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La Tourbière : l’accessibilité des produits d’herboristerie

La Tourbière : l’accessibilité des produits d’herboristerie

Comment faire une cure détox? Avec quels produits? Pendant combien de temps et à quelle fréquence? Les questions sont nombreuses et les réponses manquent parfois. Avec ses études pour devenir herboriste, aromathérapeute et naturothérapeute, Véronique Chartrand considère avoir le potentiel de créer beaucoup et transmettre. Elle commence par La Tourbière.

«Même si l’herboristerie existe depuis des milliers d’années, qu’on appelle ça de l’herboristerie de la médecine traditionnelle, c’est nouveau parce qu’actuellement ce qui est populaire, c’est la médecine moderne, souligne l’entrepreneure. On se fie beaucoup à ça pour de très bonnes raisons, surtout en ce moment, on ne peut vraiment pas dénigrer ce domaine, mais on veut aussi voir quelles sont les alternatives. Ce qui m’a intéressée du domaine de l’herboristerie, c’est que j’aime beaucoup apprendre plusieurs choses et je ne me voyais pas aller dans un domaine d’études qui me permettait seulement de faire une chose toute ma vie avec un encadrement très précis.»

Elle imagine entre autres la création de cours et des ateliers de fabrication. Elle a déjà eu l’occasion de présenter des conférences, dont une sur une trousse à base de plantes médicinales pour la survie en forêt. Elle a également travaillé comme animatrice horticole pour les jardins communautaires de Montréal et elle a notamment abordé les plantes médicinales qu’on retrouve dans les plantes aromatiques, comme la menthe et le romarin. En voie d’obtenir son diplôme, elle a réalisé ces activités dans le cadre de ses études à l’Académie Herb’Holiste de Montréal.

«C’est l’un des rares diplômes du domaine qui est reconnu tant par la Guilde des herboristes que par certaines associations de naturothérapie. Dans le domaine de l’herboristerie, il y a seulement trois diplômes qui sont reconnus sur les multiples écoles qui existent dans la province. Ce sont des domaines qui sont acceptés et possibles d’être pratiqués au Québec sans avoir de reconnaissance gouvernementale, dans le sens où il n’y a pas d’Ordre des naturopathes ou d’Ordre des herboristes au Québec», fait remarquer Véronique Chartrand.

Crédit photo: La Tourbière

Au rythme des saisons

Avec La Tourbière, elle vend des produits d’herboristerie issus de ses plantations comme la calendule ainsi que de ses cueillettes dans la nature, par exemple les pousses de sapin baumier et le plantain.

«Ma philosophie de création est d’aller avec une thématique, mais des fois on pense à une idée et la nature nous amène d’autres envies, sourit-elle. Par exemple, le kit pour maux de tête, je n’aurais pas pensé le faire avant de découvrir dans mon cours de plantes médicinales de cet été la reine des prés qui est anti-inflammatoire, spécialiste pour les douleurs de la tête. Quand j’ai vu la beauté de cette plante, je suis tombée en amour, j’ai commencé à en faire pousser et à créer des produits.»

Elle offre maintenant une gamme d’hiver qui comprend quatre regroupements de produits différents: pour la musculature et l’articulation, la relaxation, les maux de tête et les maux d’hiver. Au printemps, elle devrait en développer de nouveaux, dont un kit pour les allergies saisonnières.

«Ce qui est beau de l’artisanat, c’est que ce n’est pas tout le temps qu’on en a, donc on va en profiter tant qu’on en a. Ça revient aussi un peu à la mentalité de diminuer un peu la surconsommation, d’y aller au moment présent et d’acheter au bon moment», considère Mme Chartrand.

Proximité avec la clientèle

«Mon but est de vendre des produits naturels, de les rendre accessibles et de pouvoir les faire découvrir, affirme l’entrepreneure qui aimerait pouvoir avoir une place sur des marchés. J’ai aussi envie de permettre aux gens de répondre à leurs questions, que ce soit par des capsules vidéo, deux ou trois phrases pour expliquer un mot. Par exemple, juste le titre La Tourbière, j’ai eu beaucoup de questions à ce sujet et c’est une des raisons pour lesquelles je l’ai choisi, pour le faire connaître. C’est un écosystème qui est grandiose dans le nord du Québec, qui est hyper important pour l’écosystème et pour les luttes contre les changements climatiques.»

Les clients visés sont les gens qui écoutent leur corps et qui s’intéressent un peu à l’herboristerie. «On ne parle pas de produits naturels qui ont été conseillés après une consultation en herboristerie. C’est sûr qu’il faut que les gens soient conscients de leur condition de santé. Il n’y a rien qui est dangereux en soit pour le corps, mais il ne faut pas non plus penser tomber dans l’exagération. Souvent, on entend « C’est juste des plantes, ce n’est pas dangereux ». Ce n’est pas pour faire peur, mais il y a des molécules à l’intérieur, donc il faut savoir ce qu’on consomme et à quelle fréquence on consomme les choses», prévient Véronique Chartrand, qui encourage donc les gens à continuer de poser des questions.

«Depuis le début de la pandémie, c’est incroyable le retour à la nature que les gens recherchent et les questions que les gens se posent sur la santé, insiste-t-elle. Qu’est-ce qu’on peut faire pour prévenir des déséquilibres? Il y a tellement de questions! L’information parfois est manquante ou … Google, c’est intéressant, mais on peut aussi écrire n’importe quoi sur Internet, donc c’est savoir comment bien chercher l’information. Avoir des personnes qui connaissent le domaine, qui ont un background et des connaissances, c’est quand même intéressant de pouvoir se fier à ces gens. Il y a évidemment beaucoup d’ouvrages aussi.»

Elle souhaite aussi offrir une conférence sur les réseaux sociaux sur un sujet choisi par ses abonnés.

Crédit photo: Julian Rebert

Un travail d’équipe

Elle s’est entourée de plusieurs professionnels pour se lancer. Ses photographies ont été prises par son ami Julian Rebert. Son logo et son design d’étiquettes ont été réalisés par son amie graphiste Rachel Lafleur. Son site Internet a été créé par son conjoint Nicolas Vazeille. Elle alimente elle-même ses réseaux sociaux, mais elle envisage à long terme de déléguer cette tâche.

Elle explique avoir eu beaucoup de tâches à gérer en même temps et avoir rencontré quelques défis de jeune entrepreneure qui lui ont permis de beaucoup apprendre.

«Ne jamais sous-estimer le graphisme, c’est hyper compliqué de convertir un logo. Une photo Instagram et Facebook, ce n’est pas du tout la même affaire. Pour un site web, les conversions sont complètement différentes… L’imprimerie aussi demande beaucoup d’énergie et de temps à comprendre. Il n’y a pas nécessairement un imprimeur qui imprime les étiquettes à la taille des pots que tu veux. C’est une logistique de créer une étiquette sur Illustrator par exemple, de trouver une manière de l’imprimer avec un papier qui est collant, à l’épreuve de l’eau et des graisses. Et les tailles de pots sont différentes. D’un pot de 50ml à 20ml, que ce soit le même pot, mais de grosseur différente, l’étiquette va différer!», avertit la Montréalaise.

C’est le plaisir derrière la création de produits qui lui a permis d’arriver au bout de son lancement, un mélange de chimie et de connexion avec la nature.

🌿La Tourbière

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