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MASSIVart jette son dévolu sur Toronto

MASSIVart jette son dévolu sur Toronto

Depuis plus de trois ans, MASSIVart travaillait sur des projets en Ontario à partir de ses bureaux montréalais. «Toronto est le plus grand marché canadien, mais Montréal suit pas trop loin derrière, souligne l’associé fondateur. Souvent, quand on faisait des projets à Montréal, on était mis en contact avec des personnes qui travaillaient sur le même projet en Ontario et c’est un peu comme ça que ça a commencé.»

Près de 35% de ses projets se développaient à Toronto. Parallèlement, l’une de ses plus importantes clientes, Coralie Olson qui était alors vice-présidente d’une agence de publicité, lui a fait part de son intérêt à rejoindre l’agence et devenir associée directrice dans la province anglophone. «On avait déjà identifié dans une planification stratégique qu’on voulait augmenter la croissance à Toronto. On s’entendait très bien avec cette cliente, on savait qu’elle avait le réseau nécessaire pour multiplier les opportunités, donc on a sauté à pieds joints dans l’aventure», raconte Philippe Demers qui précise que l’une des meilleures techniques d’expansion d’entreprise reste d’avoir quelqu’un sur place.

Attractivité montréalaise à Toronto

L’entrepreneur reconnaît que ce troisième emplacement est plus facile à apprivoiser aujourd’hui grâce à l’expérience acquise dans le passé. Il ajoute que les marchés de proximité, comme celui de Toronto voire celui des États-Unis, représentent des challenges moins grands que les marchés asiatiques et européens, par exemple.

«En ce moment, Toronto est une ville qui a énormément de potentiel, il y a énormément de compagnies qui ont leurs sièges sociaux là-bas, témoigne M. Demers. À Montréal, on a beaucoup de créatifs, on a le plus haut bassin de travailleurs culturels et d’artistes au Canada. On a aussi une grande expertise qui a été développée dans le secteur de la production culturelle, comme le Cirque du Soleil. Quand on arrive dans un marché comme celui de l’Ontario, qui détient moins cette expertise, les gens en sont très friands.»

Le défi est alors d’amener les talents du Québec à venir travailler dans la province anglophone, où des besoins se font sentir. Toutefois, selon lui, les Torontois auraient une autre gestion du risque et pourraient avoir parfois une petite réticence envers des propositions qui sortent de l’ordinaire.

Complémentarités entre provinces canadiennes

Ce sont surtout des similitudes qui sont mises en avant par le fondateur de MASSIVart. «On est tous Canadien.nes, donc on n’a pas de différences culturelles, la relation de confiance se bâtit assez bien et ça se voyage facilement Toronto-Montréal, assure-t-il. Ce n’est pas un marché qui va être extrêmement difficile à démarcher, il n’y a pas tant d’enjeux. Les opportunités sont là, Toronto a une opinion positive des Montréalais, donc l’idée est de s’organiser un peu et d’offrir son offre de service, de rencontrer un maximum de personnes, de créer avec le réseau là-bas.»

Il va même plus loin en soutenant que les deux villes auraient intérêt à s’aimer davantage. «Il y a une belle relation bilatérale à développer, soutient M. Demers. En tant qu’entrepreneur, la façon de le faire, c’est d’offrir ses services là-bas et de voir dans quelle mesure il y a possibilité de mettre des collaborations en place.»

9 mois après l’ouverture

Des indicateurs lui permettent déjà de parler de succès en termes d’expansion. «À peine un an plus tard, on est déjà rendu à un bon 45 % du chiffre d’affaires de MASSIVart qui provient de Toronto. Mais ce que ça a aussi eu comme effet, étrangement, c’est que ça a été un levier, même à Montréal, pour le développement des affaires dans la mesure où il y a parfois des projets que l’on va obtenir en Ontario et qui au final, vont devenir un projet également au Québec», rapporte l’entrepreneur qui note une hausse des activités dans les deux bureaux.

Les employés en interne, qui ont dû se réorganiser afin de communiquer dans les deux langues, afficheraient aussi des signes positifs. «Ils sont assez excités, ça rend toujours fier d’avoir de nouveaux bureaux, ça donne une nouvelle dynamique, une autre vitesse à l’entreprise, remarque le fondateur. À la fois du côté de nos clients, de nos partenaires, de nos fournisseurs, mais même des artistes montréalais qu’on a réussi à amener avec nous à Toronto, on sent beaucoup d’enthousiasme.»

Projets à venir

À terme, il souhaiterait que les bureaux en Ontario soient de la même taille que ceux au Québec, avec 22 employés. «Avoir des forces similaires pour générer encore plus d’opportunités pour les artistes. Rendre ça encore plus accessible, à la fois dans les espaces publics comme les hôtels, les centres commerciaux, les bureaux et à la fois dans les événements de positionnement de marque, que toutes les agences peuvent créer dans ces deux marchés-là», imagine Philippe Demers.

L’ouverture de bureaux dans la province anglophone amène aussi de nouveaux échanges avec les États-Unis. «Comme Toronto est notre mégalopole canadienne, beaucoup de grandes transactions et de décisions d’affaires se passent là-bas, donc c’est aussi un pas vers l’étranger, reconnaît l’entrepreneur. Par le fait d’avoir des projets en Ontario, ça nous a déjà amené des opportunités à New York, ou encore à Chicago. Les multinationales transitent beaucoup par Toronto.»

Présentement, MASSIVart fait partie du Cabinet Créatif de la Ville de Montréal, un projet de soutien et de commercialisation à l’international. L’agence est donc en train de bâtir un plan d’exportation, et bien qu’elle en soit encore à la phase exploratoire, elle envisage de l’utiliser d’ici deux à trois ans à Los Angeles. 

M. Demers explique qu’il a déjà quelques clients qui ont une forte présence dans la ville américaine et de manière plus générale, en Californie. Il est également membre du jury Global Art Grants, qui est une bourse dédiée à des projets créatifs propulsés par le festival Burning Man dans le désert de Black Rock au Nevada, il possède donc déjà un grand réseau d’artistes et de partenaires potentiels.

MASSIVart

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