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Bois urbain : lutter contre l’exclusion sociale grâce à l’ébénisterie

Bois urbain : lutter contre l’exclusion sociale grâce à l’ébénisterie

Bois Urbain, c’est cette petite ébénisterie implantée à Montréal depuis une vingtaine d’années à Ahuntsic, qui s’est donnée pour mission d’être un tremplin vers l’emploi pour ceux qui ne savent plus où se tourner.

Olivier Lalonde, son directeur général depuis trois ans et demi, a commencé sa carrière dans le privé, avant de démissionner pour, dit-il, «retrouver un sens à son emploi». S’il commence timidement comme bénévole dans un premier organisme appelé le Club des petits déjeuners, fruit d’une opportunité offerte par une membre du conseil d’administration de l’entreprise qu’il venait de quitter, ses missions suivantes dans des fondations et associations le confortent dans son idée première: «Faire quelque chose qui avait du sens pour moi et voir les résultats tous les jours de nos actions sur le terrain».

Pendant ce temps, Bois Urbain, fondé en 1994, prend ses marques et fait évoluer son offre: à l’origine, cet organisme était un comptoir de meubles usagés desservant une clientèle défavorisée. Très vite, l’organisme se transforme en entreprise d’insertion socioprofessionnelle en ébénisterie. Depuis sa fondation, note le directeur général, près de 1 700 apprentis sont passés par ses locaux, et la majorité a pu se réinsérer dans la société actuelle en retrouvant un emploi pérenne. Pour sa part, l’entreprise fabrique désormais des meubles et autres pièces en bois, pour des entreprises qui le vendent sous leur propre bannière. Ces commandes représentent près de 95% du travail effectué par l’entreprise ces cinq dernières années.

Bois Urbain rejoint également le club fermé des «entreprises à mission»: ce sont des entreprises qui allient à la fois des objectifs économiques et des objectifs sociaux, qui peuvent être autant de l’insertion que de s’engager par exemple dans une démarche environnementale. Les champs d’application sont larges, et les types d’entreprises qui se réclament de ce modèle sont autant des petites entreprises que de grandes multinationales.

Bois urbain : Lutter contre l’exclusion sociale grâce à l’ébénisterie
«Nous redonnons vie à tous vos mobiliers en bois.» Courtoisie: Bois Urbain – Facebook

Casser le cycle de l’exclusion

Pourquoi l’ébénisterie? Parce que ce marché du travail demande une main-d’œuvre constante, que le marché québécois peine à lui fournir. «Aujourd’hui encore, les apprentis passés par les mains expertes des formateurs de Bois Urbain trouvent un emploi en moins de six mois», confirme le directeur général.

Le recrutement des apprentis se fait sur une base simple selon Olivier Lalonde: ils ont entre 18 et 50 ans, doivent avoir le désir d’apprendre et être en recherche d’emploi. «Notre objectif, c’est que la personne soit employable en sortant de chez Bois Urbain», ajoute-t-il. Une gageure pour les apprentis et les formateurs, relevée avec brio dans la majorité des cas.

«On travaille d’abord avec ceux qui arrivent chez nous sur l’apprentissage du métier, décrit Olivier Lalonde. Et en travaillant sur cet aspect, ça permet aussi de travailler sur leur histoire de vie, leurs problèmes personnels, sociaux, alimentaires, etc.»

Bois urbain : Lutter contre l’exclusion sociale grâce à l’ébénisterie
Courtoisie: Bois Urbain – Facebook

Si Bois Urbain ne peut, pour le moment, aider que 80 jeunes par an, son directeur général et l’équipe de formateurs se battent pour développer de nouveaux projets. Dans leurs cartons depuis près de deux ans déjà, il y a l’envie de créer un programme de francisation à objectif technique.

«Dans notre industrie, il y a une pénurie de main-d’œuvre depuis deux-trois ans, c’est 13 à 14 000 emplois qui ne sont pas comblés au Québec», souligne Olivier Lalonde. Pour répondre à ces besoins, Bois Urbain a imaginé un programme de francisation, à destination des immigrants venant au Québec sans parler la langue, et leur proposer un programme où ils apprennent à la fois la langue et un travail.

Une manière d’aller plus loin que les programmes de francisation actuels, qui comblent les besoins de base des migrants envers leur nouvelle société (demander son chemin, payer ses courses, etc.), mais n’aident pas à s’insérer dans le marché de travail, car chaque industrie a son jargon spécifique qu’il faut être capable d’assimiler pour pouvoir y travailler. Si Olivier Lalonde assure que ce projet «a des soutiens politiques et industriels forts, qui sont prêts à s’investir dans l’aventure», le dossier est pour le moment bloqué sur les bureaux de l’administration québécoise.

Bois urbain : Lutter contre l’exclusion sociale grâce à l’ébénisterie
Courtoisie: Bois Urbain – Facebook

Mais cela n’a pas ralenti Bois Urbain qui s’est penché sur d’autres dossiers, et notamment pendant la pandémie, qui a ralenti leurs activités. «Nous avons créé le premier lexique francophone de l’industrie du meuble, car nous nous sommes aperçus que ça manquait dans nos outils de formation», pointe fièrement Olivier Lalonde. Disponible sur leur site, ce document de près de 200 mots regroupe les termes principaux utilisés dans l’industrie.

«Nous nous sommes associés à l’Université de Montréal et l’Office québécois de la langue française pour le créer, explique le directeur général. Notre souhait, c’est que tout le monde s’empare de cet outil et l’utilise largement dans l’industrie et au sein des écoles», conclut-il.

📏Bois Urbain

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Image en couverture – Courtoisie: Bois Urbain – Facebook

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