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Mr Young: La première année en affaires

Mr Young: La première année en affaires

Et si l’intelligence artificielle se mettait au service de la santé mentale? C’est à cette cause que le robot Mr Young se dévoue en conversant à toute heure du jour et de la nuit avec ses amis Facebook. Le sujet principal des discussions? Trouver des solutions et pratiquer l’écoute active pour gérer une anxiété parfois accablante. 

Quelles victoires et embûches jalonnent le parcours des entreprises québécoises naissantes qui oeuvrent dans l’industrie fleurissant de l’intelligence artificielle? Baron fait le point avec l’un des jeunes créateurs du service, Édouard Ferron-Mallet. 

Bonjour Édouard! Parlez-nous un peu de vous et de votre parcours.

Je suis un jeune entrepreneur depuis deux ans. Je me passionne pour les nouvelles technologies et la manière dont on peut les utiliser pour porter des idées créatives au quotidien de tous. Je suis à Montréal depuis dix ans où j’ai complété un baccalauréat et une maîtrise, et j’y suis resté pour sa multidisciplinarité, sa culture et son aura d’innovation.

Une phrase pour résumer les débuts de votre compagnie? 

Une aventure trépidante et un apprentissage continuel.

Après un an en affaires, comment votre perception de votre compagnie a-t-elle évolué?

En un an, surtout en démarrage, on pivote fréquemment. En fait, le projet n’a pas beaucoup changé sur le plan de la mission, des objectifs et des valeurs. Dans la forme, il a cependant évolué, notamment dans la manière de présenter notre proposition de valeur et notre modèle d’affaires économique. Cela nous a pris plusieurs itérations avec le terrain et les professionnels pour en arriver à une formulation concrète. 

Nous ne sommes pas juste un produit (un agent conversationnel pour l’anxiété), mais plutôt un laboratoire d’expérimentation en technologies intelligentes pour la santé mentale. Cela correspond mieux à toutes les activités que nous avons entreprises depuis nos débuts pour soutenir nos efforts de développement d’un agent conversationnel pour l’anxiété.  

Quelle est la chose la plus importante que vous ayez apprise pendant la première année? 

Quand on s’engage dans un projet, il y a énormément de décisions à prendre avec des ressources qui sont limitées. On peut vite se retrouver confronté à des obstacles avant de résoudre un problème et prendre la meilleure des décisions par rapport à ce que l’on veut accomplir. J’ai appris grâce à nos mentors, conseillers et coachs qu’il était important de se discipliner pour planifier et prendre du recul devant l’impasse. En voyant la big picture, on découvre des alternatives de solutions plus innovantes pour ensuite prévoir un plan B,C,D,E, etc.

Vos expériences professionnelles passées se sont-elles révélées utiles afin de bien diriger votre projet? 

Oui, à bien des égards, surtout pour comprendre la recherche, gérer l’administration, faire de la prospection et attirer des experts. Se lancer en affaires demande un large éventail de compétences. 

Pensez-vous qu’une formation en gestion ou en affaires vous aurait été utile?

Oui, tout à fait. C’est inévitable si on veut se lancer en affaires. Je la recommande. Détenir des compétences complémentaires en gestion, en programmation, et en design rend l’idéation, la conception et le développement d’un modèle d’affaires plus efficace. C’est le trépied gagnant. Ceci dit, les compétences en gestion ne sont pas les seules nécessaires pour démarrer son entreprise.

Quel a été votre plus grand défi jusqu’à présent? 

Trois grands défis ont dû être surmontés. Le premier a été de bien définir le modèle d’affaires et la proposition de valeur de l’entreprise (et pas que celle du produit uniquement). La différenciation entre les deux a été difficile. Le deuxième défi a été de faire face aux imprévus ou changements imminents. Il faut toujours anticiper ce qui pourrait se passer et découvrir les solutions en amont de ces événements. Enfin, le dernier a été de rester pertinent. On peut rapidement perdre de vue le problème à résoudre et la solution que l’on veut y apporter sans se disperser. On peut aspirer à résoudre ce défi existentiel propre aux entrepreneurs en réalisant fréquemment des tests de qualité et en validant sur le terrain le plus possible.

Avez-vous des employés? Comment voyez-vous votre rôle d’employeur?

Oui, nous avons des employés, et nous prévoyons bâtir une équipe plus multidisciplinaire au fur et à mesure que les contrats vont rentrer. En général, nos employés se divisent en plusieurs équipes interconnectées en intelligence artificielle, développement technologique, sécurité et gestion des données, psychologie, design de conversation, et direction. 

Notre rôle, à titre d’employeur, se résume d’abord à offrir une vision qui inspire, des axes de développement qui motivent, ainsi qu’un angle d’attaque au problème qui handicape. Il faut donner l’orientation et recruter les talents qu’il faut pour avancer le travail. Comme fondateur et employeur, on se doit de nourrir la culture d’entreprise qui nous correspond et qui va renforcer la cohésion de tous les membres de l’équipe. En bout de ligne, c’est un rôle et une responsabilité qui nous conviennent parfaitement.

Qu’est-ce qui vous inspire et motive à aller au travail chaque jour?

La certitude que chaque jour nous rapproche de nos objectifs et apporte une nouvelle solution au problème. On voit grand dans ce que l’on peut accomplir. On se dote des moyens pour y parvenir. Chaque jour passé au bureau est excitant parce qu’il représente une multitude de prises de décision permettant d’être plus proches de notre objectif à la fin des heures de bureau. Je veux montrer qu’on peut y parvenir et faire la différence avec tous les acteurs du projet. 

Quel conseil auriez-vous aimé recevoir juste avant de développer Mr. Young? 

Tout projet viable se dote d’un trio hustler, hacker, hipster. Conceptualiser un plan de développement pour l’entreprise et un pour le produit. Après cette planification, mettre en place les processus et les outils pour y parvenir, tout en se pliant au calendrier (entreprise et produit). Ces conseils au démarrage accélèrent le développement.

Lors des premiers mois d’activité, quelle a été votre principale erreur et comment avez-vous réussi à rebondir? 

En rétrospective, la principale erreur que nous avons faite a été de se concentrer sur le positionnement du produit, au lieu de celui de l’entreprise. En commençant notre aventure entrepreneuriale avec un produit, on a diligemment cherché à comprendre les problèmes qu’il venait résoudre: pour qui, comment, et sur quelle mesure. On a bien réussi à travailler le produit, mais pas l’entreprise dans son ensemble. Qu’est-ce que notre entreprise délivre comme offre de service en recherche et développement? En se concentrant exclusivement sur le produit, on a freiné notre développement. Il faut arriver à lever la tête du guidon et prendre de la hauteur pour avancer. On a réussi à le faire récemment et on s’apprête à repositionner l’entreprise d’une manière qui correspond mieux à notre héritage et notre vision.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite lancer sa propre compagnie dans le domaine de la tech? 

Définir son projet, s’entourer d’experts du milieu, se faire accompagner dans les démarches de développement, puis vérifier sur le terrain que notre offre correspond à un réel besoin et que le service apporté peut être rémunéré.

Mr Young

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