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Dans l’atelier de Patrick Seymour: Se perfectionner (et relaxer) avec la gravure numérique

Dans l’atelier de Patrick Seymour: Se perfectionner (et relaxer) avec la gravure numérique

Le dessin à la main? Très peu pour lui. La tablette graphique? Encore moins. Un carnet de croquis sous la main gauche et la main droite à l’ordinateur, il aime la précision de la souris. Car c’est avec les logiciels Adobe Illustrator et Photoshop que Patrick Seymour réalise ses illustrations. Rencontre.

Patrick Seymour – Photo : Renée Heppleston

Bonjour Patrick! Comment décririez-vous vos illustrations?

J’ai différents styles, je fais celui [que je présente] en ligne depuis plusieurs années. J’ai toujours voulu faire de la gravure, mais mes mains tremblent, c’est pour ça que je fais pratiquement tout grâce à Adobe Illustrator. Ça me laisse l’opportunité de faire des lignes droites comme ce sont des calculs mathématiques. J’aime beaucoup M.C. Escher et la gravure en noir et blanc. J’essaie de reproduire ce style en vectoriel pour recréer ce que je ne peux pas faire à la main. La description qui revient le plus est la gravure numérique.

Avez-vous trouvé plus de liberté créative dans cette limite qu’apporte un logiciel?

Adobe m’a mis en couverture du logiciel, mais je ne pense pas le connaître à plus de 15-20%! J’utilise les outils qui me servent quotidiennement. J’ai un avantage, ou un inconvénient; être illustrateur n’est pas mon métier, je suis directeur artistique. Je fais des illustrations et du design pour mon plaisir personnel. J’ai commencé pour améliorer mon travail au quotidien, avec beaucoup de typographies pour me pratiquer. C’est moins un principe créatif qu’une volonté de réussir à faire les choses au niveau technique, donc je n’ai jamais eu de contrainte créative. Pour moi, ça a toujours été l’idée des courbes de Bézier, faire mes illustrations m’aide à recréer des logos dans mon travail, à détourer les images plus rapidement ou à faire des campagnes publicitaires efficacement. 

«Mon concept est de ne pas avoir de concept!»

À ce propos, dans quelle mesure combinez-vous votre métier de directeur artistique et vos activités d’artiste visuel?

Je ne prends pas beaucoup de contrats, je veux que ça reste un passe-temps. Je fais ça pour m’amuser donc j’accepte les contrats qui me parlent, comme récemment pour Bref Mtl et URBANIA. J’en ai une quinzaine par année. Mon métier m’aide à avoir cette liberté. Mon style semble complexe, mais ça ne me prend pas beaucoup de temps, une heure, parfois moins. Souvent je vais avoir une petite commande que je ferai durant l’heure du midi ou en arrivant chez nous. J’ai de la chance, mes patrons me laissent cette flexibilité et comprennent que je peux être autant directeur artistique qu’illustrateur à mon compte! 

Collaboration avec la galerie-boutique Bref Mtl.

Pouvez-vous nous parler d’un projet dont vous êtes particulièrement fier?

Je suis fier quand j’ai fait quelque chose qui a une plus grande portée que ce à quoi je m’attendais, comme lorsqu’Outline Montréal m’a approché pour faire des masques lumineux qui réagissent en fonction du son. C’est vraiment cool, car c’est parti d’une illustration que je ne pensais même pas imprimer, qui était sur mon ordinateur à la maison, et qui finit sur un objet qui marche au son digital, que je peux toucher et avec lequel je peux jouer. 

Vos dessins semblent empreints de synesthésie [phénomène par lequel plusieurs sens sont associés, comme associer des couleurs à des sons]. Est-ce volontaire?

J’essaie de garder ce qui est conceptuel pour le travail. Mon concept est de ne pas avoir de concept! C’est pour ça que je fais des lignes de dessin difficiles, je vois ça comme de la peinture à numéro ou des motifs à colorier, les mandalas super complexes sur lesquels le monde passe du temps. J’essaie d’avoir le moins de pensées possible et je me vide la tête. Dessiner m’aide à relaxer. Autant dans mon métier je me casse la tête pour trouver la meilleure idée, autant là j’essaie de faire exactement l’inverse avec mes illustrations [rires]. 

Vos illustrations représentent souvent des animaux. Pourquoi?

J’ai toujours aimé les visages, ça parle beaucoup. C’est parti d’une contrainte, car j’étais moins bon en commençant. Faire des animaux de face me permettait de créer la moitié du visage et de la dupliquer de l’autre côté; ça me prenait la moitié du temps. J’ai fait beaucoup de contrats pour des compagnies qui voulaient un angle vraiment droit. Comme je travaille pour moi-même, ce n’est pas comme si je pouvais me payer des mannequins ou prendre des photos. Tout le monde peut reconnaître un lion ou un gorille, après je peux lui insuffler de l’émotion ou la touche que je veux. 

✍️ Patrick Seymour

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