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Thomas Pierre, fondateur de la Brasserie Artesienne

Thomas Pierre, fondateur de la Brasserie Artesienne

Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

Située dans le nord, notre brasserie est à l’échelle familiale. Nous produisons des bières artisanales de qualité dans le respect des traditions des bières du nord.

Pendant mes études (en 2004?), nous allions régulièrement avec un ami en Belgique (40km de chez moi) pour faire le plein de bières que l’on ne trouvait pas forcément en France. Étant étudiant, avec un budget limité, on s’est dit que nous allions tenter de la fabriquer nous-mêmes (mon beau-père avait reçu un kit pour Noël, ce qui m’a fait prendre conscience que le brassage à la maison était possible). Nous sommes donc allés non loin de la frontière chez un commerçant proposant des kits, des matières premières et surtout des démonstrations et des conseils.

Nous avons brassé environ un an par 30L, puis 70L. Nous «distribuions» aux copains afin d’avoir des retours concernant le goût et la qualité. En un an, trois recettes étaient au point. Nous avons donc démarré une micro entreprise, où nous brassions le samedi en même temps que nous vendions.

J’étais encore à l’école à cette époque, à Lille. J’avais démarché quelques magasins et j’allais les livrer quand les cours ne m’intéressaient pas. J’ai terminé les études en juillet 2007, j’ai fermé la première entreprise et en ai créé une plus grosse en août, mais cette fois-ci seul. Mon beau-père et mon copain avaient tous les deux un travail.

Votre emploi et titre actuel? 

Direction de la brasserie Artesienne, mais concrètement je fais tout (brassage, comptabilité, marketing, commercial, entretien, maintenance, etc.). Nous ne sommes que deux. La personne salariée m’aide lors de l’embouteillage et fait beaucoup de livraisons.

Dans quelle ville? 

Haisnes. À 2h au nord de Paris, à 25km de Lille et 35km de la Belgique.

Un mot pour définir le type de travailleur que vous êtes…

Polyvalent.

D’où vient votre intérêt pour la microbrasserie? 

Du gout pour la bière et le travail «manuel». Du fait qu’il n’y ait pas de routine, mais ça je l’ai découvert en travaillant.

Qu’est-ce qui rend votre bière unique? 

Sûrement le fait que mon matériel de brassage soit unique. En effet, je n’ai pas acheté une brasserie «clef en main», mais j’ai conçu le matériel à partir de cuves utilisées à la base dans les laiteries (tank à lait). J’ai changé plusieurs fois le matériel afin d’accompagner mon développement. J’ai eu une 5hl, 9hl, 18hl et à l’heure nous avons contruit une brasserie de 35hl (produit fini).

Pourquoi? Pour deux raisons. La première est économique; une brasserie clef en main de 30hl peut facilement coûter entre 500 000 euros et 1 million d’euros. La deuxième est que j’aime créer et faire des choses avec les mains!

Quels outils sont essentiels à votre vie? 

Dans la vie professionnelle, le traducteur de Google. En effet, étant situé dans un carrefour entre plusieurs pays, on travaille beaucoup avec la Belgique (wallons et flamands), l’Allemagne et l’Angleterre (surtout pour les achats de matériels ou autres).

Je parle anglais pas trop mal, mais pour l’allemand ou le flamand, c’est très proche du zéro.

À quoi ressemble votre espace de bureau? 

Une montagne de papiers avec une table dessous, un PC et des dessins de mon fils…

Avez­-vous une façon d’organiser vos journées afin d’optimiser votre travail? 

Pas vraiment. Étant deux, il faut toujours être au four et au moulin.

Quels «trucs» conseilleriez­-vous pour améliorer la productivité? 

S’organiser et concevoir le matériel afin de pouvoir réaliser le brassage en même temps que l’embouteillage.

Faire de gros brassins, afin de ne pas brasser tous les jours, car on oublie souvent que lorsqu’on a fabriqué la bière, il faut aller la vendre….

Vous êtes meilleur que vos collègues de travail pour…

Arriver tôt! J’habite à 45 secondes de la brasserie.

Comment contrôlez-vous la croissance de votre microbrasserie? 

Je ne la contrôle pas vraiment. En fait, un point positif d’avoir une brasserie «conçue» maison, c’est que je n’ai pas de gros prêts à la banque, donc je ne dois pas absolument vendre pour vendre. Ça me laisse l’esprit relativement libre!

Nous produisons plus que l’objectif de départ et nous grossissons tous les ans sans réellement faire de grands efforts pour chercher des clients. Nous sortons régulièrement des nouveautés et brassons ce que l’on a envie d’abord (première brasserie française à commercialiser une bière sans gluten en 2011, bière au chanvre, fabrication de kits à bière, etc.).

Quelle est votre stratégie afin de faire connaitre votre bière? 

Franchement, je travaille déjà énormément la semaine, je garde le week-end pour ma vie de famille. Je n’organise donc pas de dégustations. Nous sommes présents sur les salons, mais c’est une amie qui tient le stand.

Quand je crée une bière, je cherche à ce qu’elle se vende elle-même (étiquette et nom sympa pour inciter au premier achat puis une bière de qualité pour que les consommateurs y reviennent).

À propos du design, qu’est-ce que votre marque souhaite refléter? 

Quand je crée une marque, j’essaie toujours de mettre un peu d’humour à mon image. La dernière en date est la «fée torchette», une sorte de cousine de la fée clochette, mais qui aime la bière! Pour celle-ci, c’est un ami qui a glissé dans la conversation ce nom en parlant d’une de ses amies, BINGO!

Par qui et comment le design a-t-il été conçu?

La plupart du temps, je dessine moi-même les logos. Polyvalent, je vous dis! Pour la fée torchette, j’ai fait appel à une graphiste.

Ma filleule est également graphiste et réalise de superbes design dont une nouvelle bière qui est sur le point de sortir!

Qu’est-ce qui vous inspire et vous motive à aller au travail chaque jour? 

Le fait que je vais toujours avoir des surprises (souvent des bonnes, parfois des mauvaises). Je ne sais jamais de quoi mes journées vont être faites, donc pas de routine!

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné? 

De ne pas vendre un mauvais brassin (c’est très rare, mais ça peut arriver). Et bien sûr contrôler, tester et surtout tout noter… Une réputation est plus facile à défaire qu’à faire…

Quels ont été vos plus grands défis en tant qu’entrepreneur?

Au début surtout, être pris au sérieux. J’avais 21-22 ans lors de l’ouverture de la première brasserie. Mais j’ai su prouver mon savoir-faire.

Quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu’un qui souhaite démarrer une brasserie? 

D’être rigoureux et intransigeant afin d’atteindre (ou de viser) une qualité optimale.

À la fin d’une journée, quelle sorte de bière buvez-vous pour vous détendre? 

Tout dépend la journée et de la météo. J’aime aussi bien les pils légères que les brunes bien lourdes.

Brasserie Artesienne

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