Votre kombucha, votre cidre ou votre bière artisanale se vend bien en fût et en bouteille — mais chaque fois qu’un détaillant demande un format canette, vous répondez « bientôt ». Acheter votre propre ligne de canning coûte facilement six chiffres et prend des mois à installer. Il existe une autre voie : faire appel à un partenaire de canning sous contrat, mobile ou fixe, qui vient chez vous ou qui reçoit votre produit pour le mettre en canette.
Ce guide explique comment fonctionne le canning sous contrat au Québec : la différence avec l’embouteillage classique, les capacités réelles des partenaires disponibles, comment préparer votre recette pour la production à grande échelle et ce que la RACJ permet — et interdit — quand on confie une partie de la production à un tiers. (Nouveau dans le co-packing ? Commencez par notre guide complet pour trouver un co-packer au Québec.)
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1. Canning vs embouteillage sous contrat : les différences
Les deux services répondent au même besoin — mettre votre boisson dans un contenant scellé, prêt à vendre — mais la mécanique et les partenaires diffèrent :
- Canning (mise en canette) — remplissage et sertissage de canettes d’aluminium, généralement en format sleek 355 ml ou 473 ml. C’est le format qui monte pour la bière artisanale, le cidre, le kombucha et, de plus en plus, les boissons prêtes-à-boire sans alcool.
- Embouteillage sous contrat — remplissage de bouteilles de verre ou PET, avec capsulage ou bouchage. Reste le format de référence pour certains styles de bière et pour la majorité des cidres et vins artisanaux.
- Canning mobile — l’équipement se déplace chez vous, dans votre brasserie ou votre cuverie ; vous fournissez le produit déjà fermenté et carbonaté, l’équipe s’occupe du remplissage, du sertissage et souvent de l’étiquetage sur place, en une demi-journée.
- Canning en usine (ligne fixe) — vous expédiez votre produit en fût ou en citerne vers l’installation du partenaire, qui le met en canette sur sa propre ligne, généralement à plus haut volume. Attention : pour la bière, ce modèle se heurte aux règles de la RACJ (voir section 4) ; il s’applique surtout aux boissons non alcoolisées.
Dans les deux cas, il s’agit de « conditionnement seul » au sens du co-packing : vous restez responsable de la recette et de la fermentation, le partenaire s’occupe de la mise en contenant. Pour une marque de bière qui n’a pas encore ses propres installations, la seule voie permise au Québec est le brassage sous licence : une entente commerciale avec un brasseur titulaire de permis, qui brasse votre recette sous votre marque (détails en section 4).
2. Capacités typiques des co-packers brassicoles au Québec
La capacité varie énormément selon qu’on parle d’un service mobile ou d’une ligne fixe :
- Services de canning mobile — un service de canning mobile actif au Québec, interviewé par Baron Mag, annonçait une cadence de 2 000 à 2 500 canettes à l’heure, avec environ une heure d’installation. C’est le point d’entrée le plus accessible pour une petite ou moyenne production ; les volumes minimaux varient d’un service à l’autre et se négocient à la réservation.
- Lignes fixes — en usine, les cadences peuvent grimper bien au-delà, mais les minimums de production sont généralement plus élevés et la logistique de transport de votre liquide (fût, citerne isotherme) s’ajoute au calcul.
- Espace et main-d’œuvre — pour un service mobile, prévoyez un espace dégagé près de vos cuves, l’accès à l’eau et à l’électricité, et quelques personnes de votre équipe pour la sortie des canettes, la mise en boîte et la palettisation. Validez les exigences précises (superficie, alimentation électrique, CO2) avec le service avant la date.
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3. Préparer sa recette pour la production à grande échelle
Une recette qui tient parfaitement en fût sur cinq cas ne se comporte pas nécessairement de la même façon après un transport en canette. Quelques points à valider avant de réserver une date de canning :
- Stabilité de la carbonatation — une bière ou un kombucha trop carbonaté peut mousser au remplissage et fausser les niveaux de remplissage ; testez votre taux de CO2 avant la journée de canning.
- Compatibilité avec l’aluminium — les boissons très acides (certains kombuchas, cidres, boissons aux fruits) doivent être compatibles avec le revêtement intérieur de la canette ; demandez à votre partenaire quel type de canette il utilise pour les produits acides.
- Stabilité microbiologique — une boisson vivante (kombucha non pasteurisé, par exemple) continue d’évoluer en canette ; discutez de la chaîne du froid et de la durée de conservation visée avec votre partenaire.
- Approvisionnement en canettes vides — c’est souvent l’habillage, pas le remplissage, qui dicte votre vrai minimum : les canettes imprimées directement chez les grands fabricants se commandent historiquement au camion complet — environ 200 000 canettes par commande, et certains fabricants ont déjà relevé ce minimum à cinq camions (environ 1 million). Le manchon thermorétractable ou l’étiquette autocollante sur canette vierge demandent des volumes beaucoup plus bas : c’est l’option la plus réaliste pour une première production. L’impression numérique directe sur canette, qui se développe, est une autre piste pour les petits tirages.
- Délais de commande — commandez vos canettes vides et vos manchons ou étiquettes plusieurs semaines avant votre date de canning ; c’est souvent le facteur qui détermine le calendrier, pas la disponibilité de l’équipe de canning elle-même.
4. Certifications et conformité : ce que la RACJ (et l’ACIA) exigent
Faire appel à un partenaire pour la mise en canette ne change rien à vos obligations réglementaires comme brasseur ou productrice :
- Permis RACJ — au Québec, la fabrication de bière est encadrée par la Régie des alcools, des courses et des jeux. Deux permis de fabrication existent : le permis de brasseur (production industrielle) et le permis de producteur artisanal de bière, que la RACJ oblige à exploiter conjointement avec un permis de restaurant ou de bar. Sous-traiter la mise en contenant ne vous dispense pas de ce permis : la RACJ permet à un producteur artisanal de faire exécuter la filtration et l’embouteillage « pour son compte et à son établissement » par une personne qui possède l’équipement et les compétences — ce qui correspond au modèle du canning mobile.
- Brassage à forfait vs brassage sous licence — la RACJ précise que le brassage à forfait (faire brasser sa bière par un autre titulaire de permis de brasseur pour en reprendre possession et la commercialiser) est interdit. Le brassage sous licence, lui, est permis : une entente commerciale entre un brasseur titulaire et le propriétaire de la recette ou de la marque. Avant de signer quoi que ce soit, validez votre modèle directement auprès de la RACJ.
- Étiquetage fédéral — l’Agence canadienne d’inspection des aliments encadre l’étiquetage des boissons alcoolisées : nom usuel, teneur en alcool (obligatoire dès 1,1 % alc./vol.), quantité nette et mentions bilingues. La bière et le cidre, comme les autres boissons alcoolisées normalisées, sont exemptés de la liste d’ingrédients, mais les sources d’allergènes, de gluten et les sulfites ajoutés (10 ppm ou plus) doivent quand même être déclarés. Votre partenaire de canning peut imprimer l’étiquette, mais la conformité du contenu reste votre responsabilité.
- Boissons non alcoolisées — kombucha, jus pétillant, thé glacé ou eaux pétillantes peuvent passer sur les mêmes équipements de canning, mais ne relèvent pas de la RACJ. Attention au kombucha : au Québec, une boisson qui dépasse 0,5 % d’alcool doit être traitée comme alcoolisée ; surveillez la fermentation en canette. Ces produits relèvent plutôt du MAPAQ et, si vous les expédiez hors Québec, d’une licence fédérale en vertu du Règlement sur la salubrité des aliments au Canada (licence dont les boissons alcoolisées sont exemptées).
- HACCP — si votre partenaire manipule aussi vos ingrédients (rinçage, dosage d’arômes, mélange avant remplissage), demandez son plan HACCP ; s’il ne fait que remplir et sertir un produit déjà fini, l’exigence porte surtout sur l’hygiène de son équipement et de ses canettes vides.
Pour le détail des référentiels de certification alimentaire (HACCP, SQF, BRC), consultez notre guide des certifications alimentaires.
5. Trouver votre co-packer brassicole sur Baron Co-Pack
Baron Co-Pack regroupe les services de canning et d’embouteillage sous contrat du Québec — mobiles et fixes — dans un répertoire vérifié. La démarche :
- Parcourez la catégorie Microbrasseries & canning. Chaque profil précise le mode de service (mobile ou fixe), les cadences, les formats de canette supportés et les certifications.
- Filtrez selon votre projet : mobile ou fixe, disponibilité, formats de canette, capacité à travailler des produits acides ou non pasteurisés.
- Présélectionnez 2-3 profils et comparez les cadences réelles et les minimums avec le volume que vous voulez réellement produire — pas avec vos meilleures ventes espérées.
- Déposez votre demande de canning sous contrat : décrivez votre produit, le format visé et vos dates disponibles. Vous recevez des profils adaptés sous 48 h, gratuitement.
Soumettre ma demande de canning sous contrat →
Références
- RACJ — Foire aux questions : fabricants de boissons alcooliques (brassage à forfait, brassage sous licence, sous-traitance de l’embouteillage).
- RACJ — Permis de producteur artisanal de bière et permis de brasseur.
- ACIA — Exigences en matière d’étiquetage des boissons alcoolisées.
- ACIA — Activités qui requièrent une licence au titre du Règlement sur la salubrité des aliments au Canada.
- La Presse — Les boissons à 0,5 % peuvent-elles s’afficher « sans alcool » ? (2024).
- Marketplace — Craft brewers scramble to find aluminum cans (2022) : minimums de commande de canettes imprimées.
- Baron Mag — Entrevue sur le canning mobile au Québec (2021).
Cet article est informatif et ne constitue pas un avis juridique. Les règles évoluent : confirmez toujours votre situation auprès de la RACJ, de l’ACIA ou du MAPAQ.


