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Bon Magasinage: Remettre les vêtements d’occasion au goût du jour

Bon Magasinage: Remettre les vêtements d’occasion au goût du jour

Ce n’est pas un secret, l’industrie de la mode se niche dans le palmarès des plus polluantes. Candice Bouchez pense toutefois que chacun peut contribuer pour la planète en se tournant vers les vêtements de seconde main. En quelques clics, Bon Magasinage permet l’achat et la vente de vêtements, d’accessoires et de chaussures entre particuliers. Le concept permet de rechercher des pièces par filtres et catégories.

«Dans mon quotidien, j’essaye de faire comprendre qu’on peut consommer autrement, car un jour, on n’aura plus le choix, déplore l’entrepreneure. Je mets toujours en avant l’économie circulaire des articles d’occasion.» Le regard vif et dotée d’un optimisme indubitable, la Française expatriée au Québec depuis 4 ans souhaite qu’avant de pousser les portes des renommés magasins de fast-fashion, nous nous tournions vers le linge usagé pour lui offrir une nouvelle vie… Ou un nouveau propriétaire, si le temps nous a lassés de certains morceaux!

Diplômée d’une école de mode, Candice Bouchez s’est rendu compte lors de ses études que la durabilité n’était pas toujours au rendez-vous. «Maintenant on commence enfin à parler de mode éthique dans les programmes, mais à l’époque, c’était plus axé sur la création et je voyais le contraste entre ce qu’on fabriquait et tout ce qui était perdu, gaspillé et jamais utilisé, car les marques n’utilisent pas tout le stock.»

Celle qui a depuis longtemps un intérêt marqué pour les friperies physiques et digitales ne voit pas son parcours universitaire comme étant une contradiction, mais plutôt comme une prise de conscience. «Je voyais déjà que dans le futur, l’univers de la mode devrait s’adapter. J’ai tout de même fait mes stages au sein d’entreprises qui se questionnaient sur la consommation de masse. En fait, j’ai toujours trouvé des univers «parallèles» soucieux du futur pour m’épanouir.» 

Candice Bouchez. Courtoisie.

Alors qu’elle pose sa valise à Montréal pour la première fois en 2015, Candice Bouchez se rend compte qu’aucune plateforme web dédiée au «vide-dressing» n’existe pour les Québécois.es. «J’adorais passer plusieurs heures en France à dénicher des vêtements grâce à ces sites, indique-t-elle. Chez Renaissance et à l’Armée du salut j’ai trouvé plein de choses, mais se mettre devant son ordinateur, filtrer la recherche, voir les prix et discuter avec le vendeur, c’est un confort qui me manquait. La mode seconde main devrait être facile d’accès.» L’idée de remédier elle-même à ce manque fait son chemin alors qu’elle décide d’aménager ici de façon permanente.

D’ailleurs, l’entrepreneure se souvient précisément de son déclic. «C’était un dimanche à 5h du matin, en aout 2017, je n’arrivais plus à dormir, je me suis levée et je me suis dit: c’est aujourd’hui, je vais trouver un moyen de monter une plateforme! Depuis ce moment-là, il n’y a pas eu une seule journée sans que je pense à Bon Magasinage, se remémore-t-elle en riant. Trois semaines après, la première version du site sortait. Un ami développeur m’a aidé alors que je n’avais pas de budget, tout était gratuit au début comme Kijiji, et j’ai commencé à vérifier les personnes et les photos pour faire un tri.»

Du linge et des relations humaines

Aujourd’hui Bon Magasinage encaisse une commission de 10% par transaction afin de financer la micro-entreprise que Candice Bouchez gère et développe seule. Avec fierté, la fondatrice annonce que la plateforme compte environ 3000 inscrits. «Je veux assurer le meilleur service aux clients possible. Je réponds énormément aux membres, peu importe l’heure, j’adore discuter avec eux. J’aimerais vraiment offrir une expérience client parfaite, c’est ma priorité. Quand mes inscrits ont envie de quelque chose, une fonctionnalité par exemple, je me penche sur le budget nécessaire et je mets les choses en place dès que je le peux», explique celle qui continue de faire quelques livraisons de vêtements pour «avoir l’opportunité de rencontrer les adeptes de Bon Magasinage».

La communauté est pour elle un facteur élémentaire. Expatriée, Candice Bouchez n’a pas pu obtenir de subventions ou intégrer un programme local d’incubation pour sa «jeune pousse». Néanmoins, cela ne l’a pas empêché de toquer aux portes, de promouvoir son projet auprès de personnes-ressources, de se faire repérer par la Fondation Montréal inc. et même de remporter des récompenses, dont un prix coup de coeur de la Ville de Montréal lors du Startupfest.

«Pour moi les vrais héros, c’est ceux qui créent des entreprises en cohérence avec chaque maillon de la chaine.»

Sa motivation? Elle la puise des retours positifs des utilisateurs de Bon Magasinage et des encouragements reçus cette dernière année de ses pairs créateurs d’entreprises. De plus, elle semble énormément muée par le désir de changer les mentalités et de faire «de la seconde main la première mode». Rapidement, la jeune femme s’est constitué un réseau local d’entrepreneur.es à impact avec qui échanger et s’inspirer, dont Laure Mabileau, membre de l’équipe du festival Zéro Déchet de Montréal ou encore d’autres bâtisseuses de la mode éthique avec qui elle a cocréé l’événement Parlons Slow Living.

Spontanéité et transparence

La Française mentionne que le documentaire The True Cost a été un cataclysme dans sa vie et pour son choix engagé d’oeuvrer en slow-fashion. «On paye des vêtements à 5 ou 10 dollars certes, mais au moins cher on les achète, au plus ça fait du mal à des humains de l’autre côté de la planète et à la planète, car on surexploite les richesses de la terre. C’est un cercle vicieux. […] La consommation de masse c’est sans fin, on nous fait croire que si on achète des biens ça nous amènera quelque part, mais non ça ne s’arrête jamais à moins qu’on le décide nous-mêmes.»

Candice Bouchez. Courtoisie.

Candice Bouchez s’habille majoritairement avec des vêtements achetés sur Bon Magasinage. Elle assure que son initiative entrepreneuriale l’a du même coup réconcilié avec la mode. «Il y a des choses que je n’aurais jamais achetées, mais qu’avec la seconde main, à des prix abordables, j’ose tester», ajoute-t-elle, grand sourire.

Écoresponsables, la vente et l’achat de vêtements d’occasion s’inscrivent dans le mouvement de la décroissance qui souhaite un avenir moins capitaliste et plus conscient. «Les Zara de ce monde sont des entreprises qu’on dit prestigieuses, car elles font des milliards de recettes, mais moi mon admiration se tourne au contraire, vers les entreprises qui peuvent expliquer comment elles font des bénéfices et qui montrent comment elles en sont arrivées là. Pour moi les vrais héros, c’est ceux qui créent des entreprises en cohérence avec chaque maillon de la chaine et qui au final… ne font pas tellement de bénéfices!»

Elle espère tout de même voir grandir Bon Magasinage et insuffler aux Québécois.es l’envie de recycler et renouveler leur garde-robe et celle de leurs enfants en optant pour la seconde main.

👚👢 Bon Magasinage

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