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Arnaud Conchon, brasseur et fondateur de la Brasserie La Rustine

Arnaud Conchon, brasseur et fondateur de la Brasserie La Rustine

Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

J’ai longtemps travaillé dans l’animation, en centres de loisirs, avec des enfants et des jeunes. La transmission m’a toujours intéressé et j’ai été formateur pour le BAFA/BAFD. Cette expérience me sert aujourd’hui. Je me suis reconverti progressivement en tant que brasseur autodidacte et La Rustine est née officiellement en février 2015. Je continue les formations par le biais de tutos sur internet et avec l’EnilBio.

Votre emploi et titre actuel?

Brasseur à la Rustine, mais aussi formateur, plombier, menuisier, graphiste…

Dans quelle ville?

À Epervans, village de l’agglomération de Chalon-sur-Saône, en Bourgogne.

Un mot pour définir quel type de travailleur vous êtes…

J’ai l’«intelligence des mains», héritée de mon père: un cuisinier bricoleur en quelque sorte.

D’où vient votre intérêt pour la microbrasserie?

Gastronome, j’aime cuisiner, déguster les vins et suis curieux de nouvelles saveurs. Mon choix de devenir brasseur s’est fait tout naturellement: c’est un domaine qui permet d’être créatif, d’expérimenter des recettes tout en étant rigoureux et ingénieux!

Qu’est-ce qui rend votre bière unique?

Ma bière (comme tant d’autres) a un ancrage local fort, ce qui commence par l’eau. À Epervans, elle est très calcaire, parfaite pour les bières foncées. Elle nécessite d’être retravaillée pour les bières plus claires. Cette eau donne sa typicité à mes bières. Ma dernière née est une bière au piment de Bresse, un piment cultivé localement depuis le 18e siècle et qui apporte des arômes épicés suivis d’une douce chaleur.

Quelle est la taille de la brasserie?

Cela fait un an que la brasserie est en transition pour passer de 4 fermenteurs de 300 L à 4 fermenteurs de 1000 L. L’augmentation de la production a été progressive. L’objectif est de produire 45 000 L / an.

Quels outils sont essentiels à votre vie?

Un tournevis, une clé à molette, un ampèremètre….et mon téléphone portable! Avec Facebook pour communiquer sur les événements de la brasserie, mais aussi l’application de paiement par carte bancaire, le suivi comptable… On utilise un logiciel de gestion dédié à la brasserie Easybeer qui est très efficace.

À quoi ressemble votre espace de bureau?

Il est à peine terminé: on peut maintenant accueillir le public dans de bonnes conditions avec le bureau, un bar, une boutique dans le même espace. On a récupéré quelques meubles de famille et j’ai fabriqué les étagères et le bar.

Avez­-vous une façon d’organiser vos journées afin d’optimiser votre travail?

La semaine est rythmée par une journée de brassin, une d’embouteillage, une ou deux de livraison. Le reste du temps, je bricole les machines, les meubles… Et le travail administratif est plutôt en fin de journée.

Quels «trucs» conseilleriez­-vous pour améliorer la productivité?

Être créatif, ne pas hésiter à mettre les mains pour comprendre comment fonctionne les choses, au plus c’est compris au mieux on peut faire fonctionner quoi que ce soit, réduire les gestes inutiles et la manutention.

« « La Rustine, la bière de quand t’es crevé.e » est orientée vers la communauté cycliste avec un côté steampunk en développement. C’est le moyen de toucher les sportifs par une accroche rigolote, qui marque les esprits.»

Vous êtes meilleur que vos collègues de travail pour…

La remise en état de machines d’occasion! Embouteilleuse, capsuleuse, étiqueteuse, etc. Toutes ont nécessité un travail préalable. Au début de la brasserie, j’ai commencé avec une étiqueteuse manuelle dont j’ai dessiné les plans sur sketchup puis mis en LicenceOuverte.

Comment contrôlez-vous la croissance de votre microbrasserie?

Au fil des déménagements! Après avoir commencé chez moi en 100 L, j’ai occupé un local avec un matériel en 300 L pour arriver à Epervans en 1000L. J’espère enfin être stabilisé ici! L’espace de 600 m² permet de la souplesse pour s’organiser différemment au besoin.

C’est la vente qui est plus difficile à gérer et nécessite plus de travail de prospection en ce moment.

Quelle est votre stratégie pour faire connaitre votre bière?

Ce qui a bien fonctionné aux débuts de La Rustine, c’est le marché de Chalon du dimanche matin. Les clients nous en parlent avec nostalgie. Pour nous, c’était un bon moyen de nous faire connaître. On a changé de stratégie en développant dans un second temps la vente aux professionnels (bar, restaurants, cavistes) et maintenant nous souhaitons développer la vente directe à la brasserie.

Les festivals, fêtes de la bières, marchés de Noël et fêtes de village restent des moments à ne pas négliger. Ils nous apportent une visibilité directe, des contacts professionnels et une reconnaissance locale avec une ambiance super sympa et la contribution au réseau de brasseurs de Bourgogne.

À propos du design, qu’est-ce que votre image de marque reflète?

«La Rustine, la bière de quand t’es crevé.e» est orientée vers la communauté cycliste avec un côté steampunk en développement. C’est le moyen de toucher les sportifs par une accroche rigolote, qui marque les esprits. La capsule ressemble à une rustine. Toute notre communication est axée autour de l’univers du vélo et du steampunk (noms de bière en argot, logo…)

Comment et par qui ce design a-t-il été conçu?

J’ai réalisé les premières étiquettes. Un ami graphiste l’a amélioré et les étiquettes ont été relookées cet automne. Sur cette base, je dessine les étiquettes pour les brassins spéciaux.

Qu’est-ce qui vous inspire et vous motive à aller au travail chaque jour?

La diversité du travail, la foi en la réussite de la brasserie, la communauté brassicole qui se soutient, les belles rencontres réalisées à travers la brasserie. Et puis brasser, j’aime ça!

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné?

Fonce!

Quel est votre meilleur truc pour sauver du temps?

Automatiser les tâches répétitives. Améliorer en continu le matériel quand je vois qu’il y a du temps à gagner sur un process.

Quels ont été vos plus grands défis en tant qu’entrepreneur?

Retrouver mes tickets de caisse et factures… Blague à part, l’administratif après en avoir fait 15 ans dans mon précédent domaine, reste la partie la plus désagréable pour moi. Me discipliner demeure un objectif! 😀

Quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu’un qui souhaite démarrer une microbrasserie?

Dans les formations pour brasseurs, j’insiste sur le choix du matériel et son calibrage par rapport au projet souhaité. Il ne faut pas sous-estimer non plus l’aspect physique de la brasserie. Porter les sacs de grain, livrer, embrayer la capsuleuse, piétiner toute la journée nécessite d’être en bonne condition physique. Et surtout, ne pas négliger la part importante de la vente (comment ou quand vendre, à qui, etc).

Mis à part votre ordinateur et votre téléphone, de quel gadget ne pouvez-vous pas vous passer?

Mes indispensables: mon grand-père disait qu’avec une ficelle et un couteau, t’es à peu près sûr de te sortir d’à peu près tout, donc j’ai toujours une ficelle et un couteau à portée de main! Mais aussi une clé à molette, un tournevis, un multimètre…

Avez-vous des nouveautés à venir?

Deux nouvelles bières sont sorties récemment: la Coup d’piment, une lager au piment de Bresse, et la Pepper Project, stout de collaboration avec la brasserie Two Dudes dans laquelle nous avons du gruau de cacao dont l’amertume est atténuée par la poire et avec du poivre de Kompot qui se sent en arrière-bouche.

À venir: une blanche au mandarina, une stout vieillie en fût de chêne…

À la fin d’une journée, quelle sorte de bière buvez-vous pour vous détendre?

Je déguste des bières artisanales de copains brasseurs ou que je découvre au gré de mes rencontres et voyages. J’apprécie particulièrement la brasserie Two Dudes de Tournus, la Brasserie Elixkir de Dijon, Bellenium à Beaune, La Choppe du Korigan à Mâcon….

🍻🇫🇷 Brasserie La Rustine

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