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Diversifier ses revenus : une question de survie pour les entrepreneurs du terroir et des boissons

Diversifier ses revenus : une question de survie pour les entrepreneurs du terroir et des boissons

L’incertitude est devenue la toile de fond permanente pour les entrepreneurs québécois de l’alimentation et des boissons artisanales. Entre la suspension temporaire de la taxe fédérale sur l’essence, le financement agricole qui reste imprévisible d’une année à l’autre, et un système de recyclage dont les coûts continuent de grimper plus vite que prévu, les propriétaires de brasseries, de vignobles et de commerces du terroir apprennent à composer avec des marges de manœuvre de plus en plus étroites.

Un secteur qui n’a plus le luxe de miser sur une seule source de revenus

Ce qui frappe le plus dans les échanges avec les entrepreneurs du secteur, c’est à quel point la diversification est passée du statut de “bonne pratique” à celui de nécessité pure et simple. Une brasserie qui dépendait uniquement de la vente au détail il y a cinq ans mise aujourd’hui aussi sur la restauration, les événements privés, les collaborations avec d’autres producteurs locaux, voire la vente directe aux consommateurs par abonnement. Le même réflexe se retrouve chez les producteurs alimentaires, qui cherchent activement de nouveaux canaux de distribution plutôt que de dépendre d’un seul grand détaillant ou d’un seul marché d’exportation.

La leçon du secteur brassicole américain

Le ralentissement du craft beer américain — une baisse de 5,1 % de la production et plus de 1 000 fermetures en deux ans — sert d’avertissement pour le marché québécois. Les entreprises qui ont le mieux résisté sont rarement celles qui misaient sur un seul produit vedette ou un seul canal de vente; ce sont plutôt celles qui avaient déjà bâti plusieurs sources de revenus complémentaires avant que le ralentissement ne frappe. Cette leçon s’applique directement au contexte québécois, où les entrepreneurs du terroir font face à des pressions similaires, même si l’ampleur du marché diffère.

Repenser l’expérience client comme source de revenu

Une tendance qui gagne du terrain ailleurs dans le secteur du divertissement et de l’hôtellerie consiste à élargir l’offre autour du produit principal plutôt que de simplement vendre le produit lui-même. Les établissements qui réussissent à transformer une simple transaction en une expérience complète — dégustations guidées, événements thématiques, ou même des partenariats avec des plateformes de divertissement numérique comme des casinos comme celui-ci — parviennent souvent à fidéliser une clientèle qui autrement n’aurait fait qu’un seul achat ponctuel. Ce n’est pas une solution universelle, mais elle illustre bien comment des secteurs en apparence éloignés en arrivent à s’inspirer les uns des autres pour retenir l’attention d’une clientèle de plus en plus sollicitée.

Ce qu’il faut retenir

Aucune de ces stratégies ne remplace un produit de qualité ni une gestion financière rigoureuse — les deux demeurent le fondement de toute entreprise du terroir qui dure. Mais dans un contexte où le financement agricole reste incertain d’une année à l’autre et où les marges continuent de se comprimer, les entrepreneurs qui explorent activement de nouvelles sources de revenus complémentaires partent avec une longueur d’avance sur ceux qui s’en tiennent à ce qui fonctionnait il y a dix ans. Le Devoir rapportait récemment que plusieurs microbrasseries québécoises misent déjà sur cette diversification — vins, cidres et autres produits du terroir — pour traverser le ralentissement du marché. Le secteur brassicole américain vient de montrer, de façon assez brutale, ce qui arrive à ceux qui ne s’adaptent pas à temps.

 

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