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Traverser la vague en tant que brasserie et restaurant : le point de vue du propriétaire de l’EtOH

Traverser la vague en tant que brasserie et restaurant : le point de vue du propriétaire de l’EtOH

En 2020, en raison de la pandémie, de nombreux bars et restaurants ont dû fermer devant les restrictions du gouvernement. D’autres ont trouvé des alternatives pour assurer un certain roulement et garder leur tête hors de l’eau. C’est le cas de la brasserie EtOH, située dans le quartier montréalais de Villeray, qui a trouvé divers moyens afin de conserver sa clientèle. Si la première fermeture a été certes difficile, selon le président de la brasserie François Bélanger, la seconde période de fermeture des bars dans la province engendrée par la deuxième vague demeure, quant à elle, insoutenable.

Entrevue avec le propriétaire qui nous fait le bilan d’une année des plus invraisemblables.

La première période de confinement du printemps dernier a été difficile pour l’entrepreneur et son équipe. Par chance, après deux semaines de fermeture en mars, l’établissement a pu ouvrir en misant sur des commandes pour emporter.

Le bar offrait déjà des cruchons de bière à sa clientèle avant la pandémie. «On n’avait pas des stocks gigantesques de cruchons et, tout d’un coup, ça devenait la seule sortie», explique M. Bélanger. «On a commencé à embouteiller durant la pandémie et c’est comme ça qu’on a pu rouvrir.»

Un ami brasseur lui a prêté sa machine à embouteiller, qu’ils ont ensemble réparée, pour pouvoir embouteiller la bière brassée sur place et étendre la capacité des ventes. «L’embouteillage, c’est un projet que j’avais en tête depuis longtemps», raconte M. Bélanger. «C’était une occasion forcée de le mettre en place.»

Courtoisie: EtOH Brasserie – Facebook. Date: 7 avril 2020

L’équipe a pu reprendre ses activités grâce à cette adaptation, bien que ses effectifs soient restés grandement réduits – passant d’un peu plus d’une vingtaine d’employés à une équipe de cinq. La brasserie s’est aussi mise à vendre du gel pour les mains et des masques confectionnés par une amie du propriétaire.

Avec la réouverture des commerces de la province en été, l’équipe a pu avoir un peu de répit bien que l’opération ait nécessité d’autres ajustements majeurs.

Comme dans tous les établissements du Québec, des procédures très strictes ont été mises en place pour s’assurer de respecter les mesures sanitaires. «Tout changeait: comment on se présente aux tables, avec quels équipements», explique M. Bélanger. L’espace a été réaménagé. Des plexiglas ont été installés. Des changements qui impliquent des investissements et son lot de questionnements.

«Il y a eu tout un doute sur la terrasse», raconte le propriétaire. «Est-ce que ça vaut la peine? Est-ce qu’on va se faire fermer?» Finalement, la Ville de Montréal lui a permis d’installer sa terrasse gratuitement cette année. M. Bélanger salue d’ailleurs la collaboration de celle-ci dans sa gestion de la crise.

Un protocole d’accueil des clients a aussi été instauré pour que les mesures prises soient comprises de tous, et l’équipe s’est montrée proactive en établissant un registre des clients avant même que cette procédure ne soit exigée par le gouvernement du Québec.

Au mois de septembre, l’EtOH a célébré son 7e anniversaire. «On a organisé un bel événement et ça a vraiment bien fonctionné. On est arrivé à faire un chiffre d’affaires moyen de pré-covid. Avec une capacité réduite, on est arrivé au même chiffre d’affaires. On était vraiment fier.»

Malgré les récentes réjouissances, deux semaines plus tard, le gouvernement annonçait la fermeture des bars et des restaurants situés en zone rouge; la deuxième fermeture de l’année.

Courtoisie: EtOH Brasserie – Facebook. Date: 30 juillet 2020

Un sentiment d’injustice

François Bélanger perçoit une certaine injustice et considère que les bars ont servi de bouc émissaire quand la deuxième vague de la pandémie a frappé le Québec. Il déplore la mauvaise presse qu’ont eue les bars au courant de l’été en raison de certains événements isolés.

«Alors qu’on peut s’entasser à 300 dans un Costco. Il me semble qu’il y a quelque chose qui ne marche pas.»

S’il se montrait résilient lors du confinement du printemps dernier, ce sentiment d’injustice vient rendre la traversée de cette seconde vague plus ardue.

Il exprime aussi une déception face à la gestion du gouvernement québécois pour accompagner les propriétaires de bars et de restaurants. Une aide d’urgence a été annoncée par Québec au début du mois d’octobre, mais cette dernière se fait toujours attendre pour plusieurs propriétaires.

Si M. Bélanger trouve que les démarches pour les diverses mesures d’aide du fédéral sont faciles à faire et efficaces, il déplore qu’il n’en soit pas le cas pour celles au niveau provincial. Selon lui, ces démarches sont «longues et compliquées». Il a d’abord dû présenter ces états financiers pour l’année, devançant ainsi la fin de son année fiscale et devant débourser pour les services d’un comptable.

Le propriétaire de l’EtOH sent aussi un manque de flexibilité de la part du gouvernement provincial. Il aurait fortement apprécié un assouplissement des règlements en matière de distribution des produits alcoolisés pour permettre aux petites brasseries comme la sienne de vendre ses produits dans les commerces et les dépanneurs. «Ça aurait vraiment aidé», conclut-il.

Brasserie EtOH

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Image de couverture: courtoisie: EtOH Brasserie – Facebook. Date: 15 avril 2020

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