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Mylène Cave, ébéniste et propriétaire de La Mylenisterie

Mylène Cave, ébéniste et propriétaire de La Mylenisterie

Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

Mylène, 30 ans, j’ai déjà vécu plusieurs vies avant de me reconvertir en ébénisterie d’art. Je suis passée par un prix de conservatoire en hautbois, cheffe de choeur en musiques actuelles, directrice musicale à écrire des arrangements musicaux et organiser des tournées en France, mais aussi responsable logistique administrative du festival “Esperanzah!” en Belgique pendant plusieurs années et intervenante de langue française dans une école secondaire au Royaume-Uni. Entre autres.

Je vais terminer mes 4 années d’études à l’École d’ébénisterie d’art de Montréal dans quelques semaines. Durant mes études, j’ai cofondé le Collectif Avoyage (2017-2019) et j’ai créé La Mylenisterie, ma compagnie. Je travaille en restauration de meubles avec Les Gaspilleurs depuis quelques mois, nous venons de nous installer dans un nouvel atelier!

Votre emploi et titre actuel?

Boisselière passionnée à La Mylenisterie, restauratrice de meubles avec Les Gaspilleurs et transformatrice de la matière. Et étudiante en ébénisterie d’art pendant encore quelques semaines!

Un mot pour définir quel type de travailleuse vous êtes…

Persévérante.

Qu’est-ce qui rend La Mylenisterie unique? 

Je travaille le bois en utilisant des techniques traditionnelles et non traditionnelles avec un intérêt pour les nouvelles technologies et les autres arts. Je me spécialise dans l’art décoratif ou comment un détail peut rehausser l’intérêt que l’on a d’un meuble déjà existant, d’un objet, ou d’en faire complètement changer la perspective. Mes médiums principaux sont la marqueterie (l’art de découper de fines feuilles de bois massif et d’agencer le puzzle fabriqué pour créer un dessin), la peinture en créant des motifs géométriques et l’utilisation du veinage naturel du bois qui est magnifique.

Je veux créer du sens, des émotions et de la douceur pour que mon art soit au service de ce qui est vraiment important: prendre soin de soi et des autres, être un support pour permettre d’exprimer ce qu’on n’arrive pas à exprimer avec des mots, ressentir, se connecter à la nature. J’adore transformer ce qui existe déjà. Je récupère le bois et d’autres matériaux destinés à être jetés pour créer autre chose avec et le réintégrer dans notre société.

Quelle est la taille de votre entreprise?

Je suis toute seule à La Mylenisterie. Nous sommes 3 aux Gaspilleurs.

À quoi ressemble votre espace de bureau?

Sur mon bureau il y a un gros pilea que j’adore et environ 5 projets différents en cours de construction à base de tests de placages de bois, de couleurs, teintures végétales, expérimentations de résine. J’ai parfois la place pour mon ordinateur. J’ai vue sur mon violoncelle et je suis entourée d’étagères avec du matériel de fabrication de bijoux, moulage, tissus, pierres (je regarde en même temps que j’écris), mon casque audio, poudre de henné pour les tatouages et divers matériaux en attente de projets.

«J’adore transformer ce qui existe déjà. Je récupère le bois et d’autres matériaux destinés à être jetés pour créer autre chose avec et le réintégrer dans notre société.»

Avez­-vous une façon particulière d’organiser vos journées afin d’optimiser votre travail? 

Je fais des listes que je ne lis jamais, mais écrire me permet de savoir où j’en suis. J’arrive à avoir suffisamment de recul pour m’organiser sur le court et le long terme. Mes journées sont intensément remplies, je m’étais imposée un jour de congé par semaine (bonne résolution 2020), mais je n’ai pas réussi.

Quels «trucs» conseilleriez­-vous pour améliorer la productivité? 

Dormir! Et avoir du fun.

Vous êtes meilleure que vos collègues de travail pour…

Je suis seule à La Mylenisterie, mais je ne suis pas meilleure que mes collègues avec Les Gaspilleurs. Karel est un super ébéniste hyperactif, enthousiaste et Audrey est une rembourreuse passionnée et amoureuse des couleurs. Moi j’ai l’énergie de mettre en place la créativité que j’ai en tête et cette créativité est un moteur stimulant incroyable. Nous sommes complémentaires!

Comment contrôlez-vous la croissance de votre compagnie? 

La Mylenisterie est une jeune compagnie. Pour l’instant, je cherche tranquillement à me faire connaître pour proposer mes produits et ateliers par la suite. Je ne fais pas encore assez de recettes pour en vivre et je ne souhaite pas m’imposer cet objectif, car c’est une pression inutile qui empêche la créativité.

Pour Les Gaspilleurs, nous prenons des contrats de restauration et de rembourrage de meubles, contactez-nous!

Qu’est-ce que votre design reflète? 

Mon design prend son inspiration dans la nature, les femmes et la recherche d’équilibre dans sa vie. Trouver un équilibre est une affaire de balance, rien n’est stable, en constante adaptation. Si l’on souhaite quelque chose, nous devons prendre en compte son opposé pour que ce soit durable. Si l’un des deux côtés est plus fort que l’autre, un déséquilibre apparaît. Dans mon design, cette idée apparaît dans les contrastes de formes, de matériaux ou de couleurs. Mes créations ont souvent des motifs cubiques qui symbolisent la stabilité. Cette stabilité est équilibrée par le mouvement illustré par des courbes. C’est aussi une métaphore de mon ressenti, de l’équilibre entre le monde matériel et immatériel, de mon corps stable et du mouvement créatif qui m’habite.

Je conçois mon design en dessinant dans un premier temps. Je dessine le mouvement et c’est le geste de ma main qui définit les courbes. Une fois que j’ai une base, je la travaille, j’efface et je recommence, je garde les idées qui me parlent, puis je modélise parfois sur Onshape.

Dans le cas du meuble «Métamorphose» que je suis entrain de fabriquer (la métaphore de la rencontre avec quelqu’un, exposition à La Factry du 5 au 7 juin 2020, Montréal), j’ai demandé à l’artiste Chlove de dessiner les illustrations de femmes pour mes deux marqueteries. Je commence les collaborations artistiques! Je vais également y mettre un miroir infini avec un système d’éclairage à l’intérieur, je vous invite à venir découvrir tout ça pendant l’exposition.

«Revaloriser est une volonté de limiter mon impact environnemental. J’ai déjà tout ce qu’il me faut à disposition pour pouvoir exprimer ma créativité sans couper des arbres.»

Qu’est-ce qui vous inspire et vous motive à aller au travail chaque jour? 

La stimulation de mes projets! Savoir que mes idées ont la possibilité de se concrétiser.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné? 

C’est en observant qu’on apprend.

Quel est votre meilleur truc pour sauver du temps? 

Créer des journées de 36 heures.

Quels ont été vos plus grands défis en tant qu’entrepreneure?

Que les gens comprennent ma démarche. Récupérer des meubles qui vont être jetés pour les décaper, les réparer, les remettre à neuf et/ou les transformer est un processus qui nécessite beaucoup d’heures de travail. Revaloriser est une volonté de limiter mon impact environnemental. J’ai déjà tout ce qu’il me faut à disposition pour pouvoir exprimer ma créativité sans couper des arbres.

Si je veux vivre de mon métier, j’ai besoin de facturer ces heures de travail. Certaines personnes confondent «remise à neuf» avec «seconde main» sous prétexte que le meuble a déjà eu une vie avant d’être passé dans mes mains. Mon travail de restauration de meuble est un métier d’art qui n’a rien à voir avec les organismes de récupération de seconde main (qui sont essentiels, soit dit en passant).

Quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu’un qui souhaite démarrer son entreprise?

Prendre son temps et s’assurer un minimum de sécurité financière pour ne pas se créer sa propre prison et que la priorité de création devienne malgré soi une priorité de survie financière.

💥 La Mylenisterie

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