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Les Canadian Brewing Awards tirent leur révérence : de quoi l’industrie brassicole a-t-elle vraiment besoin?

Les Canadian Brewing Awards tirent leur révérence : de quoi l’industrie brassicole a-t-elle vraiment besoin?

Les Canadian Brewing Awards / Les Prix Canadiens de la Bière (CBA) viennent d’annoncer leur retrait. Sur leurs réseaux sociaux, l’organisation explique « quitter la scène » en raison de la situation économique du secteur, du manque de ressources, de l’investissement dans un projet de développement technologique avec bestbeer.com, de problèmes de communication et plus encore.

La nouvelle n’étonnera personne qui suit le milieu. Déjà en 2024, nous écrivions à propos d’une édition à Hamilton menée par une nouvelle équipe : un événement sans âme, des salles vides, des fournisseurs frustrés. Le chant des criquets était plus fort que les conversations d’affaires. Un triste signal pour ce qui devait être un moment de rassemblement.

Un marché trop petit pour deux événements nationaux

Au Canada, il est difficile de soutenir deux compétitions nationales de bière – CBA et la Canada Beer Cup – dans un marché restreint où brasseurs et fournisseurs jonglent avec des ressources limitées. Résultat : un événement à l’impact trop faible pour justifier les coûts. Ce constat dépasse nos frontières : les compétitions et salons brassicoles du monde entier sont remis en question quant à leur pertinence économique.

Comme nous l’avons déjà écrit dans l’article Que faire pour revitaliser les salons professionnels de la bière ? : un déjeuner commandité a-t-il vraiment un impact pour la business d’un fournisseur ? La fin du CBA devrait servir de déclencheur à une réflexion honnête : de quoi l’industrie a-t-elle vraiment besoin ? Certainement pas maintenir en vie un événement pour faire travailler quelques personnes à l’année.

Canada Beer Cup : une plateforme nationale à consolider

En peu de temps, la Canada Beer Cup s’est imposée comme une plateforme nationale importante pour les brasseurs et les cidreries (bravo pour l’intégration de cette catégorie). L’événement a su créer un espace rassembleur, mais plusieurs enjeux demeurent à l’horizon.

D’abord, son manque de présence en français laisse de côté une partie significative de l’industrie, particulièrement au Québec et dans les Maritimes. Résultat : un désintérêt croissant de la part d’acteurs régionaux qui se sentent exclus d’un événement censé représenter tout le pays.

Ensuite, la question du retour sur investissement (ROI) est cruciale. Les brasseurs et fournisseurs doivent voir un gain tangible – en visibilité, en contacts, en nouvelles affaires – pour justifier des coûts de participation toujours plus élevés. Sans cette clarté, difficile de maintenir leur engagement année après année.

Pour que la Canada Beer Cup s’affirme comme LE rendez-vous national, elle devra :

  • renforcer sa présence bilingue pour réellement rassembler l’ensemble du pays,
  • mieux mesurer et communiquer son impact économique pour les participants,
  • ajuster son format afin de maximiser la valeur pour tous les acteurs de la chaîne brassicole.

Note: BaronMag est fier d’être partenaire média de l’édition 2025 à Québec, mais notre rôle reste aussi de poser les questions pour le bien de l’industrie.

Des coûts qui explosent, une attractivité qui s’effrite

Les frais de représentation commerciale ne cessent de grimper : voyages, hébergement, repas, matériel promo, main-d’œuvre, kiosques… Une facture de plus en plus lourde. Dans ce contexte, les salons séduisent moins les petites et moyennes brasseries et fournisseurs, déjà fragilisés par les coûts d’opération et le manque de personnel.

Que faire pour réinventer le format ?

Faut-il continuer à miser sur le traditionnel kiosque statique ? Ou revoir l’architecture des événements pour stimuler les interactions ? Des événements plus petits et plus spécialisés pourraient-ils avoir plus de sens ? Et pourquoi ne pas fusionner certaines initiatives pour créer un rendez-vous plus fort, capable de générer de réelles opportunités d’affaires – y compris avec des industries connexes ?

Un futur à inventer

Le futur des salons brassicoles et des concours de bières dépendra de leur capacité à s’adapter aux besoins réels de l’industrie, et surtout à offrir une valeur tangible. Repenser le format, le contenu et l’approche n’est plus une option, mais une nécessité.

Chez BaronMag, nous croyons que les salons et concours demeurent des outils essentiels pour connecter l’industrie et découvrir de nouvelles idées.

Mais il faut avoir le courage de discuter des obstacles et de poser les vraies questions. Vous, membres des associations et fournisseurs, devez exiger que ces conversations aient lieu en public. C’est le premier pas pour bâtir des plateformes réellement adaptées à cette nouvelle époque.


Vers une révolution du format ?

Face à cette crise, plusieurs pistes émergent :

Micro-événements spécialisés

  • Formats intimistes (50-100 participants maximum)
  • Thématiques ultra-ciblées
  • Coûts maîtrisés, interactions maximisées

Hybridation numérique

  • Plateformes digitales en complément
  • Networking assisté par IA

Fusion intersectorielle

  • Événements multi-industries (bière + gastronomie + tourisme)
  • Synergies commerciales élargies
  • Mutualisation des coûts organisationnels

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