Le rapport annuel de la Brewers Association (BA) confirme ce que de nombreux brasseurs indépendants ont ressenti sur le terrain : le marché de la bière artisanale reste sous pression. Le volume a de nouveau décliné, les fermetures ont dépassé les ouvertures, et la concurrence pour attirer l’attention des consommateurs s’est intensifiée sur tous les canaux.
Pour la BA, 2025 n’est pas une année de déclin, mais un « reset ». Les brasseries ont dû adapter leur modèle d’affaires, revoir leurs portefeuilles de produits et redéfinir ce que signifie être une brasserie aujourd’hui. Comme le résume Matt Gacioch, économiste à la BA : « Les jours de calme relatif sont derrière nous. Les brasseurs s’adaptent aux comportements changeants des consommateurs, à la rationalisation des détaillants, à l’inflation, aux tarifs et à la concurrence accrue. »
Volume et fermeture de brasseries
Le volume de bière artisanale a reculé de 5 % sur l’année, selon l’enquête semestrielle de la BA, dépassant le déclin de 4 % observé en 2024. Sur l’ensemble de 2025, 268 nouvelles brasseries ont ouvert tandis que 434 ont fermé leurs portes. Même si les fermetures ne représentent que 4,4 % des brasseries en activité, la tendance illustre que le marché absorbe désormais difficilement de nouvelles capacités.
Les chiffres clés de 2025 pour la bière artisanale :
9 778 petites et indépendantes brasseries actives aux États-Unis.
Plus de 443 000 emplois soutenus.
Impact économique estimé à 72,5 milliards USD.
Ces chiffres soulignent l’importance continue des brasseries pour les économies locales, même si la croissance individuelle reste difficile.
Tendances majeures
La BA note plusieurs mouvements stratégiques :
Consolidation et collaborations : acquisitions et partenariats renforcent l’importance de l’identité de marque plutôt que la possession d’actifs physiques.
Hospitalité : les brasseries accentuent leur rôle de lieux communautaires avec plus de nourriture, de boissons et de programmation ciblée pour diversifier les revenus.
Produits : croissance continue de la bière sans alcool et de la bière à faible teneur (moins de 4 % ABV), ciblant de nouvelles occasions de consommation.
Confirmation par les données de l’industrie
Beer Institute : 119,57 millions de barils retirés du marché jusqu’en octobre 2025, soit un recul de 5 % par rapport à 2024.
NBWA Beer Purchasers’ Index : lecture à 25 en novembre 2025, signalant contraction et prudence des distributeurs, particulièrement pour la bière artisanale (score de 15).
BeerBoard & CGA by NIQ : la bière pression résiste mieux que les formats emballés, soulignant l’importance de la consommation sur place et de la découverte de marque.
Perspectives 2026
La BA adopte un ton réaliste et prudent : baisse des taux d’intérêt, clarification possible des tarifs et volonté de socialisation pourraient soutenir le marché, mais ne renverseront pas les changements structurels. Les brasseries indépendantes devraient se concentrer sur :
Des portefeuilles serrés et rentables,
Une efficacité de production et une discipline des coûts,
Une exécution solide à la pression dans les comptes stratégiques,
La croissance du DTC et des taprooms,
Des attentes réalistes globalement.
Conclusion : 2026 exigera des brasseries qu’elles s’alignent sur la demande réelle plutôt que sur les hypothèses de croissance héritées, pour rester compétitives dans un marché resserré mais toujours plein d’opportunités.
Résumé de l’article Brewers Association’s 2025 year in beer: Contraction, closures and the fight for occasions sur
craftbrewingbusiness.com.


