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Ces cuivres sans gluten peuvent contenir des traces de folk – L’irrévérencieuse entrevue bouffe avec Jipé Dalpé

Ces cuivres sans gluten peuvent contenir des traces de folk – L’irrévérencieuse entrevue bouffe avec Jipé Dalpé

Programme B

Ancien complice de Vincent Vallières, Les Trois Accords, Karim Ouellet et plusieurs autres, Jipé Dalpé promet un spectacle aux accents rock lors des Francos où il offrira au public les nouveaux morceaux de son troisième album Après le crash. L’auteur-compositeur-interprète se produira le 20 juin dès 19 h à la scène extérieure Bell. 

En amont de sa prestation, Baron s’est entretenu avec le musicien qui nourrit aussi une grande passion pour la cuisine. Cordon bleu à ses heures, il dresse plusieurs parallèles intéressants entre la gastronomie et la musique.

Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

Je m’appelle Jipé Dalpé, auteur-compositeur-interprète et multi-instrumentiste (voix, guitare, trompette et flugelhorn). J’ai lancé dans les dix dernières années trois albums et un EP. J’ai aussi accompagné plusieurs artistes autant sur scène qu’en studio (Karim Ouellet, Vincent Vallières, Les Trois Accords, etc.). Je fais également de la mise en scène et de la direction artistique pour différents projets. Je viens tout juste de sortir un nouvel album qui a pour titre «Après le crash».

Comment décririez-vous votre univers musical?

Du rock pop pouvant contenir des traces de folk et/ou de noix, avec des cuivres sans gluten.

Quelle est votre relation avec la nourriture?

Disons que c’est loin d’être une histoire d’un soir. Elle et moi, on s’est aimés au premier regard et on s’est juré fidélité jusqu’à ce que la mort nous sépare. C’est carrément un amour fou, éperdu, passionné, démesuré, déraisonnable, inébranlable, fusionnel, charnel, bestial, mais loyal. On s’est trouvés et on ne se lâche plus.

Êtes-vous aussi doué derrière les fourneaux que sur une scène ?

C’est probablement plus aux autres de le dire qu’à moi, mais disons que je n’ai jamais vu personne quitter ma table à l’entracte! Je suis un trippeux fini de gastronomie en tous genres. Lorsque j’invite des gens à manger chez moi, il y a rarement moins de quatre ou cinq services. Je peux facilement passer trois heures à faire des courses pour aller chercher les produits les plus frais en ville! Ensuite, je cuisine pendant des heures et des heures jusqu’à l’arrivée de mes invités. Une fois qu’ils sont là, je les installe autour de l’îlot où je continue de «pimper» les plats jusqu’à la dernière seconde, tout en buvant avec eux plusieurs breuvages récréatifs ! Pour les curieux, vous pouvez consulter l’historique de mes créations culinaires sur Instagram sous #lacookerieadalpe.

Quelle musique écoutez-vous lorsque vous cuisinez?

La musique, c’est comme la bouffe. Faut goûter à tout. Beaucoup. Longtemps. Souvent. Faut y aller graduellement, progressivement. Créer un «build-up» auditif autant que gustatif. Et très important, je cuisine presque exclusivement en écoutant des albums vinyles: ça goûte meilleur dans mes oreilles! Je commence souvent par du vieux jazz (Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, Duke Ellington, Nina Simone, etc.). Ensuite, je me promène entre le folk, le funk, le rock, la pop, l’électro, le punk, etc.! Bref, pas mal tout y passe. Face à ma collection d’albums, je suis comme devant un menu au resto: je ne sais pas choisir qu’un seul plat, alors je prends un peu de tout !

Si Jipé Dalpé était une saveur, qu’est-ce que ça goûterait?

Je serais fort probablement du piment d’Espelette. J’aurais l’air tranquille au premier coup d’œil, ensuite on réaliserait qu’en fait, je suis piquant, mais dans le sens agréable du terme!

Si Jipé Dalpé était une recette, quels en seraient les ingrédients?

Je serais probablement un généreux plateau de tomates du jardin, mozzarella di Bufala, crabe des neiges, purée de basilic frais, persil italien, pistaches rôties, fenouil, concombre, betteraves jaunes, maïs grillé au barbecue, vinaigre balsamique vieilli, huile d’olive de course, graines de sésame noires, abus de poivre concassé, suprêmes de citrons caramélisés et bien sûr, piment d’Espelette!

Votre dernier repas et la dernière musique que vous écouteriez… si vous deviez mourir demain?

Bon, sûrement que je ferais ça en 12 services… Tant qu’à mourir, on va faire ça comme du monde. Mais question de ne pas vous écrire 4 livres de recettes, je vous épargne la description de plusieurs services! J’irais avec des trucs classiques et intemporels. Il y aurait assurément un immense plateau de fruits de mer avec beaucoup trop d’huîtres, homard, crabe, crevettes, saumon fumé, etc. J’enchaînerais avec une succession d’entrées froides, tièdes et chaudes. Juste des mini bouchées de plein d’aliments qui goûtent le ciel avant d’y monter.

Quelque part dans tout ça, il y aurait clairement une pointe de pizza Margherita napolitaine (la vraie patente comme en Italie là, pas une «Domino’s Pizza»). Comme plat de résistance, j’irais carrément avec le classique des classiques: un spag’! Pâtes fraîches et sauce bolognaise maison avec beaucoup, beaucoup de piments forts!

Je pense que je passerais mon tour au dessert pour profiter plus intensément des plats de résistance! Et avec ça j’écouterais quoi? Cette question est un supplice pour quelqu’un qui a du mal à choisir et à se restreindre dans la vie. On va dire que j’ai droit à cinq albums pour ma dernière soirée. Encore là, j’irais avec des classiques. D’abord, le premier disque qui m’a fait découvrir et tomber en amour avec la trompette et le jazz: Kind of Blue du grand Miles Davis. Ensuite, l’album I Put a Spell on You de Nina Simone, parce que c’est probablement la voix qui me touche le plus au monde. J’enchaînerais avec Rêver mieux de Daniel Bélanger, car c’est en grande partie grâce à cet album et cet artiste que j’ai eu envie de chanter en français et d’en faire mon métier. Je terminerais ma vie sur l’album Still Crazy After All These Years de Paul Simon suivi du White Album des Beatles, simplement parce qu’on ne peut pas quitter ce monde sans écouter une dernière fois Paul Simon et les Beatles.

«La musique, c’est comme la bouffe. Faut goûter à tout. Beaucoup. Longtemps. Souvent. Faut y aller graduellement, progressivement. Créer un « build-up » auditif autant que gustatif.»

Avez-vous des demandes spéciales aux promoteurs de spectacles lorsque vous êtes en tournée?

Non, pas vraiment. Je prends ce qu’on m’offre en précisant que s’il y a du bon vin et de la bouffe dans la loge pour mes musiciens et moi, notre bonheur sera quintuplé!

Quel est votre plus gros «fail» culinaire?


Habituellement, ma fondue au fromage rend les gens très heureux. Il y a quelques années, j’ai voulu impressionner ma nouvelle blonde avec ma recette. Mais en cuisinant, j’avais probablement pris un apéro de trop et j’ai mis tellement d’alcool dans ma fondue (vin blanc et kirsch) que c’était devenu totalement immangeable! Un échec lamentable. J’avais confondu «bar open» et fondue. Oups.

…Et votre plus gros «fail» musical?


C’était à mes tout débuts, bien avant mon premier album: la fois où j’ai voulu composer une chanson reggae. Ouf. Insupportable. J’ai promis de ne plus recommencer. Depuis, tout le monde va mieux!

Crédit photo: Andréanne Lupien

🎸Jipé Dalpé

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