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🎙️ Les Affaires Brassicoles #517 | Food Geek – De la bière Ă  l’assiette : pourquoi les brasseries regardent vers l’alimentation

🎙️ Les Affaires Brassicoles #517 | Food Geek – De la bière Ă  l’assiette : pourquoi les brasseries regardent vers l’alimentation

Propulsé par PivoHub

Dans un contexte où les marges se resserrent et où les habitudes de consommation évoluent rapidement, de plus en plus de brasseries cherchent à diversifier leurs revenus. Une voie revient avec insistance : l’alimentation.

Depuis l’an dernier, nous avons eu plusieurs discussions avec des brasseries et des entreprises du secteur des boissons souhaitant lancer des produits alimentaires afin de diversifier leurs activités. Certaines ont réussi à ouvrir de nouveaux marchés et à rejoindre de nouvelles clientèles — pensons à ces brasseries qui ont connu le succès avec des offres de pizza ou de burgers. Mais la mise en place de ces initiatives doit être réfléchie et structurée.

C’est dans cette optique que Baron Mag, avec l’aide de notre partenaire PivoHub, lance une série d’entrevues consacrée à l’alimentation, en collaboration avec des consultants et des professionnels du secteur, afin de vous fournir des outils concrets.

Car passer d’une bière à une sauce, d’un taproom à une gamme de produits alimentaires, n’a rien d’un simple prolongement naturel. C’est un changement de modèle. Un changement de complexité.

Dans cet Ă©pisode des Affaires Brassicoles, commanditĂ© par PivoHub, nous discutons avec Simon Drolet Laflamme, fondateur de Food Geek (Consultant en restauration — Services variĂ©s pour la restauration, l’hĂ´tellerie et l’agroalimentaire). Ensemble, nous explorons les rĂ©alitĂ©s — souvent sous-estimĂ©es — du lancement d’un produit alimentaire, en particulier pour les acteurs du monde brassicole.

L’illusion de la continuité : pourquoi la bière ne prépare pas à l’alimentaire

À première vue, le lien semble évident :
une brasserie possède déjà une marque, une clientèle, un lieu physique, une expertise produit.

Pourquoi ne pas transformer une sauce maison populaire en produit commercial ?

Parce que l’alimentaire ne fonctionne pas comme la bière.

Dans la bière artisanale, la valeur repose sur :

  • la proximitĂ©,
  • l’expĂ©rience,
  • la fraĂ®cheur,
  • la rotation rapide.

Dans l’alimentaire, la logique est inversée :

  • durĂ©e de vie prolongĂ©e,
  • standardisation stricte,
  • distribution complexe,
  • pression extrĂŞme sur les marges.

Une industrie brutale, mais structurée

Le chiffre est révélateur :
Plus de 70 % des produits alimentaires disparaissent en moins de 18 mois.

Ce taux d’échec n’est pas lié à un manque d’idées.
Il est lié à un manque de structure.

Lancer un produit alimentaire exige :

  • une capacitĂ© de production stable,
  • une gestion rigoureuse des coĂ»ts,
  • une stratĂ©gie de distribution claire,
  • une comprĂ©hension fine du marchĂ©.

Et surtout, une capacité à absorber des pertes initiales.

Le piège du romantisme entrepreneurial

L’une des critiques implicites les plus fortes de cet échange concerne le « romantisme » encore présent dans l’entrepreneuriat alimentaire.

L’idée que :

  • un bon produit trouvera son marchĂ© ;
  • une communautĂ© locale suffira ;
  • la croissance suivra naturellement.

Dans la réalité :
le marché est saturé, les tablettes sont limitées, et les décisions d’achat sont de plus en plus rationnelles. Les clients achètent un produit qui s’inscrit dans leur quotidien, leur budget et leurs habitudes.

Le rĂ´le du consultant : imposer de la discipline

C’est ici que des structures comme Food Geek deviennent essentielles.

Leur rôle n’est pas de créer des idées.
C’est de les rendre viables.

Cela passe par :

  • la formulation produit (coĂ»t vs qualitĂ© vs durĂ©e de vie),
  • l’optimisation des procĂ©dĂ©s,
  • la mise en place de systèmes de contrĂ´le qualitĂ©,
  • la sĂ©lection des Ă©quipements et partenaires.

Mais surtout, par une chose que beaucoup évitent :
poser les bonnes questions dès le départ.

Clean label, nutrition fonctionnelle : tendances ou contraintes ?

Les tendances actuelles — clean label, protéines, local — sont souvent perçues comme des opportunités marketing.

Elles sont aussi des contraintes opérationnelles.

  • Moins d’ingrĂ©dients = moins de stabilitĂ© produit.
  • IngrĂ©dients locaux = coĂ»ts plus Ă©levĂ©s.
  • Ajouts fonctionnels = complexitĂ© technique.

Le défi n’est pas d’adopter ces tendances.
C’est de les intégrer sans détruire le modèle économique.


La question centrale : produire mais à quel coût ?

Dans l’alimentaire, le produit n’est pas le cœur du problème.

Le cœur du problème, c’est le coût unitaire à l’échelle.

Un produit peut ĂŞtre excellent.
S’il ne peut pas être produit efficacement en volume, il est condamné.

C’est ici que beaucoup de projets échouent :

  • sous-estimation des volumes nĂ©cessaires,
  • surĂ©valuation des marges possibles,
  • incapacitĂ© Ă  atteindre une taille critique.

Co-packers : dépendance stratégique

Le recours à un co-emballeur est souvent inévitable.

Mais il introduit une :

  • dĂ©pendance opĂ©rationnelle,
  • dĂ©pendance financière,
  • dĂ©pendance humaine.

Un mauvais partenaire peut ralentir, voire bloquer un projet.
Un bon partenaire peut le structurer.

Mais dans tous les cas, la relation devient centrale.

Dans un secteur où les imprévus sont fréquents,
la qualité du lien humain est souvent plus déterminante que le contrat lui-même.


Trésorerie : le facteur silencieux

Dans la bière artisanale, les cycles de production sont relativement courts.

Dans l’alimentaire, ils s’allongent.

Résultat :

  • immobilisation de capital,
  • dĂ©lais de paiement,
  • investissements en inventaire.

La pression sur la trésorerie devient structurelle.

Et c’est souvent là que les projets échouent — non pas par manque de demande, mais par manque de liquidités.

Réglementation : complexité croissante

Passer d’un produit vendu localement à une distribution élargie implique une montée rapide en complexité :

  • normes de sĂ©curitĂ© alimentaire,
  • certifications,
  • traçabilitĂ©,
  • exigences des grandes chaĂ®nes.

Chaque étape ajoute des coûts, des délais et des contraintes.

Ignorer cet aspect revient à construire un modèle fragile dès le départ.

La seule stratégie viable : commencer petit

Le conseil de Simon Drolet Laflamme est simple, mais souvent ignoré :

Commencer local, tester, ajuster.

Ce modèle permet :

  • de limiter les risques,
  • d’apprendre rapidement,
  • de construire une base solide.

Pour une brasserie, c’est une opportunité :
le taproom devient un laboratoire.

Branding : la fin de l’improvisation

Dans un marché saturé, le design n’est plus un détail.

Il est un levier stratégique.

Packaging, message, positionnement — tout doit être aligné.

Un bon produit sans image claire est invisible.

Le mirage de l’international

L’international reste un objectif séduisant.

Mais dans la majorité des cas, il arrive trop tôt.

Sans :

  • volume,
  • structure,
  • ressources.

Il devient une distraction coûteuse.

La priorité reste la même :
dominer un marché local avant d’en conquérir un autre.

Ce que cela révèle pour l’industrie brassicole

Cette discussion dépasse largement l’alimentaire.

Elle révèle une transformation plus profonde :

👉 L’industrie de la bière doit passer d’une logique de produit à une logique de système.

Produire ne suffit plus.
Il faut structurer, planifier, optimiser.

La créativité reste essentielle.
Mais sans discipline, elle ne survit pas au marché.

Diversifier

La diversification alimentaire est une opportunité réelle pour les brasseries.

Mais elle exige :

  • rigueur,
  • patience,
  • capital,
  • accompagnement.

Sans cela, elle devient un risque supplémentaire dans un environnement déjà fragile.

La vraie question n’est donc pas :
« Faut-il se lancer ? »

Mais plutĂ´t :
« Sommes-nous prêts à le faire correctement ? »

Contactez FoodGeerk pour structurer, optimiser et concrétiser vos projets d’affaires alimentaire. De la création de concept à l’optimisation financière, jusqu’à l’accompagnement vers l’ouverture de votre établissement.

Baron Mag & PivoHub : nouveau partenariat de contenu et stratégique

En partenariat avec PivoHub, Baron Mag lance une série d’entrevues et d’articles mettant en lumière leurs partenaires et l’univers de l’alimentation au Québec et en Ontario. Cette série valorisera les entrepreneurs alimentaires à découvrir et offrira des insights sur les tendances et pratiques du secteur.

Objectif : Mieux comprendre l’univers de l’alimentation et des données pour aider les entreprises à améliorer leur performance.

Partenariat avec PivoHub : La série d’articles présentera la manière dont PivoHub peut soutenir votre entreprise grâce à ses fonctionnalités et outils de gestion de commandes et de données.

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