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Caroline de Léry, fondatrice de la boutique May

Caroline de Léry, fondatrice de la boutique May

Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

Caroline de Léry, Chaussegros de Léry de naissance, mais ça fait un peu trop Nouvelle-France pour tous les jours, alors j’utilise la version courte.

Mon parcours…oh la la, j’espère que vous avez toute une barre de défilement!

Je me suis passionnée de disciplines qui semblent toutes tranquillement s’éteindre. J’ai d’abord fait un bacc en communications. J’ai brièvement été journaliste surnuméraire au Journal de Montréal, section chiens écrasés, le rêve!

Ensuite, du graphisme imprimé, je raffolais du papier, des vernis, des textures, de tout ce qui se transforme aujourd’hui en pixels.

Puis, de fil en aiguille, de la publicité à l’OSM en musique classique, un autre art qui se meurt. Un beau défi de faire salle comble avec l’offre culturelle d’aujourd’hui.

Lasse du manque de travail manuel, je suis retournée aux études en rembourrage artisanal, la plus vieille et poussiéreuse de mes passions, en apparence du moins. Depuis je couds, j’imagine et je crée.

Je suis nostalgique du temps où on prenait le temps et où on se lassait moins de nos objets, de nos amis, de nos amours. J’aime Nina Simone, je crois au mariage, aux grosses familles, je n’ai pas de cell, je fais des tartes et des nappes maison, je suis adepte de tous les mouvements slow. Je suis née à la mauvaise époque je crois.

Votre emploi actuel:

Suite à mon cours en rembourrage artisanal, j’ai fondé May. May c’est mon entreprise qui prend des commandes de rembourrage.

Faire rembourrer un meuble, c’est faire retaper un meuble qu’on aime avec un tissu beau à mourir pour le faire renaître, plutôt que de le jeter et d’en acheter un énième chez IKEA qui finira aussi au dépotoir dans 5 ans.

May, c’est aussi des coussins sérigraphiés, en cuir, en laine recyclée, des poignées de meuble en ciment, des poignées d’armoires de cuisine en cuir, bref une foule d’accessoires maison que j’imagine souvent la nuit quand mon petit hamster ne veut pas dormir.

Dans quelle ville:

Montréal, au cœur du Plateau Mont-Royal

Un mot pour définir quel type de travailleuse vous êtes:

Passionnée, persévérante

Quels outils sont essentiels à votre vie (app, logiciel)?

Mon iPad: il me sert de tête quand la mienne est saturée. Mon appareil photo, une Rebel, je l’aime d’amour, de pair avec Photoshop évidemment. Pinterest est essentiel à mon quotidien pour faire des moodboards à mes clients et m’inspirer.

Je suis tentée de dire Facebook, Instagram, Twitter, tumblr, mais c’est à double tranchant: un vrai gouffre de perte de temps. ITFF par contre me sauve un temps fou pour nourrir toutes mes plateformes en même temps.

J’adore Square et Quickbook pour gérer mes ventes et mes finances, un must.

À quoi ressemble votre espace de bureau?

Mon espace de bureau ressemble généralement au lendemain de Katrina. J’ai mille idées à la minute et généralement, elles sont toutes étalées quelque part dans mon atelier.

Qu’écoutez-vous comme musique en travaillant?

Le matin, j’adore écouter Radio-Canada, Médium Large, ma source d’information quotidienne, ça me donne l’impression de ne pas être seule dans mon atelier, de faire partie d’une conversation. L’après-midi, c’est rarement silencieux, j’écoute de tout: Bon Iver, Arctic Monkeys, Ibeyi, Lana Del Rey, Milk and Bones, Quadron, Marie-Pier Arthur, The XX.

Avez-vous une façon d’organiser vos journées pour optimiser votre travail?

J’essaie de me couper du monde, éviter de prendre des appels, des courriels et me connecter à mes réseaux sociaux le gros de ma journée. Une étude dit qu’après avoir pris un courriel, on met au moins 8 minutes à se remettre au travail, si on les lit à chaque 15-20 minutes de la journée, on ne fait que ça. Sinon, j’ai une liste de tous mes projets en cours, leurs échéances et degré d’urgence, des tonnes d’alarmes sur mon iPad, tout y est, même mes choses à faire dans ma vie personnelle comme faire raser mon chat, sortir avec mon chum, pour moi c’est vital.

Quels trucs donneriez-vous pour améliorer la productivité?

Commencer par le truc dont on a horreur, celui qu’on redoute de faire, auquel on a pensé toute la soirée, toute la nuit, le client dont on n’a pas envie de retourner l’appel, les chiffres à balancer, la soumission qui traîne. Autrement, toute la journée on procrastine en imaginant le pire. Faut arracher le bandaid d’un bon coup et ensuite on a l’esprit en paix pour être productif toute la journée.

Vous êtes meilleure que vos collègues de travail pour:

Me réinventer. J’ai vécu des grandes peines et des grandes déceptions professionnelles. Le monde dans lequel j’évoluais a changé, s’est éteint et j’ai vieilli dans un monde de jeunesse éternelle. Je sais évoluer, me réinventer au gré de la demande. Je suis comme Madonna en plus pudique.

Je sais transformer une vieille bicoque en palace, un vieux meuble en bijou, un mini budget en campagne de pub géniale, en fait je pense que je suis meilleure pour faire beaucoup avec peu, des petits miracles comme on dit.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné?

De traverser le pont quand on y sera. Souvent, on stresse tellement pour des choses qui n’arriveront jamais. La vie d’entrepreneur est pleine de surprises. On se noie facilement dans des mers de si et de peut-être. Je n’ai jamais rencontré un problème sans solution, il suffit seulement de sortir de la boîte et trouver des idées créatives. Quand j’ai l’impression que mon travail va m’avaler, c’est généralement parce que j’essaie de tout régler d’un seul regard. C’est en faisant une seule chose à la fois et surtout en en terminant une à la fois qu’on finit par y arriver.

Quel est votre meilleur truc pour sauver du temps?

Déléguer, déléguer et déléguer encore. C’est dur à faire, ça prend beaucoup d’humilité, mais il faut se rendre à l’évidence, même avec la meilleure volonté du monde, des chaudières de café et une santé de fer, seule, on n’arrive jamais à en faire autant. Déléguer ça demande d’apprendre à laisser-aller, séparer nos profits, quand on en fait, mais moi, ça me permet de pouvoir aller chercher mes enfants à la fin de la journée, livrer mes commandes à temps et sortir la tête de l’eau. Ma mère disait: on n’est jamais mieux servi que par soi-même. C’est vrai, mais seule dans un bateau en pleine mer, faut ramer fort en maudit pour que ça avance!

Quelle est votre routine de fin et de début de journée?

Je débute toutes mes journées par un appel à une amie-âme soeur de Toronto. Elle est scénariste et comédienne. Quand on travaille seules, nos idées finissent par tourner en rond.

Tous les matins, on se téléphone, on échange sur nos projets en cours, nos questionnements et on se challenge. C’est en quelque sorte mon focus group. Elle remet tout en question, critique, corrige, ça m’enligne pour ma journée.

J’aime bien la vie à deux, je suis une fausse solitaire. J’aurais bien travaillé avec un partenaire si la vie en avait mis un ou une sur ma route, c’est ma manière à moi d’en avoir une.

En fin de journée, je vais chercher mes enfants à pieds. J’en ai 3 alors c’est toute une run de lait ! Je laisse généralement tout en plan pour le lendemain ou le soir, parce que mes journées ne sont jamais assez longues pour tout faire. Je me prends un grand café chaud l’hiver et glacé l’été pour affronter le 5 à 7, je connais les baristas du café du coin par leur nom, c’est ma 2e maison.

Mis à part votre ordinateur et votre téléphone, de quel gadget ne pouvez vous pas vous passer?

Un GPS ! Pour une raison inconnue, j’ai deux fils dans ma tête qui ne connectent pas, ceux qui forment une carte pour se diriger à travers la ville.

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