45e édition de Contact Ontarois | Ottawa du 14 au 17 janvier 2026 | En collaboration avec Baron Mag
Réseau Ontario invite les participants, les délégués et le public à découvrir les artistes francophones en provenance de partout au pays en formule Vitrine (un extrait de 20 minutes de spectacle suivi d’une entrevue pour en apprendre davantage sur l’artiste).
Créations In Vivo
Patenteuses, créé par Chloé Thériault, est une comédie musicale glam-camp-pop débordante d’irrévérence, qui fait éclater le centenaire de La Patente, cet ordre secret catholique et masculin (l’Ordre de Jacques-Cartier) bien de chez nous, né à Vanier. Le spectacle interroge la place des femmes dans la société et dans l’histoire, secoue les hiérarchies de pouvoir et célèbre la solidarité féminine, tout en lançant un clin d’œil appuyé (et souvent moqueur) à ceux qui croient encore détenir la patente du monde. En mille neuf cent pas important, les femmes se retrouvent seules : leurs hommes sont toujours « partis patenter ». Écœurées, elles se demandent ce qui peut bien être plus important que leurs propres familles. Alors elles les espionnent… et découvrent l’existence d’un ordre secret pompeux qui prétend protéger la langue française en gardant les femmes à la maison pour préserver le patrimoine. Elles décident qu’elles peuvent faire mieux. Elles volent l’argent de l’Église, partent en tournée de village en village pour révéler la vérité aux femmes… et surtout pour fonder leur propre Patente. Ces sirènes rurales transforment chaque paroisse en scène d’insurrection joyeuse, chantant leurs messages de libération et d’émancipation à tue-tête.
Les Vitrines Grand public | 15 Janvier à 14 h Vitrine | Bulle théâtre-danse / 20 minutes |
Comment décririez-vous votre univers artistique ?
Je parle souvent d’une posture bouffonne pour une révolution populaire. Exposer, renverser l’ordre établi, rire avec le public, et transformer le ridicule en outil de changement social.
Je fais du théâtre. Du théâtre d’excès. Du théâtre très loud. Du théâtre très franco-ontarien. Je crois énormément au pouvoir de l’agora : cet espace où l’on s’enferme ensemble, dans une salle, pour avoir des discussions qui vont très loin, au-delà du frontal, au-delà du rationnel. Je joue beaucoup dans les imaginaires, mais je défends surtout un théâtre qui chante, qui danse, qui rit, un théâtre qui rassemble beaucoup de monde autour d’une grande question sociale.
Si le théâtre existe encore aujourd’hui, c’est parce qu’il a toujours su, à chaque représentation, remodeler ce qu’on est prêt à partager ensemble pour se définir comme communauté.
J’aime la musique loud. J’aime crier fort. J’aime quand ça brasse. Le rire, c’est un la-la-la, oui, mais surtout : le ridicule est, pour moi, l’arme la plus efficace. J’utilise le bouffon parce que le bouffon est le plus faible. Et c’est souvent le plus faible de la société qui aspire à la grandeur. On ne peut pas haïr le bouffon : il est plus fragile que nous, ce serait méchant. Et c’est précisément pour ça qu’il peut tout dire. Même les choses les plus grinçantes. Et nous, paradoxalement, on a plus de difficulté à s’en fâcher.
Quelle est votre relation à la nourriture ?
C’est la faim. Point.
La faim comme moteur. La faim comme désir. La nourriture fait énormément pour nos corps, et comme je travaille dans une logique de grand désir et de partage du désir, la faim est au centre de tout. Je crois profondément que ce n’est pas toujours la réflexion ou le cerveau qui nous fait avancer, mais la faim. C’est elle qui nous pousse à agir.

Quelle est la première recette que vous ayez apprise à faire ?
Je suis un garçon de la campagne rurale ontarienne. La première chose que j’ai apprise à faire, c’est des œufs. Des œufs de mes poules.
Quelle est la plus récente recette que vous ayez faite ?
Tu peux sortir le garçon de la campagne, mais tu ne sortiras jamais les œufs du garçon. Même aujourd’hui, en pleine grande ville, sans poules, il y a toujours des œufs dans mon réfrigérateur.
Si vous faites un souper, qu’allons-nous retrouver sur la table ? Qu’allons nous manger ?
Déjà, c’est très rare que je fasse un « souper » au sens classique du terme. J’aime beaucoup plus inviter pour des petites bouchées : des bonnes viandes et des bons fromages. Quand j’invite chez moi, ce n’est presque jamais uniquement pour partager la bouffe. C’est pour se retrouver, rire, jaser, apprendre à mieux se connaître. Donc oui, on mange, mais il n’y aura probablement pas de repas formel assis autour de la table.

Qui dit tournée, dit aussi liste de demandes spéciales niveau bouffe pour la loge. Lorsque vous faites des spectacles, qu’est-ce qui doit absolument être dans votre loge comme nourriture ?
Je vais peut-être aller à contre-courant de la majorité des artistes, mais pour moi, et j’espère peut-être même pour les artistes de Créations In Vivo, c’est presque important qu’il n’y ait aucune nourriture dans la loge. Pour que l’acteur garde sa faim. Et ce désir qui le pousse vers le public, vers ce moment de partage sur scène, pas dans la loge.
Quelle a été votre meilleure expérience de « catering » dans une loge ?
Pour blaguer, on avait déjà demandé qu’il n’y ait que des M&M blancs dans les loges, sans vraiment croire que quelqu’un allait le prendre au sérieux. Mais ! Au Centre culturel franco-manitobain à Winnipeg, un employé a acheté des M&M de Noël, puis a littéralement retiré tous les rouges et les verts pour ne garder que les blancs. On a beaucoup ri. C’était complètement absurde et très touchant.
Quelle a été votre pire expérience de « catering » dans une loge ?
Quand il y a trop de nourriture, et que je sens que ça va finir en gaspillage.
Votre plus gros « fail » culinaire ?
Encore les œufs. Je mange principalement mes œufs pochés. Et chaque fois que je rate un œuf poché, c’est un échec monumental. Ça gâche tout mon plat.

Si vous deviez mourir demain, quel serait votre dernier repas et le dernier album que vous écouteriez ?
Des œufs !! Des œufs de toutes les manières. Surtout des œufs pochés. Parfaits. Absolument parfaits.
Et le dernier album que j’écouterais… comme on est en pleine création pour une nouvelle comédie musicale en ce moment, ce serait l’album de Vaches, The Musical, notre dernière comédie musicale. Je baignerais une dernière fois dans cette musique absurde, franco-ontarienne, rurale, comico-nostalgique.


