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Dans l’atelier de Cécile Gariépy: Raconter des histoires à travers l’illustration ludique

Dans l’atelier de Cécile Gariépy: Raconter des histoires à travers l’illustration ludique

Même si Cécile Gariépy dessine depuis qu’elle est enfant, elle n’aurait jamais pensé que cet amour se transformerait en métier et encore moins que les médias sociaux deviendraient l’élément déclencheur de sa carrière. 

«Je suis allée faire ma maîtrise en cinéma à Paris. Là-bas, pendant la rédaction de mon mémoire, j’ai commencé à faire des petits dessins inspirés de mes expériences en France et à les mettre sur Instagram. Mes illustrations ont eu un petit succès et ça m’a donné envie d’en faire d’autres. Puis, quand je suis revenue à Montréal, les gens ont commencé à m’appeler pour des illustrations plutôt que pour faire de la réalisation! C’est grâce à Instagram que j’ai obtenu des contrats. Ça fait assez « millenial » mon affaire! C’est là que j’ai décidé de changer de métier», dit-elle, ravie de la tournure des évènements.

Un monde à dessiner

L’artiste visuelle a toujours eu envie de raconter, de dire ce qu’elle voit et perçoit à l’aide de l’image. Qu’elle oeuvre comme réalisatrice ou illustratrice, deux métiers qui ont des liens communs indubitables, Cécile Gariépy aime conter des histoires. «À la base, ce qui m’intéressait à Paris, c’est ce qui se passait autour de moi, indique-t-elle. J’avais envie d’illustrer ce que j’entendais de drôle, de rendre compte des anecdotes qui m’arrivaient.»

L’illustratrice conçoit le monde extérieur, la vie quotidienne et ce qui l’entoure comme un espace privilégié où puiser ses idées. «J’aime illustrer ce que j’entends dans la rue, je m’inspire des visages que je vois dans le métro ou dans l’allée d’épicerie. Les gens sont une source d’inspiration. J’aime les gens, j’aime le monde», affirme-t-elle, simplement.

Cécile Gariépy a appris à dessiner de manière autodidacte. Ses créations ont non seulement des allures ludiques avec leurs formes et leurs accents colorés, mais elles ont aussi des traces de l’enfance. «Quand je dessine, c’est vraiment intuitif. Je m’amuse à dire que je dessine comme j’écris. J’ai pas 56 calligraphies différentes, je n’ai que la mienne, je ne sais que dessiner de cette manière… En fait, je ne sais pas dessiner! Je dessine comme ça, je ne peux pas faire autrement!», avoue-t-elle, prise d’un fou rire.

L’équilibre du travail autonome

Selon elle, être illustratrice est un métier solitaire. Travailler dans un espace où d’autres artistes créent est donc l’idéal. «Ça me prend ça pour être bien, pouvoir jaser, rigoler, sinon je ne ferais que parler à mon chien et répondre à des courriels toute la journée!»

En tant que travailleuse autonome, il est nécessaire pour elle de se créer une routine, d’avoir une certaine forme de stabilité, de structure. «Je peux travailler n’importe où, mais j’aime bien avoir mon espace et un horaire de travail comme tout le monde, sinon je me perds. Je ne peux travailler 24h/24. Il faut que je garde ça en tête et c’est pour cette raison que je dois parfois refuser des contrats», souligne-t-elle, consciente que certains choix doivent être faits pour assurer la qualité de son travail.

Sa création ne se fait pas dans la précipitation, la gestion du temps a son importance. «Ce qui est difficile, c’est de bien prendre le temps pour chaque illustration et de réfléchir à ce que l’on veut véhiculer, relève l’artiste visuelle. C’est ça le plus difficile, c’est de trouver le temps pour que l’idée vienne. Mon chien m’aide beaucoup a décrocher. J’arrange mes journées pour pouvoir être dehors, au parc, prendre de longues marches. Je me concentre sur autre chose.»

L’illustratrice soulève aussi quelques points pertinents lorsqu’il est question du travail artistique et de sa gestion. «Je me pose beaucoup de questions… Est-ce que je devrais avoir un agent? Est-ce que je devrais me trouver quelqu’un qui s’occuperait de tout ce qui à trait aux contrats, à la facturation et à la négociation des tarifs avec les clients, partie que je trouve plus difficile? Peut-être un jour! Pour le moment, j’ai encore l’énergie pour le faire.» Des questionnements qui sont communs aux artistes vivant de leur art.

Des grands projets et des réalisations significatives

Depuis son retour à Montréal en 2015, Cécile Gariépy ne cesse de recevoir des contrats provenant autant du Québec que de l’international. Plusieurs grands noms affichent ses créations tels que The New York Times, Spotify, Esquire UK, Nylon magazine, Red Bull Music Academy, Baillat Studio, la Place des Arts de Montréal, Desjardins, Magazine L’Actualité et Urbania.

Récemment, elle a réalisé une campagne pour Apple et, c’est pour elle, une très grande reconnaissance de son travail en tant qu’illustratrice. «Je n’ai pas de « bucketlist », mais si j’en avais une, ça en ferait partie!»

La travailleuse autonome a mené plusieurs projets qui verront le jour dans les prochains mois. Elle a publié en janvier dernier le livre jeunesse Coup de vent aux Éditions de La Pastèque, un rêve enfin réalisé pour l’illustratrice. Un deuxième sortira en avril prochain sous le nom d’Objets perdus. Fébrile, elle vivra son premier salon du livre à Paris, au mois de mars.

L’illustratrice et Olivier Charland, designer graphique, ont également fondé le studio de création Par Hasard en 2015. Alors que ce projet est mis sur pause depuis près de deux ans, le duo a l’intention de le relancer dans les prochaines semaines en concevant des workshops avec des artistes variés, des créateurs et des travailleurs autonomes à Montréal. Leur mission? Unir les diverses forces artistiques.

Certains autres projets futurs demeurent secrets, mais c’est avec un réel bonheur, promet-elle, qu’elle entame ses prochains contrats en création visuelle.

Cécile Gariépy

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