe, ils commencent à la mi-mars, ils ont de la marge de manœuvre, nous on est très comprimés, à la fin juin, les floraisons n’ont même pas commencé!»

«Le rêve du vigneron, c’est laisser le fruit de bonne qualité faire sa démarche par lui-même.»

Quelques bouteilles produites par le Vignoble Négondos.

Biologique, une volonté assumée 

Aujourd’hui, le vignoble compte 10 000 pieds de vigne sur 3 hectares et produit entre 10 à 12 000 bouteilles par an. Depuis le début de l’aventure, les propriétaires du domaine ont tenu à produire du vin de manière biologique. «On a toujours été bio par conviction, on se méfiait des produits chimiques, car on se doutait que ce n’était pas très bon pour la santé et d’ailleurs, c’est ressorti plus tard dans plusieurs études», affirme le vigneron. Aujourd’hui, on retrouve également le vin biologique sous l’appellation vin nature.

«On préfère confier notre produit à quelqu’un qui s’y connait et qui sait en parler.»

«On produit des vins blancs, des bulles, des vins orange et des rouges barriques, mais pas de rosé, ajoute Carole Desrochers. Tous nos vins sont faits bios, sans pesticides et jamais de filtration. On ajoute seulement du soufre à la mise en bouteille essentiellement. On vit avec les contraintes, on est plutôt suiveux et on fait le moins d’interventions possible comme du transfert physique, puis à la fin on embouteille par gravité. Le rêve du vigneron, c’est laisser le fruit de bonne qualité faire sa démarche par lui-même.»

Le couple de vignerons en compagnie de notre journaliste Pascal Sain.
Notre journaliste Pascal Sain visite les vignes avec Mario Plante.

Privilégier la qualité

Comme de nombreux viticulteurs locaux, les propriétaires du Vignoble Négondos ont fait le choix de plusieurs réseaux de distribution, mais sans celui de la SAQ. «À moins que tu travailles sur des étiquettes bien spectaculaires, les gens ont trop de choix et ça reste sur les tablettes, affirme Mario Plante. Selon moi, le premier critère pour les gens c’est le prix, donc ils choisissent un vin produit en quantité industrielle qui sera forcément moins cher. Aussi, les taxes sont élevées en passant par le réseau de la SAQ donc ce n’est pas intéressant pour nous.»

De ce fait, les propriétaires préfèrent diviser la distribution de leurs produits en trois tiers. Le premier concerne la vente directe au domaine, le second en restauration et enfin le dernier tiers pour les épiceries fines. «On préfère confier notre produit à quelqu’un qui s’y connait et qui sait en parler, soulignent-ils. Puis c’est une complémentarité, on utilise la notoriété du revendeur comme il utilise la notoriété de nos produits, c’est une bonne dynamique! Ça permet d’avoir une certaine crédibilité dans le milieu.»

🍇 Le Vignoble Négondos

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