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La théorie de l’essai-erreur sur scène et en cuisine avec Marie Onile

La théorie de l’essai-erreur sur scène et en cuisine avec Marie Onile

Il y a quelques jours, le très lucide et poétique Iris Pollués voyait le jour. Marie Onile nous y dévoile dix chansons douces teintées d’une clairvoyance mélodieuse. 

La musicienne originaire du Lac-Mégantic nous berce au sein de son atmosphère enveloppante, tout en nous contant tranquillement l’amour, le blizzard, l’estime de soi et quelques injustices. Le titre «Le tour de ses jambes» fait d’ailleurs résonner en nous tous ces complexes corporels alimentés par les écrans et la société de consommation. Avec nonchalance, l’auteure-compositrice-interprète approche la réalité avec douceur, simplicité et confiance. Celle qui a été connue du public lors de son passage dans La Voix a depuis parcouru bien du chemin, et on suit ses traces avec enthousiasme.

Son second album Iris Pollués est paru le 23 août dernier et la jeune artiste se produira à cette occasion le jeudi 29 sur la scène du Ministère. En attendant, on la découvre sous un angle gastronomique et on croise les doigts pour partager bientôt avec elle un souper surprenant.

Crédit photo: Jean-Philippe Sansfaçon.

Peux-tu nous parler un peu de toi et de ton parcours? 

Plus jeune, j’avais de la difficulté à prendre ma place; je devais être la personne la plus timide de ma classe! Ma mère s’est dit qu’elle me trouverait une passion qui m’aiderait à vaincre cette timidité-là et puisque je chantonnais toujours, elle s’est dit: ça va être ça, son talent! J’ai suivi des cours de chant à partir de 8 ans, mais je n’ai pas vraiment aimé ça! Je suis très autodidacte de nature, j’aime apprendre par moi-même, par essai-erreur. J’ai fait de nombreux spectacles comme interprète à l’adolescence, gagné des prix dans les secondaires en spectacle, mais je ne savais pas vraiment si j’avais du talent. Le 6 juillet 2013, il y a eu «la tragédie» de Lac-Mégantic – j’habitais encore là-bas quand c’est arrivé -, et ça m’a fait beaucoup réfléchir. Je me suis inscrite à La Voix II et j’ai été choisie dans l’équipe de Louis-Jean Cormier. À partir de là, j’ai commencé à penser que j’avais peut-être quelque chose! Haha!

J’ai perdu mon duel, mais ce que La Voix m’a réellement apporté, c’est une conversation que j’ai eue avec Martin Léon et Louis-Jean Cormier. Ils m’avaient demandé si j’écrivais mes chansons… Malheureusement, je n’écrivais pas encore à ce moment-là. J’ai donc envoyé ma candidature à l’École Nationale de la Chanson de Granby sans avoir de bagage en composition et en écriture. Il fallait soumettre deux chansons. J’ai soumis mes deux premiers textes et co-compositions. J’ai été sélectionnée à ma grande surprise et j’ai passé l’année la plus extraordinaire de ma vie! J’ai appris plein de choses, notamment à jouer du piano. D’ailleurs, aujourd’hui je compose tout au piano et je m’accompagne sur scène aussi. J’ai ensuite fait le Festival International de la chanson de Granby comme demi-finaliste, et j’ai lancé mon premier album Morceaux de verre (ainsi qu’une ligne de bijoux sur Etsy sous le même nom), j’ai joué un peu partout au Québec… Cette première sortie m’aura permis de faire un 2e disque, Iris pollués, de façon indépendante, mais bien entourée.

D’ailleurs, comment décrirais-tu ton univers musical? 

Je trouve que c’est LA question la plus difficile à laquelle répondre! Je dirais qu’il y a clairement des influences de chanson française. C’est de la musique «entre deux chaises», je dirais. Accessible et accrocheuse, mais surprenante aussi. J’aime beaucoup les nuances, jouer avec les rythmes et les intensités. Il y a une petite touche 70s dans mon deuxième album et j’adore ça! Il y a aussi un côté «classique, mais sans formation» dans mes arrangements de voix et mon playing de piano.

Quelle est ta relation avec la nourriture? 

Contradictoire. J’adore manger, mais j’aime tellement travailler que parfois j’oublie de le faire. Parfois, il est rendu 14h et je n’ai rien mangé encore. J’essaie de changer ça, mais j’ai de la misère! Je ne suis vraiment pas un exemple à suivre. Aussi, je suis une bibitte à sucre. Je mangerais des desserts à chaque repas si je pouvais, mais je dois me contrôler! Mon repas préféré est le souper, parce que c’est celui sur lequel je mets le plus de temps, tant pour le cuisiner que pour le savourer. 

«C’est de la musique « entre deux chaises »,  je dirais. Accessible et accrocheuse, mais surprenante aussi.»

Es-tu aussi douée derrière les fourneaux que sur une scène?

Oui et j’ai appris de la même façon: par essai-erreur. Même si dans les deux cas j’ai toujours été assez chanceuse! J’aime beaucoup les deux, mais je ne ferais clairement pas de la cuisine mon métier. J’admire tous ceux qui le font! 

Quel genre de musique écoutes-tu lorsque tu cuisines? 

Ça dépend vraiment de ce dont j’ai besoin. Souvent, je n’en mets pas, car j’ai fait du bruit toute la journée et j’ai besoin de silence (j’aime beaucoup le silence). Par contre, quand j’ai le goût de me remonter le moral ou d’être énergique, je vais écouter des trucs plus rythmés. J’ai un gros trip années 70 ces temps-ci. Si j’ai envie de faire de la cuisine en relaxant, je vais plus mettre quelque chose comme du Alexandra Stréliski. Sinon, l’endroit où j’écoute le plus de musique, c’est en voiture.

Si Marie Onile était un plat, quel serait-il? 

Je dirais un sushi, parce que c’est des saveurs mélangées, c’est coloré et ça prend de la minutie, du temps et du travail pour en préparer. Aussi, parce que j’accorde beaucoup (trop) de place à l’apparence/l’esthétique et qu’un sushi c’est très visuel comme expérience. Mon prochain step, c’est d’être un poke bowl: parce que c’est un peu moins strict au niveau de la présentation, mais le contenu reste le même. 

Crédit photo: Jean-Philippe Sansfaçon.

Et si IRIS POLLUÉS était une recette, quels en seraient les ingrédients? 

Une bonne recette de soupe tonkinoise, parce que c’est chaleureux, c’est nourrissant et ça peut se manger dans n’importe quel état d’esprit.

«Mon prochain step, c’est d’être un poke bowl.»

Ton dernier repas et la dernière musique que tu écouterais… Si tu devais mourir demain?! 

Ce serait un repas de plein de petites choses pour qu’il s’éternise le plus longtemps possible et que je goûte à beaucoup de choses pour une dernière fois. Il y aurait du pain baguette de boulangerie et des fromages hors de prix, de grosses olives vertes avec un vin rouge corsé. Il y aurait également des morceaux de bavette marinés à la coriandre et lime (comme mon papa me fait souvent quand je vais voir mes parents) avec des frites, du crabe des neiges (pour faire un genre de terre-mer), et là je me gâterais avec un dessert surprise (parce que j’aime les surprises et ça fait que je partirais encore grandie d’une expérience de plus).

Pendant que je mangerais tout ça entourée de toute ma famille et belle-famille, j’aimerais que la chanson «Be our guest» du film La Belle et la Bête joue pour que ce soit festif. Et aussi, ce ne serait pas moi qui ferais la vaisselle! 😉

Quel est ton plus gros «fail» culinaire? 

J’ai voulu faire une salade de betteraves et je n’ai pas regardé mon niveau d’eau en les cuisant pendant 40 minutes. Le fond du chaudron a brûlé; il a même été déclaré «scrap». Par contre, j’ai quand même enlevé le brûlé des betteraves du fond et j’ai fini ma salade. Quand j’en ai mangé, j’ai découvert un petit goût fumé très… Intéressant.

…Et ton plus gros «fail» musical? 

Je devais avoir 16 ans. Je faisais un spectacle-bénéfice ayant pour thème les années 60 et j’interprétais «Le temps de fleurs» de Dalida. Je portais une robe mi-cuisse fleurie assez pâle. Il faut savoir que je suis archi nulle pour danser, je ne suis pas fluide du tout, mais pour ce numéro, je devais faire un mouvement en prenant ma robe, il y avait un metteur en scène. Dans la salle où on jouait, la scène était surélevée par rapport aux spectateurs. Je n’y ai pas pensé, mais lorsque je me suis mise à faire le mouvement avec ma robe, parait-il qu’on a vu ce que je portais en dessous, c’est-à-dire des bobettes beiges très chics! Le plus glorieux moment de ma carrière.  

Enfin, que faudrait-il que je te serve et que je passe comme musique pour créer ton souper parfait? 

Je ne suis vraiment pas difficile en termes de nourriture, alors je te dirais «surprends-moi». Et en musique je serais du genre à vouloir découvrir, donc je te dirais encore «surprends-moi»!

🌀 Marie Onile

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