x Pivohub: Le système d’exploitation des ventes B2B
La culture verticale cherche depuis plusieurs années à démontrer qu’elle peut dépasser le stade de l’innovation agricole pour devenir un véritable modèle commercial. GoodLeaf Farms vient de franchir un cap important : ses trois installations au Québec, en Ontario et en Alberta ont atteint la rentabilité.
Pour l’entreprise canadienne, cette annonce constitue un signal important dans un secteur où les investissements élevés, les coûts énergétiques et la complexité opérationnelle ont longtemps rendu la rentabilité difficile à atteindre.
GoodLeaf indique avoir généré 34 millions de dollars de revenus en 2025, comparativement à 6,4 millions en 2023. Les revenus auraient ensuite progressé de 31 % en 2026, soutenus par la demande pour ses jeunes pousses, ses microverdures et ses mélanges de salades, ainsi que par l’élargissement de sa distribution au détail.
Fondée en 2011 à Halifax, GoodLeaf exploite aujourd’hui trois fermes commerciales à grande échelle. Son modèle repose sur des environnements contrôlés et des systèmes de culture à plusieurs niveaux permettant une production toute l’année, indépendamment des conditions météorologiques.
De l’expérimentation à l’échelle commerciale
Le véritable intérêt de cette annonce se trouve toutefois dans la combinaison de croissance et de rentabilité.
GoodLeaf avait déjà accéléré ses investissements. En novembre 2025, l’entreprise avait annoncé un financement de 52 millions de dollars destiné notamment à augmenter la capacité de ses installations en Alberta et au Québec et à créer un centre de recherche et développement en Ontario.
Cette nouvelle étape change le discours autour de l’agriculture verticale. La question n’est plus seulement de savoir si l’on peut faire pousser des légumes à l’intérieur, mais si cette technologie peut fonctionner comme une entreprise alimentaire à grande échelle.
Pour les détaillants et les acteurs de la restauration, l’attrait est évident : une production locale et prévisible, disponible 365 jours par année, avec moins de dépendance aux conditions climatiques et aux chaînes d’approvisionnement internationales.
Le contexte canadien ajoute une dimension stratégique. Alors que les tensions commerciales et les perturbations logistiques ont remis la sécurité alimentaire au centre des discussions, la capacité de produire des aliments frais au pays devient un argument commercial autant qu’agricole.
GoodLeaf estime que la rentabilité de ses trois installations lui donne maintenant une base pour continuer à investir dans ses fermes, ses employés et sa technologie.
Pour le secteur agroalimentaire, c’est peut-être le signal le plus intéressant : la prochaine phase de l’agriculture verticale ne sera pas nécessairement définie par la hauteur des bâtiments ou la sophistication des LED, mais par la capacité à produire de façon constante, vendre à grande échelle et générer des marges.



