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Entrevue avec David Lebrun, réalisateur de « Koït dessur la neige »

Entrevue avec David Lebrun, réalisateur de « Koït dessur la neige »

Les rendez-vous du cinéma québécois, ce sont plus 350 films dont 130 premières et 30 événements gratuits. Pour sa 33ème édition, qui a débuté le jeudi 19  février, le festival accueille des pointures comme Xavier Dolan, Marc Labrèche, Denis Côté ou Jean-Marc Vallée pour des « leçons de cinéma ». Mais l’événement présente également des courts-métrages à moindre budget, ceux de jeunes réalisateurs comme David Lebrun avec qui Baron s’est entretenu par téléphone.

Koït dessur la neige est votre second court-métrage. Quelle a été votre démarche pour réaliser votre film, au niveau de l’écriture, du casting et du tournage?
J’ai fait une dizaine de court-métrages. Mais ce sont les deux derniers (ndlr : Il était un foie et Koït dessur la neige) qui ont vraiment été réalisés de manière professionnelle. Aussi bien au niveau des acteurs que de l’équipement. C’est de meilleure qualité car j’ai plus d’expérience. Il était un foie a même déjà été présenté dans quelques festivals. Au niveau de la démarche, j’ai travaillé en continuité avec le sujet à propos duquel j’ai fait une maitrise : celle du rêve au cinéma. J’ai toujours été attiré par ce sujet. Pour Koït, j’ai imaginé un personnage dont le job est très monotone, très terne. Au milieu du film, on se rend compte que son rêve est très éclaté. Il y a plusieurs interprétations possibles. C’est toujours difficile pour le créateur d’expliquer toute son œuvre, surtout quand elle est très ouverte comme la mienne. Je veux laisser aux gens l’opportunité de s’approprier le film. La seule piste que je peux donner c’est que l’inconscient prend une grande place dans ma réalisation.

Quelles ont été vos inspirations?
Je suis un grand fan de David Lynch, des histoires éclatées, du surréalisme, des rêves, du monde onirique. J’essaye de transmettre tout cela à travers ce projet. Ce film me ressemble, il reflète pas mal ce que je suis, surtout la seconde partie. Quand je m’y mets, je peux vraiment aller loin dans l’univers absurde, mais en soi je mène une vie tout à fait normale.

Pour ce film, vous avez collaboré avec l’acteur Réal Bossé, très aimé au Québec. Comment s’est déroulé votre rencontre? Pourquoi lui avoir demandé de jouer dans votre court-métrage? J’ai toujours aimé cet acteur. Je l’avais déjà contacté pour un autre projet mais il n’avait pas pu se libérer. Nous nous sommes rencontrés dans un studio de post-production sonore. En lui parlant, il m’a dit que mon projet le tentait. Je lui ai alors envoyé le scénario. Sa première réaction a été: « Tu es weird » mais il a accepté!

Lorsque j’ai visionné votre film, j’ai réellement été troublée. Est-ce le sentiment que vous désirez transmettre aux spectateurs?
Oui, ma volonté est de déstabiliser mais je laisse le spectateur libre. C’est bien qu’il se pose des questions. Cela change de projet en projet mais avec ce film-ci je pense que cela marche. En fait, je ne me suis pas posé trop de questions, je l’ai juste fait. Bien sûr, il y a une réflexion derrière mais je n’ai pas analysé les moindres détails. D’ailleurs, lorsqu’on tournait avec Réal Bossé, il y avait pas mal d’improvisation, il est maitre en la matière. On s’inspirait du lieu et on y allait. Réal est quelqu’un de très présent et très allumé, il ajoutait des éléments au scénario auxquels nous n’avions pas forcément pensé.

Quels sont les obstacles, les principales difficultés d’une production indépendante comme la vôtre?
L’obstacle principal est l’argent. C’est un projet auto-financé, j’ai tout payé de ma poche et personne n’a reçu de salaire. Tout le monde a participé bénévolement à mon projet. J’ai vraiment eu la chance d’avoir un groupe d’amis qui m’a soutenu et aidé. Je ne pouvais pas leur demander de prendre congé pour moi donc j’ai dû m’organiser pour tourner mon film sur 2 fins de semaine. L’entrepôt qu’on voit dans le film appartient à des amis. Pendant les tournages, ils se sont également organisés pour faire la bouffe. Les effets spéciaux sont eux aussi l’œuvre d’un ami. Pour le son, c’est le studio Apollo qui s’en est occupé. Vraiment, je suis béni d’avoir été aussi bien entouré. Je n’aurais pas pu réaliser mon projet sans toute cette aide.

Participer aux rendez-vous cinéma québécois, que cela signifie-t-il pour vous?
C’est vraiment un super festival.  Je suis vraiment comblé de pouvoir le présenter. La soirée va être géniale, fun et pas trop sérieuse.

Il est possible pour les abonnés à Videotron de visionner les deux court-métrages en vidéo sur demande sur Illico.
Koït dessur la neige
Il était un foie

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