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Charly Guth, brasseur et fondateur de la Microbrasserie Guth

Charly Guth, brasseur et fondateur de la Microbrasserie Guth

Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

Je m’appelle Charly Guth, j’ai 23 ans et j’ai créé ma propre microbrasserie en octobre 2018. Après un passage en sport étude (cyclisme) et quelques résultats au niveau national, je me suis redirigé vers les métiers de bouche et un passage au lycée hôtelier en Alsace. C’est en Corsem lors d’une saison d’été dans un restaurant étoilé que je me suis pris de passion pour le vin et les boissons en général (digestifs, thés, café…). D’abord responsable de salle en restauration gastronomique puis gérant salarié dans un bar à vins, j’ai débuté des microbrassins de 20 litres dans ma cuisine en ayant lu l’un ou l’autre bouquin au préalable.

C’est après plus de 4 ans de brassage amateur que je décide de me lancer à temps plein dans mon projet de création de brasserie, après un an de montage de projet je peux enfin démarrer la production.

Dans quelle ville?

J’ai créé la brasserie en Alsace dans un petit village d’un petit peux plus de 300 habitants entre Strasbourg et Colmar à St Maurice.

Un mot pour définir quel type de travailleur vous êtes…

J’ai toujours beaucoup travaillé et eu des charges de travail assez importantes, d’abord avec le cyclisme où je passais entre 16 et 20 heures sur le vélo en plus des études, puis dans la restauration où les semaines de 70 heures sont monnaie courante.

D’où vient votre intérêt pour la microbrasserie?  

Mon intérêt pour la microbrasserie m’est venu quand j’étais dans la restauration gastronomique, côtoyer de bons produits de beaux vins, des vignerons passionnés… J’ai toujours admiré le travail qui est réalisé par des producteurs passionnés! Et un jour j’ai découvert qu’il était possible de produire sa propre bière à la maison.

Qu’est-ce qui rend votre bière unique? 

Ma bière est unique puisqu’elle n’a été influencée par aucune «mode» d’autres brasseries. En effet, j’ai découvert la bière artisanale par le brassage personnel. Je n’avais jamais réellement bu de bières de microbrasserie avant de commencer à brasser.

Quelle est la taille de votre brasserie? 

Je peux produire, embouteiller et étiqueter jusqu’à 1000 litres de bière par semaine. Je dispose d’une unité de brassage de 500 litres et de trois fermenteurs thermorégulées et isobarométriques de 1000L. Je réalise donc deux brassins de 500 litres lors d’une journée de brassage. L’embouteillage et l’étiquetage se font de façon entièrement manuelle.

Quels outils sont essentiels à votre vie? 

L’outil qui est pour moi le plus important est l’application Deezer pour avoir toujours de la musique lors de mes longues journées d’embouteillage (2 jours pour 1000L…)

À quoi ressemble votre espace de bureau? 

Mon espace de bureau est situé au milieu de mon stock de bouteilles et de fûts de bières. Il s’agit de l’ancien bureau de mon grand-père. On y retrouve son ancien porte-stylo thermomètre qui contient bon nombre de stylos qui ne fonctionnent plus, mais que je n’arrive pas à jeter!

Avez­-vous une façon d’organiser vos journées afin d’optimiser votre travail? 

Je n‘ai pas de réelle organisation de journée. Étant tout seul à produire et vendre mes produits, je reste toujours lié à mes clients, salons, et autres événements…

Quelles astuces conseilleriez­-vous pour améliorer la productivité? 

Pour améliorer ma productivité, s’il y a bien quelque chose que j’ai appris à mes dépends, c’est qu’il ne faut pas vouloir aller trop vite et laisser le temps au temps de faire certaines choses. Ne pas vouloir griller les étapes.

Vous êtes meilleur que vos collègues de travail pour…

Mon avantage par rapport aux autres est peut-être mon côté obstiné à la tâche. Quand je commence quelque chose, il faut absolument que je le finisse. Même si des fois il peut s’avérer qu’il s’agisse d’un défaut je suis plutôt une personne bornée.

Comment contrôlez-vous la croissance de votre microbrasserie? 

Je ne contrôle pas trop mon évolution de croissance. J’attends d’avoir un an d’activité avant de me fixer de réels objectifs. Il me faut également un an d’activité pour savoir de façon claire et précise vers où je me dirige.

Quelles votre stratégie pour faire connaitre votre bière? 

Pour faire connaitre ma bière, j’essaye de toucher un panel très large de clientèle. Bars, restaurants, cavistes, festivals, événements à la brasserie, salons… J’essaye de rester assez actif sur les réseaux afin de faire vivre un minimum ma marque. J’essaye même si ce n’est pas évident de mieux faire connaitre aux gens la bière artisanale, que le panel gustatif d’une bière est extrêmement large. D’essayer de faire comprendre qu’une bière peut très bien se déguster avec un bon plat en accord à la place/complément du vin. Le marché devient de plus en plus saturé il est important de trouver un maximum de clientèle. Je n’arrive pas encore à vivre de mon activité, je serais surement plus serein lorsque ma situation financière sera stabilisée.

À propos du design, qu’est-ce que votre marque représente?

Mon design de bouteille se veut assez sobre et élégant. Je me suis fortement inspiré de bouteilles de vin. Je voulais un produit qui puisse très bien se retrouver sur de belles tables, dans de grands restaurants gastronomiques ou dans un festival de musique.

Par qui votre design a-t-il été conçu? 

La réalisation de mon design et de mes étiquettes a été très longue et compliquée. Il y a, en tout, trois personnes différentes qui m’ont réalisé trois styles d’étiquettes complètement différentes. Je ne savais plus moi-même ce que je souhaitais vraiment. Je ne voulais pas me tromper et avoir un produit qui me ressemble. Mais lorsque j’ai reçu les derniers modèles, j’ai tout de suite su que c’était ce que je voulais. C’était finalement ce qui me ressemblait le plus.

Qu’est-ce qui vous inspire et vous motive à aller au travail chaque jour? 

Ce qui me motive le plus à aller travailler chaque jour est le fait de construire tous les jours une partie de l’histoire de cette brasserie en étant parti de zéro. Partir d’une pierre brute et sculpter jour après jour une autre partie de cette œuvre avec le risque néanmoins tous les jours de donner le mauvais coup de marteau et de faire une erreur irréparable. J’aime bien me donner de nouveaux objectifs et de voir le projet avancer.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné? 

Le meilleur conseil qu’on m’ait donné est de ne jamais avoir de regrets dans sa vie. J’ai toujours essayé de réaliser mes rêves ou au moins de m’y donner les moyens. Que ce projet réussisse ou échoue, j’aurais essayé. Si je ne l’avais pas fait, j’aurais toujours eu ce regret de ne pas l’avoir fait. Peut-être qu’un jour j’aurais un autre projet dans la suite logique de la brasserie ou alors complètement différent, mais j’essayerais. Je ne veux pas passer à côté de quelque chose je veux essayer un maximum de choses.

Quel est votre meilleur truc pour sauver du temps? 

Malheureusement, je n’ai pas encore à devoir chercher à sauver du temps. J’en dispose d’ailleurs encore de trop à mon gout.

Quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu’un qui souhaite démarrer une brasserie?

Je commence pratiquement toutes mes journées par un petit déjeuner dans le bistrot familial encore tenu par ma grand-mère de 87ans et qui se situe juste à côté de la brasserie. Elle ouvre le bar presque tous les jours à 7h et ferme vers 20h. En fin de journée, j’aime bien passer la voir m’assoir 30 secondes à une table avec elle et lui souhaiter une bonne soirée.

Mis à part votre ordinateur et votre téléphone, de quel gadget ne pouvez-vous pas vous passer? 

Le gadget dont je ne pourrais plus me passer est mon ébulliomètre des années 1940 mais qui fonctionne encore à merveille. Et ma tireuse à bière bien évidement car le but de la bière est bien de la partager…

Avez-vous des nouveautés à venir? 

Je suis actuellement sur un projet d’IPA pour cet été. Je souhaite aussi mettre en place un système de Growler.

Microbrasserie Guth

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