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Louis Eyméoud, fondateur, directeur général et brasseur d’Oskare

Louis Eyméoud, fondateur, directeur général et brasseur d’Oskare

Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

Je m’appelle Louis Eyméoud. Après une formation d’ingénieur en sciences de la Terre et plusieurs années à avoir travaillé comme ingénieur conducteur de travaux à Singapour puis à Paris, j’ai décidé de me lancer dans la création d’une brasserie artisanale, Oskare.

Votre emploi et titre actuel?

Je suis le fondateur, directeur général et brasseur d’Oskare.

Dans quelle ville?

Dans le 20e arrondissement de Paris.

Un mot pour définir quel type de travailleur vous êtes…

Heureux.

D’où provient votre intérêt pour la microbrasserie?  

J’ai découvert la microbrasserie lorsque je travaillais à Singapour. Nous nous retrouvions entre amis dans les brewpubs de cette ville-état.

De retour en France, j’ai découvert la scène brassicole parisienne et j’ai commencé à déguster un grand nombre de bières différentes. J’ai ensuite commencé à brasser chez un cousin, puis, grâce à ma femme, je me suis lancé avec mon propre matériel.

Faire mes bières, les partager et découvrir de nouvelles bières constitue le triptyque qui me fait aimer chaque jour un peu plus la microbrasserie.

Qu’est-ce qui rend votre bière unique? 

La diversité des arômes que l’on retrouve dans les cinq bières de la gamme et qui correspond aux attentes de nos multiples clients.

Nos bières ont peu de sucres résiduels, elles sont fruitées et complexes à la fois.

Quelle est la taille de votre brasserie? 

En 2018 nous avons produit 395hl et nous comptons produire 1300hl en 2019.

Quels outils sont essentiels à votre vie? 

Les outils principaux que j’utilise sont mon palais, mon nez, mes yeux et ma tête. Une fois que l’idée d’une bière a germé, j’utilise le logiciel BeerSmith pour m’assurer de la cohérence de la recette.

À quoi ressemble votre espace de bureau? 

Mon bureau est un espace ordonné. Ma table est faite d’une planche en bois posée sur des tréteaux, j’ai un mur couvert de liège pour pouvoir y épingler mes idées, mes inspirations, mes planning, les affiches et flyers des événements auxquels j’ai participé. Et surtout, j’ai un sac avec plein de matériel et chaussons d’escalade à portée de main pour aller grimper dès que mon planning me le permet.

Avez­-vous une façon d’organiser vos journées afin d’optimiser votre travail? 

Pour optimiser mes journées, je commence par une petite réunion avec mon équipe autour d’un café. Ça permet de se fixer les priorités de la journée et de s’assurer que le planning est bien intégré, et qu’il est réalisable.

Quand on brasse, on commence le plus tôt possible pour pallier à d’éventuels imprévus sans que cela ne soit impactant sur la production.

Une fois le brassin lancé, on fait du conditionnement, du rangement et je m’occupe des livraisons et des prises de commande.

En fin de journée, l’équipe se retrouve autour d’une chope pour relâcher un peu la pression et partager des idées pour les prochaines réalisations.

Quels «trucs» conseilleriez-vous pour améliorer la productivité? 

Anticiper au maximum. Échanger le plus possible avec mon équipe et être à l’écoute des bonnes idées. Il faut aussi être capable de se remettre en question, garder l’esprit ouvert aux bons conseils.

Vous êtes meilleur que vos collègues de travail pour…

Avoir une vision globale de mon outil de production. C’est plus facile pour moi, car j’ai réalisé l’ensemble de l’installation de la brasserie et je perçois à l’oreille le moindre dysfonctionnement.

Quelles votre stratégie pour faire connaitre votre bière? 

Outre le démarchage classique, nous participons à des concours, nous proposons régulièrement des dégustations à la brasserie ou chez des clients, nous collaborons avec des producteurs de café et de chai et nous participerons dans peu de temps à plusieurs festivals en France.

À propos du design, qu’est-ce que votre marque représente? 

Notre marque représente la filiation entre Oskare et le réseau de salle d’escalade Arkose (anagramme). La police utilisée rappelle les pochoirs utilisés pour marquer les fûts de bière. Le nom de nos bières fait référence à des prises ou à des styles d’escalade.

Comment et par qui a-t-il été conçu?

Il a été conçu par Julien Douek, du Studio Stereochromie. C’est un ami qui pratique également l’escalade, qui est un bon consommateur de craft et qui m’a vu monter le projet depuis le début.

On a beaucoup échangé et il a voulu faire transparaître au travers du design l’aspect artisanal de la bière tout en étant moderne et élégant.

Qu’est-ce qui vous inspire et vous motive à aller au travail chaque jour? 

Le plaisir de travailler des produits de qualité et de voir tous les jours les consommateurs heureux de boire nos bières.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné? 

C’est ma femme qui m’a dit au tout début du projet: «Vas-y lance toi! Fais confiance à ta sensibilité et donne ce que tu as de meilleur, ça ne pourra que marcher».

Quel est votre meilleur truc pour sauver du temps? 

Alterner entre des taches longues et des taches courtes. Par exemple, si je suis en train de brasser et que j’ai une opération qui me prendra entre cinq et dix minutes, je la fais tout de suite.

Mon pire ennemi, c’est la procrastination, et en appliquant cette méthode, impossible de remettre les choses au lendemain et de voir ma to-do list s’allonger de jour en jour.

Quels ont été vos plus grands défis en tant qu’entrepreneur?

Me lancer et me sentir légitime dans cette position de «patron».

Quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu’un qui souhaite démarrer une brasserie?

Je lui citerai surement du Samuel Beckett: «Essayez. Ratez. Essayez encore. Ratez encore, ratez mieux.»

Notre pire ennemi lorsqu’on se lance c’est souvent soi-même. Il ne faut pas avoir peur de faire des erreurs et garder confiance en soi.

Avez-vous des nouveautés à venir? 

Oui, une blanche au chai et une IPA au sarrasin.

À la fin d’une journée, quelle sorte de bière buvez-vous pour vous détendre? 

Une craft, bien sûr. Ça dépend vraiment de mon humeur. Cela peut être une bière d’un confrère ou l’une des miennes. En ce moment, j’aime particulièrement clôturer ma journée avec une pinte de Pocket (ma Session IPA).

C’est justement ce que je vais aller faire une fois ces réponses envoyées.

Oskare

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