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La Coop Couturières Pop: Couturières solidaires et femmes d’affaires

La Coop Couturières Pop: Couturières solidaires et femmes d’affaires

Expériences négatives dans l’industrie de la mode et conditions de travail bafouées: ce sont des points communs que partagent les expertes en design et couture Camille Goyette-Gingras et Manon Daneau, dont les chemins se sont croisés au sein de la même entreprise. Ambitieuses et lasses de s’en tenir à la dénonciation de leur situation, les deux femmes lancent en juillet 2019 la Coop Couturières Pop, située au coeur du quartier Hochelaga-Maisonneuve. 

La Coop Couturières Pop est un atelier de couture et une entreprise coopérative du milieu manufacturier textile – comme son nom l’indique – composée uniquement de femmes couturières et basée sur un modèle coopératif. 

Le pouvoir aux couturières

Pourquoi ce modèle? D’abord, pour donner aux couturières membres un pouvoir direct sur la définition de leurs conditions de travail. Ensuite, pour pallier à l’un des problèmes auxquels fait face l’industrie de la mode: non pas l’absence de contrats, mais l’absence de couturières, comme nous l’explique l’une des fondatrices de la Coop Camille Goyette-Gingras. «Comme les couturières sont tout le temps dans le jus, on s’est dit que si on était très compétitives au niveau de notre capacité d’embauche, c’est là qu’on serait compétitives dans l’industrie comme entreprise manufacturière.»

Pour assurer cette concurrence, la Coop Couturières Pop propose entre autres un salaire légèrement au-dessus de la moyenne, un fonds de pension partagé et des assurances collectives. «Comme on est une coopérative de travailleuses, les employées pourraient décider de me remplacer si par exemple je ne respecte pas mes engagements comme gestionnaire, précise la fondatrice. On a reçu plus de 5200 candidatures de couturières intéressées à travailler avec nous alors que l’industrie peine à en recruter. La pénurie de main-d’oeuvre est très importante donc en augmentant les salaires, tout le monde est obligé de suivre cette augmentation.»

Manon Daneau et Camille Goyette-Gingras, fondatrices. Courtoisie de la Coop Couturières Pop.

La Coop se définit également à travers des collaborations avec les designers et créateurs québécois ainsi qu’un service de réparation de vêtements offert aux particuliers. La mission de l’entreprise repose sur une volonté de changer le visage de l’industrie, une initiative à la fois.

Pour Camille Goyette-Gingras, changer le visage de l’industrie passe aussi par des efforts pour rapatrier la production localement et donc contribuer à réduire l’exploitation faite à l’étranger et le travail des enfants. «Ça a aussi une valeur écologique puisqu’on réduit nettement les dommages causés par le transport», ajoute-t-elle. La gamme de produits écoresponsables et zéro déchet signée par la coopérative en est un bon exemple. 

Collaborer et s’auto-organiser 

Lorsque la crise du coronavirus a frappé, la Coop a lancé un appel à l’action sur ses réseaux sociaux afin de trouver de l’aide pour confectionner des masques. Un appel qui n’est pas tombé dans l’oreille de sourdes.  

Désormais, 126 couturières collaborent à temps plein avec la Coop, et environ 250 à temps partiel. Un chiffre qui fluctue beaucoup puisqu’il n’y a pas d’obligation de productivité et que les couturières viennent chercher leur travail directement à l’atelier. «C’est ce qu’on appelle le défi 100 masques. Les couturières collaborent de façon hebdomadaire ou ponctuelle selon leur rythme», explique Camille Goyette-Gingras. Fabriquer 100 masques en 48 heures, voilà le défi lancé par la coopérative chaque semaine depuis le 6 avril dernier. À la mi-avril, plus de 10 000 masques en tissus avaient déjà été produits.

Ce projet social apporte un semblant de réponse au problème de main-d’oeuvre dans l’industrie selon Mme Goyette-Gingras, pour qui l’enjeu a été tranché par la main-d’œuvre elle-même lorsque celle-ci s’est auto-organisée. «On a découvert que nos couturières étaient d‘extraordinaires femmes d’affaires.»

«On crée un esprit d’équipe pour des travailleuses habituées à être isolées.»

 

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La crise actuelle apporte aussi son lot de nouveaux défis pour l’atelier de couturières et pour ses deux fondatrices dont les journées ne se ressemblent jamais. «Les clients sont très stressés, car il y a des besoins immédiats à combler, ce qui n’est pas nécessairement possible quand on fait de la manufacture, surtout que le milieu du textile a rarement été directement en contact avec les services publics ou les services de santé, précise celle qui a été formée en design de mode masculine et en construction textile. On n’a pas le même langage donc il faut trouver des solutions pour livrer le plus rapidement possible en respectant nos couturières qui ne sont pas des machines.»

La Coop devrait reprendre la production de ses projets non liés à la Covid-19 d’ici juillet, et les fondatrices envisagent déjà la suite. Une envie de diversifier le carnet de commandes fait son chemin, un nouvel atelier 100% manufacturier verra le jour sur la rue Rouen et la Coop persiste dans sa volonté de briser l’isolement et de former la main-d’œuvre issue de la réinsertion sociale et de l’immigration.

Camille Goyette-Gingras dans l’atelier. Photos : Courtoisie de la Coop Couturières Pop.

«On a différents types de travailleuses avec nous. Certaines couturières étaient un peu dans leur coin, on les a intégrés dans un groupe. On crée un esprit d’équipe pour des travailleuses habituées à être isolées, explique Camille Goyette-Gingras, qui considère que le métier de couturière est certes difficile, mais qu’il peut s’apprendre facilement. On a avec nous certaines personnes qui ont très peu d’expérience, mais qui sont extrêmement compétentes. On est prêtes à investir du temps pour celles remplies de volonté.»

🧵 Coop Couturières Pop

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