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Quand les citoyens s’approprient les terrains vacants avec l’aide de Lande

Quand les citoyens s’approprient les terrains vacants avec l’aide de Lande

Salut Gabriel! Il y a un an, tu intégrais l’équipe de Lande. Parle-nous un peu plus de sa création.

C’était en 2014. Deux initiatives similaires portées par des diplômés en maîtrise se sont rassemblées pour former Lande, elles étaient motivées par le constat que 25km2 de la superficie de Montréal était vacante. L’initiative s’inscrivait dans la mouvance de réappropriation citoyenne de la ville. Lande s’est inspiré de 596 Acres à New York, une initiative qui fait justement du plaidoyer en faveur de l’accès aux terrains vacants pour les redonner aux citoyens.

Comment définirais-tu la portée de votre mission?

C’est de faciliter la réappropriation des terrains vacants à Montréal et d’attirer l’attention sur le potentiel de ces espaces complètement sous-utilisés afin de redonner la ville aux citoyens par des moyens, des démarches et des approches de participation citoyenne.

Vous fournissez plusieurs services d’accompagnement. À qui sont-ils destinés?

Je dirai que les premiers bénéficiaires de notre accompagnement sont les citoyens, et si l’on a à vendre des services, les clients seraient les arrondissements. On ne demande pas aux citoyens de payer pour ces services, et la carte interactive leur permet de localiser des espaces et de signaler leur intérêt. On accompagne les citoyens pour leur permettre de démystifier tout ce qui est lié à la réglementation et aux démarchages à travers la bureaucratie des arrondissements et de la ville-centre. On facilite également la mise en contact avec d’autres interlocuteurs, que ce soit l’arrondissement, les commerçants ou même d’autres citoyens qui veulent s’impliquer.

La cartographie prend une dimension importante dans le processus de co-construction. De quelle manière vous est-elle utile?

La cartographie est vraiment une influence de 596 Acres qui avait une plateforme similaire à celle-ci. Elle permet aux citoyens de signaler qu’il y a un intérêt d’investir un espace dans son milieu de vie. Le public est donc invité à identifier des terrains puis, une fois la demande reçue, nous nous occupons de chercher les informations relatives à ces espaces. La mobilisation peut commencer une fois le terrain identifié; c’est un bon début dans une démarche de réappropriation.  

Dans le domaine de l’urbanisme, une bonne communication est primordiale pour rejoindre les citoyens. Quelles sont vos façons de procéder?

La communication passe par différents canaux. Déjà, on fait campagne pour rejoindre le public le plus large et diversifié possible, pour obtenir une inclusivité maximale. En ligne, on s’adresse également à un grand public grâce aux réseaux sociaux. En personne, être présent sur le site en soi est essentiel. Sinon, le porte-à-porte est un très bon moyen de communiquer un projet et de pouvoir discuter des idées qui pourraient avoir lieu sur le terrain. 

Il y a aussi plusieurs autres manières, comme porter des affiches dans les commerces, institutions et établissements de proximité pour présenter les projets aux autres acteurs du milieu et les informer sur ce que l’on fait et l’intérêt que l’on a sur un terrain pour pouvoir fédérer le plus de participants possible. On est dans un rôle de facilitateur et d’intermédiaire entre les différents acteurs et on s’assure d’établir des liens de confiance avec tout le monde.

Depuis automne 2017, une nouvelle administration est en place à Montréal. Quelles sont les perspectives d’avenir?

On sent une ouverture qu’il n’y avait pas nécessairement avant. Lorsque l’on a soumis des projets au printemps passé, pratiquement au lendemain de l’élection, on a été contacté par plusieurs arrondissements qui démontraient leur intérêt pour des projets comme le nôtre. C’est sûr que si l’on veut développer des projets et programmes à l’échelle de la ville, le contexte politique est clairement favorable pour des organismes d’accompagnement et de participation citoyenne. 

On remarque aussi ces dernières années davantage d’implication des citoyens dans leur environnement. Quel est ton regard sur ce phénomène?

Il est super intéressant et motivant de voir un intérêt grandissant de la part des citoyens dans la transformation de leur milieu! Actuellement, une certaine ouverture politique et des programmes plus adaptés permettent aux citoyens de s’exprimer et de s’investir sur une échelle qui les touche directement: celle du quartier, du milieu de vie. Des organismes comme le nôtre facilite ce désir d’implication, lie les forces vives et favorise le déploiement de projets innovants qui proviennent bien souvent des citoyens eux-mêmes… Bref favoriser l’intelligence collective au service des collectivités!

Vous optez pour une démarche collaborative où les citoyens sont initiateurs de projets urbains. En quoi cette approche «bottom-up» est-elle bénéfique pour l’aménagement du territoire?

Co-créer la ville avec les éléments constitutifs de la vie urbaine, c’est-à-dire les citoyens qui vivent et parcourent l’espace quotidiennement, devrait simplement être la norme aujourd’hui. Les avantages de la participation citoyenne sont énormes et multiples! Par exemple, les citoyens sont à même de développer une meilleure compréhension des enjeux urbains et des composantes de leur environnement, ou encore de participer à un meilleur maillage entre les individus provenant d’horizons différents.

Dans un exercice prospectif, comment vois-tu l’appropriation territoriale par les citoyens dans 5/10 ans?

L’intérêt est grandissant, à Montréal comme à travers le monde. Dans un idéal atteignable, une démocratie active et participative se développera davantage à l’échelle locale de la ville. La notion des communs saura aussi faire son chemin dans l’imaginaire collectif et les politiques publiques. De grandes avancées et transformations sont à prévoir selon moi.

Lande

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