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Hervé Lamoureux, artisan malteur et fondateur de Yec’Hed Malt

Hervé Lamoureux, artisan malteur et fondateur de Yec’Hed Malt

Qui êtes-vous et quel est votre parcours?      

Je m’appelle Hervé Lamoureux. J’ai 45 ans. De formation scientifique (technicien chimiste puis ingénieur environnement), j’ai travaillé pendant 18 ans dans le domaine du développement économique pour l’accompagnement de projets de création ou de développement d’entreprises au sein d’une chambre de commerce puis d’une collectivité locale.

Ayant envie de créer ou reprendre une entreprise, j’ai décidé de me reconvertir en me lançant un challenge: créer une malterie artisanale bio. Mon objectif est de donner du sens à ma vie et être en phase avec mes valeurs (écologie, qualité de l’alimentation, etc.).

Après 3 années d’élaboration de mon projet et de mise au point de mon équipement, j’ai démarré la production de malt en janvier 2018. Souhaitant faire un malt de qualité et régulier, j’ai fait construire un équipement spécifique pour me permettre de maîtriser tous mes paramètres de production.

Votre emploi et titre actuel ?

Je suis artisan malteur. Actuellement, je travaille seul: je suis donc à la fois malteur, commercial, comptable, standardiste, administratif, communicant, manutentionnaire, homme de ménage…

Dans quelle ville?

Je suis installé à Vannes en Bretagne (Ouest de la France). La Bretagne est une région avec une forte identité et des paysages magnifiques.

Vannes est située au bord de l’Atlantique et intègre un Parc naturel régional. Avec le golfe du Morbihan, le territoire fait partie du club des plus belles baies du monde.

Un mot pour définir quel type de travailleur vous êtes…

Je suis un besogneux et un maniaque de la qualité. J’aime comprendre comment mes céréales évoluent pendant le maltage afin de faire ressortir le meilleur de mon produit.

D’où provient votre intérêt pour la malterie? 

Étant fils d’agriculteur, j’étais très attaché à revenir proche du monde agricole et à pouvoir apporter de la valeur ajoutée à une production locale. Constatant que les brasseries artisanales s’approvisionnaient en malt à des centaines de kilomètres auprès d’industriels, je me suis mis au défi de proposer du malt local, artisanal, bio et équitable en rémunérant correctement les agriculteurs.

Être artisan malteur, c’est aussi travailler avec des artisans brasseurs qui sont majoritairement des passionnés qui aiment leurs produits. Comme moi, beaucoup d’entre eux sont en reconversion professionnelle, et donc avec des parcours professionnels très différents. C’est super riche au niveau des échanges.

Quelle est la taille de votre malterie? 

Actuellement, je suis seul et je vais produire 200 T de malt cette année. D’ici la fin de l’année, je vais ajouter une nouvelle case de germination afin de doubler ma capacité de production. Ce sera aussi l’occasion de recruter un compagnon pour m’accompagner dans cette aventure.

Pouvez nous donner un aperçu du marché du malt en France? 

La France produit environ 1,4 million de T de malt par an, dont 80 % sont exportés. Ce marché est dominé par trois groupes industriels français (leaders mondiaux) qui dispose de 15 sites de production en France et de nombreux à l’étranger.

Ils sont principalement tournés vers les brasseries industrielles. Ainsi, les brasseries artisanales françaises achètent le plus souvent leur malt à l’étranger (Belgique, Allemagne et Angleterre).

Depuis quelques années, des malteries artisanales émergent (4 ou 5 aujourd’hui en France) et de nombreux projets devraient voir le jour dans les années à venir. 

À quoi ressemble votre espace de bureau?

Quelques objets personnels (photos familles, souvenirs d’amis) et quelques affiches sur la sensibilisation à l’environnement. Mon bureau est surtout le lieu où je classe tous mes documents. J’y passe peu de temps (en dehors du midi pour y manger), car je suis principalement dans la malterie. 

Avez­-vous une façon d’organiser vos journées afin d’optimiser votre travail? 

Je suis plutôt organisé sur un rythme d’une semaine avec les principales étapes de maltage (trempe, germination, touraille puis ensachage) puis de nettoyage et d’expédition. Étant seul, je ne livre pas directement mes clients. Soit ils passent à la malterie, soit j’expédie par transporteur.

Vous êtes meilleur que vos collègues de travail pour ?

La compétition est féroce entre moi et moi. Je n’arrive pas à savoir qui est le meilleur!

Comment contrôlez-vous la croissance de votre compagnie? 

Mon entreprise est encore toute jeune. Je la gère de manière prudente pour ne pas bruler d’étapes. Ma priorité est de garder le haut niveau de qualité de mes malts qui est ma meilleure carte de visite.

À propos du design, qu’est-ce que votre marque représente? 

Ma marque est Yec’Hed Malt: j’ai fait un petit jeu de mot en langue bretonne, car Yec’Hed Mat (bonne santé en français) correspond au «tchin» breton quand on trinque entre amis. Le logo représente les brins d’orge et reprend le Y et le M de Yec’hed Malt.

Il est le plus souvent décliné en noir et blanc qui sont les couleurs du drapeau breton.

L’évocation «bonne santé» synthétise mon projet (à noter que je suis 100 % en bio):

  • Bio: santé de l’environnement, dont la préservation de la ressource en eau (utilisée abondamment dans la bière)
  • Bio: santé des consommateurs
  • Santé du territoire par l’achat de céréales locales justement rémunérées
  • Convivialité: le moral, c’est la santé!

Comment et par qui votre design a-t-il été conçu?

Il a été conçu par un ancien collègue de travail graphiste, Sébastien Le Gourrierec, qui est également associé dans l’édition de magnifiques livres alliant exploration et nature.

Qu’est-ce qui vous inspire et vous motive à aller au travail chaque jour? 

J’ai la satisfaction d’agir à mon niveau en faisant progresser le développement de l’agriculture biologique et les circuits courts. Quel futur voulons-nous pour nos enfants?

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné?

Sortir de ma zone de confort!! J’ai quitté un poste de fonctionnaire pour créer ma malterie et investir lourdement à mon niveau. C’est le saut dans l’inconnu et beaucoup de stress (positif et négatif), mais je ne veux pas arriver à la retraite avec des regrets.

Quel est votre meilleur truc pour sauver du temps? 

 Ne pas perdre de temps avec l’inutile.

Quels ont été vos plus grands défis en tant qu’entrepreneur? 

Mettre au point tout mon matériel de maltage en partant d’une page blanche. Parfois, je me dis que j’ai pris des risques trop importants, mais une fois lancé, on ne peut plus reculer.

Heureusement, ma bonne étoile a veillé sur moi.

Quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu’un qui souhaite démarrer une brasserie? 

Malgré le nombre de brasseries existantes désormais, il y a encore de la place à condition de faire des bières de qualité et avec une âme.

Mis à part votre ordinateur et votre téléphone, de quel gadget ne pouvez-vous pas vous passer? 

Ma plaquette de chocolat!

À la fin d’une journée, quelle sorte de bière buvez-vous pour vous détendre?

Une bière bien maltée, pas trop houblonnée et pas trop forte en alcool.

Yec’Hed Malt

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