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Upcycli: Pour un usage durable et responsable de nos vêtements

Upcycli: Pour un usage durable et responsable de nos vêtements

Par Claire-Marine Beha
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Rédactrice en chef, à l'affût des histoires et des projets audacieux.

Plusieurs enjeux ont poussé les deux entrepreneurs basés à Montréal à conceptualiser Upcycli. Facilitatrice de «vide-dressing», l’application permet un magasinage plus écoresponsable et souhaite de cette manière valoriser l’économie circulaire. Rappelons-le, la mode est l’une des industries les plus polluantes au monde. C’est pour cette raison qu’Upcycli ne se contente pas de son interface de transactions et mettra cet été en place des activités d’upcycling afin d’apporter son expertise à la lutte contre le gaspillage des textiles.

Élodie Lourimi est une passionnée de mode à l’intuition sociale manifeste. Il y a déjà quelques années, elle s’associait avec Christopher Montoya, spécialiste en nouvelles technologies, pour créer à Paris «Dressing Therapy», un projet de désencombrement, de réorganisation de garde-robes et de coaching vestimentaire sur la mode de seconde main.

Seule, elle lance ensuite des événements de troc de vêtements à Montréal en 2015, avant de collaborer à nouveau avec son partenaire d’affaires il y a quelques mois sur l’initiative Upcycli. Présentement, c’est une communauté plus éthique de consommateurs de mode qu’ils veulent bâtir.

Depuis le 8 mars dernier, date de mise en route officielle de l’application, les deux fondateurs tentent de sensibiliser le public aux potentiels socio-environnementaux que représentent les vêtements usagers. Quitte à se débarrasser de certains morceaux, pourquoi ne pas les vendre ou encore adapter les tissus à de nouveaux besoins? Rencontre.

Comment et quand avez-vous eu le déclic de concevoir Upcycli?

Nous n’avons rien inventé, vendre et acheter des vêtements en ligne, ce concept existe déjà sous différentes formes! Hormis les friperies, Élodie souhaitait obtenir plus d’alternatives pour renouveler sa garde-robe et donner une seconde vie à ses vêtements. Elle lance en 2016 Dress Me Up Montréal. Organisé tous les deux mois, c’est une moyenne de 700 morceaux qui sont échangés à chaque évènement.

Fin 2016, Élodie décide de reprendre le concept d’un ancien projet imaginé avec Christopher, «Clothing Up». Le principe est de récupérer des vêtements qui ne peuvent pas être échangés ou donnés et de les transformer. C’est comme ça qu’elle réalise son premier upcycling en créant un coussin à l’image de Dress Me Up. Face à l’absence d’alternative viable, il n’en fallait pas plus pour que nous décidions de développer ensemble une plateforme mobile spécialisée dans la vente, l’achat et le upcycling de vêtements de seconde main.

De quelle manière fonctionne l’application? 

L’application se veut simple, intuitive, gratuite et disponible pour tous. Toutefois, nous n’acceptons pas les profils professionnels comme les boutiques. Nous nous positionnons comme un marketplace en ligne, spécialisé dans la vente, achat et upcycling de vêtements. C’est-à-dire qu’à ce jour, notre objectif est de mettre en relation des particuliers. Nous ne gérons pas le paiement ou la livraison des articles. Toutefois, nous souhaitons développer les futures fonctionnalités en fonction des besoins et des retours des utilisateurs. Par exemple, l’intégration du paiement via Interac est à l’étude, mais pour l’instant, nous préférons nous concentrer sur l’amélioration de l’expérience actuelle.

L’utilisateur passe à travers 5 étapes dans le processus d’achat d’une pièce:

  1. L’écran principal affiche les articles les plus proches, il est possible de filtrer et rechercher des vêtements par critères (taille, prix, qualité, marque, etc.).
  2. L’utilisateur accède à la fiche d’un vêtement qui lui plait et peut échanger directement avec le vendeur via la messagerie instantanée.
  3. L’utilisateur et le vendeur discutent ensemble des modalités de la vente (comptant, virement interac, remise en main propre, livraison à domicile, etc.).
  4. La transaction s’effectue ensuite en dehors de l’app.
  5. L’utilisateur peut ainsi valider la vente/l’achat dans Upcycli et évaluer la transaction en déposant une note et un commentaire sur le profil de son interlocuteur.

À l’heure où Kijiji et probablement une centaine de groupes Facebook existent pour l’achat et la vente de vêtements seconde main, pourquoi avoir choisi de concevoir une application mobile?

Nous ne pouvons nier l’avantage principal des plateformes comme Facebook et Kijiji, elles sont populaires, et ont l’avantage d’offrir un énorme catalogue pour les utilisateurs. Malheureusement, elles ne sont pas ergonomiques pour les utilisateurs mobiles (43% du trafic web provient d’un appareil cellulaire au Canada en janvier 2019) et sont trop génériques.

Les groupes Facebook, Marketplace Facebook ou encore Kijiji; ces plateformes sont des véritables fourre-tout! Combien de temps vous faudra-t-il pour trouver un manteau d’hiver, proche de chez vous, correspondant à votre taille, goût et budget? Mettons que vous avez trouvé votre perle rare en moins de 10 minutes, comment avoir la garantie que votre interlocuteur est un vendeur fiable et honnête?

Nous, nous souhaitons répondre à ces problèmes. La recherche d’un article par critère se fait en quelques secondes et la fiabilité d’un vendeur est visible d’un coup d’oeil grâce à notre système d’évaluation. Notre force est de nous spécialiser sur un type de produit, les vêtements, ce qui va nous permettre de développer la meilleure plateforme de vente et achat de vêtements du Québec.

Notre plus gros point faible est cependant notre jeunesse sur le marché. Pour qu’une plateforme comme celle-ci fonctionne, il est essentiel de posséder un très grand catalogue de vêtements pour attirer les utilisateurs, mais pour mettre en ligne un large choix de vêtements, il faut des utilisateurs, et vice-versa!

Les avantages d’utiliser Upcycli sont les fonctionnalités spécialisées à la vente et à l’achat  (filtre et recherche par taille, marque, couleur, état, etc.), l’interface mobile simple et intuitive, le système d’évaluation entre utilisateurs qui permet d’éviter les escroqueries ou les vendeurs/acheteurs laxistes, la mise en ligne rapide d’un article, le système de favoris qui permet de retrouver rapidement vos articles préférés ainsi que le résumé lisible de toutes vos transactions.

Dans quelle mesure Upcycli souhaite faciliter le magasinage écoresponsable?

La fast-fashion est un véritable fléau pour la planète, les consommateurs en sont de plus en plus conscients, mais pour changer les comportements et encourager de nouvelles habitudes, il est important d’offrir des alternatives. Upcycli veut se positionner sur ce créneau-là. Nous nous adressons à ce nouveau profil de consommateur qui veut magasiner autrement et avoir un impact positif à son échelle. Le besoin est déjà présent au Québec, la popularité des groupes Facebook et le dernier rapport de Kijiji sont la preuve que l’économie de seconde main est en train de prendre une place primordiale dans nos quotidiens.

Il n’y a pas qu’une seule manière de «mieux consommer» les vêtements; l’échange, la vente et l’achat sont les solutions les plus connues, mais nous pensons que la popularité de l’upcycling va croître très bientôt. Et pas seulement l’upcycling de vêtements. Il faut savoir que la vente et l’achat ne représentent qu’une facette de notre application, viendront ensuite les tutoriels d’upcycling ainsi que les ateliers dans les plus grandes villes du Quebec. 

L’une de nos fonctionnalités à venir permettra aux utilisateurs de visualiser un indice «impact écologique» sur chaque article, car chaque geste compte. Upcycli est la base de notre projet, qui est de constituer une communauté, afin d’ensuite proposer d’autres concepts écoresponsables autour du vêtement.

Parlez-nous un peu des ateliers que vous allez prochainement mettre en place.

Les ateliers Upcycli se concentreront sur trois aspects spécifiques: le renfort de la dimension sociale, la sensibilisation à la réutilisation de la matière et le partage du savoir-faire. Nous fournirons le lieu et le matériel nécessaire afin de transformer de vieux vêtements (sac à dos en jean, housse de coussin, etc.). Ils seront payants et limités à des petits groupes, 10 personnes maximum, afin de privilégier l’échange et le savoir-faire.

Upcycli

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