La SAQ investira 6,3 M$ sur trois ans pour créer du contenu, gérer ses réseaux sociaux et travailler avec des influenceurs.
Très bien.
Mais voici la question que personne ne semble poser :
Pourquoi dépenser des millions pour créer une conversation alors qu’une communauté existe déjà?

Depuis plus de 15 ans, Baron Mag raconte l’industrie des boissons au Québec et au Canada. Pas seulement les produits. Les producteurs. Les brasseurs. Les distillateurs. Les cidriculteurs. Les importateurs. Les restaurateurs. Les designers. Les entrepreneurs. Les fournisseurs.
Des milliers d’articles.
Des centaines de balados.
Des milliers d’entrevues.
Une communauté qui ne s’est pas construite avec des campagnes publicitaires, mais avec de la crédibilité.
Le défi de la SAQ n’est pas de produire davantage de contenu.
Le défi est de gagner la confiance d’une génération qui préfère découvrir une bouteille grâce à un producteur, un média spécialisé ou un caviste plutôt qu’à une publicité institutionnelle.
Les meilleures marques aujourd’hui ne cherchent plus à contrôler la conversation.
Elles la rejoignent.
Elles collaborent avec ceux qui ont déjà gagné la confiance de leur communauté.
Imaginez si une partie de cet investissement servait à soutenir l’écosystème plutôt qu’à tenter de le remplacer.
Imaginez une SAQ qui finance davantage de journalisme spécialisé, de reportages sur les terroirs, de portraits de producteurs québécois et canadiens, de balados, de documentaires et de contenu indépendant.
Tout le monde y gagnerait.
Les producteurs.
Les consommateurs.
Les médias spécialisés.
Et la SAQ elle-même.
Parce qu’au final, le véritable capital d’une institution n’est pas son budget marketing.
C’est sa capacité à faire grandir l’écosystème dont elle dépend.
Peut-être que la prochaine grande campagne de la SAQ ne devrait pas commencer dans une salle de réunion.
Peut-être qu’elle devrait commencer autour d’une table avec les médias spécialisés, les créateurs indépendants et les producteurs qui racontent déjà cette industrie, jour après jour.
Une institution forte ne cherche pas à monopoliser le récit. Elle crée les conditions pour que tout un écosystème puisse raconter son histoire. Les meilleurs offices de tourisme, les grandes foires du design, les semaines de la mode et les institutions culturelles l’ont compris : leur rôle n’est pas seulement de communiquer, mais de fédérer. La SAQ pourrait faire de même. Au lieu d’imposer un récit, elle pourrait devenir la plateforme qui donne de la visibilité à ceux qui le construisent déjà, chaque jour, sur le terrain.
SAQ et Bleublancrouge, voici mon courriel: [email protected] et 514-516-0832


