Close
Close

Votre panier est vide.

Loounie: Cuisine végane, compassion et Instagram

Loounie: Cuisine végane, compassion et Instagram

Son métier d’ergothérapeute l’amenait à simplifier la vie de ses clients. C’est d’ailleurs la simplicité et l’accessibilité de ses recettes qui sont au coeur de son succès. Délicieuse rencontre avec Caroline Huard alias Loounie, la cuisinière végane décomplexée dont le compte Instagram a explosé avec sa fameuse recette de «tofu magique». Elle nous parle de son parcours, de son nouveau livre et de ses projets à la radio et la télévision.

Courtoisie Loounie.

Bonjour Caroline. Comment te décris-tu?

C’est une bonne question, car cela fait seulement 5 mois que j’exerce mon métier actuel à temps plein! Au fil du temps, je me suis rendu compte que je suis avant tout une communicatrice, ayant pour passions la santé mentale et la cuisine. J’utilise mes plateformes pour parler de ces sujets qui se recoupent.

Comment as-tu choisi ce surnom, Loounie?

C’est simplement mon nom de famille en anglais. Un loonie, c’est une pièce de 1 dollar, en référence au huard qui se traduit ainsi en anglais. Cela signifie également «un peu fou», et comme je suis assez créative je suis bien à l’aise avec ça aussi [rires]!

«Pour moi, la cuisine est en soi thérapeutique, et la cuisine végane est beaucoup axée sur la compassion.»

De l’ergothérapie aux recettes véganes, y a-t-il a un lien entre tout ça? 

Oui, vraiment. J’ai longtemps séparé ces deux passions, mais finalement le coeur des interventions en ergothérapie est lié aux activités qui apportent des bienfaits sur notre santé physique et mentale, et pour moi la cuisine a cet effet-là. C’est un outil que j’utilisais beaucoup avec mes clients en ergothérapie (ceux qui étaient en dépression par exemple). Pour moi, la cuisine est en soi thérapeutique, et la cuisine végane est beaucoup axée sur la compassion.

Courtoisie Loounie.

Tu affirmes être devenue végane presque sur un coup de tête, il y a bientôt 8 ans. Que s’est-il passé?

Je revenais d’un voyage chez des amis dans le sud-ouest de la France au cours duquel j’avais mangé beaucoup de foie gras, rillettes, fromages, jambon cru, etc. Je m’entraînais pour un demi-marathon et à mon retour au Québec, cela ne s’est pas bien passé malgré une bonne préparation physique. J’ai senti que j’avais besoin d’une remise à neuf au niveau de ma santé et un ami m’a parlé de l’alimentation végane. 

Rapidement, je me suis informée sur le traitement des animaux dans l’industrie et son impact environnemental, et c’est devenu une décision reposant sur d’autres raisons, avec un bonus pour ma santé. Finalement, je suis passée d’omnivore à végane en quelques semaines, sans passer par l’étape végétarienne.

Qu’est-ce qui t’a poussée à partager tes recettes sur ton compte Instagram?

J’habitais seule et je voulais que mon quotidien en cuisine ne soit pas ennuyeux, donc je me suis poussée à me renouveler et à préparer de belles assiettes en les prenant en photos. J’avais suivi un programme artistique au secondaire, mais j’avais ensuite mis mon goût pour les arts visuels de côté en m’orientant vers les sciences. J’ai ainsi redécouvert le côté visuel créatif et je l’ai partagé sur Instagram. La réponse a été importante, car il y avait peu de contenu végane à l’époque en français.

Comment t’est venue l’idée de la fameuse recette du tofu magique?

Je suis allé souper chez une amie non végane qui m’a servi un tofu avec une panure en levure alimentaire. J’ai trouvé l’idée absolument géniale! Le lendemain, j’ai fait des tests pour rendre cette recette encore meilleure et plus accessible. Je voulais un résultat ressemblant à du poulet, pour offrir une alternative aux gens. Lorsque j’ai trouvé une recette bien équilibrée, je l’ai partagée sur Instagram. C’était en mars 2018, mais la recette est vraiment devenue virale en janvier 2019, car quelques influenceurs en ont parlé sur Instagram, ce qui m’a fait gagner 10 à 15.000 nouveaux abonnés en 1 mois sur ma page!

«Je sais quelles sont mes valeurs: la compassion, l’accessibilité, la santé, la durabilité, l’environnement.»

Courtoisie Loounie.

Comment expliques-tu le succès de cette recette?

Souvent, les gens pensent que la cuisine végane est plus longue et compliquée et elle peut paraître inadaptée à une personne qui rentre fatiguée du travail. Cette recette permet de transférer une technique de base que l’on connaît, donc elle ne demande pas beaucoup d’effort. Et le goût est vraiment bon!

Comment as-tu fait décoller la renommée de ton blogue et de ton compte Instagram

Si je propose un contenu qui est utile, il va voyager, à la différence d’un contenu qui serait juste beau ou attirerait l’attention sur moi, sans apporter de valeur ajoutée aux gens. J’ai des recettes qui ont été enregistrées 700 ou 800 fois, car non seulement les gens les ont aimées, mais ils veulent s’y référer pour les refaire.

Tu as désormais différents partenariats. Quelles sont tes clés pour garder ton éthique intacte?

Je sais quelles sont mes valeurs: la compassion, l’accessibilité, la santé, la durabilité, l’environnement. Ce qui m’a aussi vraiment aidée, c’est que pendant les trois premières années au cours desquelles j’ai établi des partenariats rémunérés, j’avais une activité salariée à côté. Et puis, à 38 ans, j’ai également une certaine maturité par rapport à d’autres influenceurs. Tout cela m’a permis d’accepter uniquement les partenariats qui rejoignaient mes valeurs et dont j’étais fière. Comme mes collaborations avec Métro par exemple, qui concernent des produits très peu transformés, pour amener les gens à cuisiner.

«Le livre a pour message d’amener les gens à cuisiner davantage. C’est aussi un guide pratique pour appliquer le guide alimentaire canadien: acheter le moins transformé possible et mettre les végétaux au coeur de l’assiette.»

Tu as finalement décidé d’arrêter l’ergothérapie il y a 5 mois…

J’aimais beaucoup ce métier, mais je me suis rendu compte qu’au niveau émotionnel, je n’étais plus disposée à soutenir des gens individuellement dans des situations lourdes. Et en commençant à travailler en équipe – notamment pour la préparation de mon livre -, j’ai réalisé que je n’avais plus envie de travailler seule et que je voulais être plus libre. Cela m’a pris énormément de courage de faire ce changement majeur, mais lorsque j’ai fait ce saut, les opportunités sont arrivées avec des propositions à la radio et à la télévision.

Parle-nous de la préparation de ton livre Loounie cuisine qui vient tout juste de sortir. Qu’as-tu voulu transmettre?

J’ai toujours su que je voulais écrire un livre, même lorsque j’étais ergothérapeute, mais je n’avais pas d’idées concrètes. En 2018, on m’a demandé de réaliser une conférence en lien avec la santé et j’ai parlé des bienfaits de la cuisine sur la santé mentale. La réponse a été très bonne et j’ai été approchée par des éditeurs. 

Le livre a pour message d’amener les gens à cuisiner davantage. C’est aussi un guide pratique pour appliquer le guide alimentaire canadien: acheter le moins transformé possible et mettre les végétaux au coeur de l’assiette. Ce n’est donc pas forcément un outil de conversion végane, car n’importe qui peut l’utiliser et on peut tout à fait agrémenter les recettes d’un peu de poulet grillé si l’on en a envie.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

PLUS QU’UNE SEMAINE! ✨💛🌿J’ai des papillons dans le ventre comme une jeune ado qui s’en va au bal de finissant avec un Backstreet Boy. 🦋 Quand je travaillais comme thérapeute, je me disais qu’un jour j’écrirais un livre. Et quand j’ai commencé à cuisiner, j’ai eu envie de faire un livre de recettes. Jamais je ne me serais doutée que mes deux passions pourraient un jour coexister dans un seul ouvrage. 😭 Quand j’ai tenu mon bébé dans mes mains pour la première fois vendredi dernier, je me suis dit que ce livre-là, c’était moi, mais en livre. Une version papier de Loounie. 😊 Vous y trouverez une centaine de recettes complètement végétales (et tellement délicieuses!) mais aussi une foule d’informations, de pistes et de réflexions pour être un peu plus doux et pour avoir beaucoup plus de fun en cuisine. Merci à la belle gang de KO qui a cru en moi et qui a rendu tout ça possible (je vous aime, et vous n’avez pas fini de me voir au bureau! ❤️) @koeditions || Disponible progressivement à compter du 11 septembre dans toutes les bonnes librairies! (Et si vous l’avez acheté en prévente, surveillez votre boîte aux lettres autourde cette date!) 🙌🏻 #loouniecuisine #vegan

Une publication partagée par Caroline Huard 🌿 (@loounie) le

Dans le magazine Caribou, tu as confié que tu avais dû adoucir ton rapport avec le véganisme. Comment vis-tu le fait d’être végane aujourd’hui?

Lorsque je suis devenue végane, je ressentais cela comme une façon de me définir. Au bout d’un an à manger beaucoup de produits transformés et trop de soya, – car j’avais moins de réflexes en cuisine à l’époque-, je n’étais pas à mon meilleur physiquement. J’avais des cravings d’oeuf et mon médecin m’a conseillé d’en réintroduire un peu de temps en temps. Je suis sortie de son cabinet en pleurs, comme si mon monde venait de s’écrouler. J’ai écrit à l’autrice Élise Desaulniers et elle m’a aidée à déculpabiliser. 

Depuis 8 ans, j’ai dû manger deux douzaines d’oeufs et je suis en paix avec cela. J’ai aussi des bottes en cuir, car j’habite à Montréal, je marche beaucoup et c’est la solution la plus durable que j’ai trouvée. J’accepte aussi occasionnellement un gâteau contenant de l’oeuf qui m’est offert par une amie. Chacun doit trouver sa manière de vivre cela. Personnellement je suis plus souple, plus douce avec moi-même. 

Une astuce pour se faciliter la vie quand on est végane?

Consacrer un peu de temps une fois par semaine à faire des préparations qui vont nous faciliter la vie en cuisine le reste de la semaine. Je ne suis pas une adepte du meal prep mais il suffit de passer une heure pour faire cuire du quinoa par exemple. Laver et préparer des légumes, faire mariner des ingrédients et/ou faire cuire des légumineuses en grande quantité. Après, il restera essentiellement de l’assemblage.

Quelles sont tes adresses véganes préférées à Montréal?

Les sushis créatifs de Sushi Momo sur Saint-Denis, le restaurant italien Radis sur Bernard Ouest, ou encore Umami Ramen sur Clark. Et les produits cosmétiques de la boutique BKIND sur Saint-Laurent, qui appartient à une de mes amies.

Loounie. Crédit photo: Isabelle Delorme.

Quels sont tes projets à venir?

Mon plus gros projet est l’émission Moi je mange, qui va débuter le 17 septembre sur Télé Québec. Ce nouveau rendez-vous culinaire animé par Stéphane Bellavance sera axé sur la cuisine responsable et je serai aux côtés d’autres chroniqueurs comme Bernard Lavallée, Florence Léa-Siry et Simon Deslauriers. Différents thèmes seront abordés et 50% du contenu sera végane. Je serai aussi de retour à la radio en décembre avec l’émission Bien entendu de Stéphan Bureau, sur Radio Canada. Et j’ai aussi un site web en construction!

🍽️🥦 Loounie

InstagramFacebook

Close
↓ CECI EST UNE PUBLICITÉ ↓
↓ CECI EST UNE PUBLICITÉ ↓