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Jérome Martinez, brasseur et fondateur de La Montreuilloise

Jérome Martinez, brasseur et fondateur de La Montreuilloise

 Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

Je m’appelle Jérome Martinez et je suis depuis 5 ans le créateur et brasseur de la brasserie La Montreuilloise, située à proximité de Paris.

La brasserie est une «seconde vie professionnelle» pour moi. J’ai travaillé plus de 20 ans dans une ONG de défense des droits humains en France. J’ai ensuite découvert par une connaissance le brassage amateur, et cette passion a fini par devenir mon métier!

Votre emploi et titre actuel?

Je suis le créateur, gérant, et brasseur de La Montreuilloise.

Dans quelle ville?

Montreuil est située à la proximité immédiate de Paris, en Seine St Denis.

Un mot pour définir quel type de travailleur vous êtes.

Obstiné et passionné. Indispensables pour ce métier exigeant !

D’où vient votre intérêt pour la microbrasserie?  

J’ai découvert la bière par plusieurs voyages en Écosse et en Irlande. C’est la convivialité, la diversité des bières qui m’ont donné envie de faire ce métier.

La chance ensuite, de croiser un brasseur à un moment de changement professionnel dans ma vie. Il m’a donné le déclic.

Qu’est-ce qui rend votre bière unique? 

Je n’aurais pas la prétention de considérer mes bières «uniques». 

C’est d’abord la complexité gustative et aromatique qui m’intéresse dans une bière. J’essaye de construire mes bières d’abord par cette approche des sens plutôt que par l’identification à des styles, avec leurs caractéristiques précises et codifiées. La bière reste pour moi une affaire de plaisir!

J’ai également toujours considéré que la qualité et l’intérêt de mes bières étaient inséparables de la démarche que je souhaitais respecter pour leur fabrication. Depuis le départ de La Montreuilloise, j’ai rejoint le mouvement Nature & Progrès, qui est le plus ancien mouvement de promotion de l’agriculture biologique en France. Je respecte de ce fait un cahier des charges très précis, qui encourage l’usage de matières premières bio, locales et produites avec une rigoureuse démarche sociale et environnementale. Je vais ainsi n’utiliser que des houblons produits au plus prêt de la brasserie, soutenir donc l’installation de nouveaux producteurs et de nouvelles filières locales pour les malts. C’est une démarche exigeante, car la France a encore du retard sur la ré-émergence de filières bio sur les malts et houblons. Et cela a bien sûr des conséquences sur mes bières, car je dois explorer d’autres voies que le houblonnage massif pour donner de l’originalité!

 Quelle est la taille de votre brasserie? 

Je produis 400 hl par an. C’est un volume assez réduit, surtout au vu du développement du marché de la bière artisanale en France. 

Quels outils sont essentiels à votre vie? 

Aucun absolument à vrai dire. Je suis de la vieille école: un carnet dans la poche, des notes sur mon bureau, etc.

À quoi ressemble votre espace de bureau? 

Je pratique le désordre organisé, avec des étagères dédiées à des aspects de ma vie: littérature utile, tests de bière à ne pas oublier, et bien sûr, les nécessités de l’activité: commercial, comptabilité, administration.

Avez­-vous une façon d’organiser vos journées afin d’optimiser votre travail?

La règle de base pour moi est de ne pas avoir peur de se lever tôt! Les opérations de brassage, embouteillage, conditionnement peuvent être longues. La patience reste une qualité pour les brasseurs!

Au fur et à mesure du temps, de la maitrise de son matériel, chaque geste est pensé, afin d’améliorer la qualité des bières bien sûr, mais aussi de gagner du temps, de l’énergie, de minimiser son impact sur l’environnement…

Quels «trucs» conseilleriez­-vous pour améliorer la productivité? 

Penser très en amont le processus de fabrication, des espaces de livraison/stockage en chambre de garde des bières. C’est un élément important du gain de temps et d’énergie dans une brasserie. 

Analyser à partir de cela les points faibles dans ce processus: dans mon cas le besoin d’investir sur une chaine d’embouteillage plus efficace afin de gérer les gros moments de production.

Et ne pas avoir peur de rencontrer beaucoup de brasseurs-euses et de partager avec eux/elles sur ses questions et doutes.

Vous êtes meilleur que vos collègues de travail pour…

J’ai développé depuis plusieurs années des ateliers d’initiation au brassage de la bière, qui ont accueilli en 5 ans plus de 2 500 participants. Nous en avons publié il y a 3 ans et demi un livre (Faire sa bière à la maison – Éditions Tana 2016) qui s’est très bien diffusé. J’ai toujours eu le gout, de mes anciens métiers dans le monde associatif, de la transmission. J’aime partager ma passion du brassage et pense avoir quelques qualités dans ce domaine. 

Comment contrôlez-vous la croissance de votre microbrasserie? 

Le monde brassicole évolue très vite en France. De nouveaux acteurs arrivent, des brasseries ont des croissances très importantes, les brasseries internationales s’intéressent de plus en plus à ce nouveau marché.

Pour une petite brasserie comme la mienne, il est important de connaitre son environnement et de créer son propre «éco-système». Je suis très attaché à la dimension de «bière locale» et je privilégie les circuits bio et les circuits courts. Je suis persuadé que devant la multiplication des brasseries et leur développement, il y a une place pour des brasseries qui laissent la place à l’humain, à la démarche et à la qualité du produit.

C’est cette perception qui guide mes choix de développement, plutôt que l’impératif du volume de production.

Quelles votre stratégie pour faire connaitre votre bière? 

Faire de la brasserie un lieu ouvert, où les personnes puissent venir voir, partager et gouter les bières. Aller dans certains festivals bien sûr, et aller à la rencontre des consommateurs bien sûr, dans les lieux de vente, les bars et restaurants. C’est en cohérence avec l’idée de promouvoir une production exigeante à taille humaine.

À propos du design, qu’est-ce que votre marque représente?

Ma brasserie revendique sont ancrage local, à Montreuil, ville populaire et métissée de la banlieue parisienne. Montreuil est une ville ouvrière, qui revendique fort son identité ouverte et solidaire. Je voulais que le design de la brasserie traduise cette identité ouvrière et populaire. 

Par ailleurs, c’est une ville très artistique, avec de nombreux artistes, galeries, maisons d’édition. Je fais donc régulièrement travailler des dessinateurs, graphistes, photographes amis, en leur laissant carte blanche pour créer des étiquettes et des visuels. 

Comment et par qui votre design a-t-il été conçu?

Le design général a été créé par Sébastien Bosq, graphiste habitant à St Denis (93). Il a parfaitement saisi l’esprit de la brasserie, l’identité que je souhaitais transmettre.

Qu’est-ce qui vous inspire et vous motive à aller au travail chaque jour? 

La fabrication d’une bière est une somme de savoirs et d’expériences. Mais c’est un produit naturel, dont les réactions surprennent régulièrement! C’est cette surprise permanente qui me passionne.

Il est également très valorisant d’aller à la rencontre des fans de la brasserie. D’avoir leurs retours, leur enthousiasme ou leurs critiques.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné? 

Fait des bières qui te plaisent avant tout.

Quelles sont vos routines de fin et de début de journée? 

Faire le tour de la brasserie et «sentir» un a un les fermenteurs. Consulter les réseaux sociaux, notamment les brasseries à l’autre bout de la terre. Se dire que pendant que je dors, d’autres buvaient de très bonnes bières!

Quels ont été vos plus grands défis en tant qu’entrepreneur?

Surmonter les moments de doute.

Quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu’un qui souhaite démarrer une brasserie?

Penser à toutes ses dimensions: aimer la bière bien sûr, mais surtout ne pas avoir peur de l’eau et des tâches ingrates dont une brasserie regorge!

Réfléchir à son modèle économique dès le démarrage.

Avez-vous des nouveautés à venir? 

Je lance cette année des séries spéciales, des brassins uniques dont l’intérêt sera de proposer des recettes expérimentales dont j’ai envie depuis longtemps. 

Je commence ce printemps par une Black IPA à la framboise, avec quelques projets derrière pour revisiter quelques styles classiques européens, notamment autour des bières fumées.

À la fin d’une journée, quelle sorte de bière buvez-vous pour vous détendre? 

Je goute de nombreuses bières, échangées avec les collègues brasseurs de France. Mais il faut dire que j’ai un faible pour l’une des bières que j’affectionne le plus de La Montreuilloise, notre «Fleur de Montreuil» qui est une wheat ale aux fleurs de sureau. J’aime ses notes acidulées et légèrement mentholées. 

La Montreuilloise

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