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Métier artiste: l’envers du décor de Guillaume Boudrias-Plouffe

Métier artiste: l’envers du décor de Guillaume Boudrias-Plouffe

Métier artiste: l’envers du décorCe sont des rencontres avec des artistes en arts visuels. Qu’ils viennent de la performance, de l’installation, de la peinture ou de la sculpture, mon but est de parler de leur situation économique. Je veux faire connaître aux lecteurs la situation d’emploi des artistes d’ici et la précarité que certains d’entre eux peuvent vivre. Sujet presque tabou, mais crucial. Voici donc l’occasion de découvrir des artistes d’une autre manière.

C’est à travers des entretiens qu’il réalise avec sa famille ou encore des personnes âgées qu’il puise le matériel brut qui va lui servir à construire ses oeuvres. Guillaume intègre dans son travail la performance, l’installation, les oeuvres sonores et les objets 3D trouvés ou créés. Son univers visuel est investi de pantoufles en phentex, de veste carreautée, de bûches, de crépis ou des fameux «glaçons» en plâtre que nous retrouvions jadis sur les plafonds de nos maisons. Avec des titres d’expositions comme Envoye-là ta garnotte!, Rallumer la fibre: la flamme, la flèche et l’éclair ou encore Pas d’chicane dans ma cabane! on comprend mieux pourquoi Guillaume se donne le titre de «ravaudeux d’histoires»: «Je me suis inventé un métier. Je vais chercher dans le folklore, le patrimoine, l’histoire ou les anecdotes et je réactualise ça. Finalement, j’ai décidé d’être un ravaudeux d’histoires.»

Guillaume a le vent dans les voiles depuis la fin de ses études en 2012 et les projets semblent se succéder à un rythme effréné. Il a eu de multiples occasions d’exposer son travail en centre d’artistes, de nombreuses bourses, des résidences d’artistes à l’étranger et plus récemment, son premier projet d’intégration des arts à l’architecture pour une nouvelle école située à Brossard. 

Ce trentenaire avoue avoir la chance d’être artiste à temps plein et de pouvoir vivre des revenus découlant de sa pratique. Ses revenus étant depuis peu essentiellement composés des subventions pour des projets, des honoraires pour les maquettes de 1 % et des redevances de présentations d’artiste. 

Stupéfait par sa chance et persuadé d’avoir une bonne étoile pour lui et les siens, il me confie que le tournant a véritablement été en 2013. Cette année-là, il reçoit à sa plus grande joie une subvention au projet du Conseil des arts du Canada et il découvre que le jury lui a également attribué le prix Joseph-S.-Stauffer. Ce prix est alloué à un artiste émergeant provenant des récipiendaires chaque année. Cette reconnaissance lui a donné l’essor nécessaire afin de poursuivre ses projets. Guillaume participe ensuite à la série documentaire «Les Contemporains», coordonnée par l’Arsenal en partenariat avec le MACM. Véritable incursion dans l’univers créatif de 6 artistes de la relève en arts visuels, le principe est simple: chaque semaine un artiste mentor différent leur propose un thème afin de réaliser une oeuvre. Peu suivie par le grand public lors de sa diffusion, cette expérience a néanmoins eu un impact positif pour Guillaume. En plus de rencontrer plusieurs artistes et travailleurs culturels, il a aussi pu faire découvrir son travail aux gens du milieu. Un coup de pouce enviable pour sa carrière.

Guillaume souligne lors de l’entrevue à plusieurs reprises l’importance du soutien de sa femme et de ses enfants: «Je me considère vraiment, vraiment chanceux. Oui, j’ai travaillé fort en famille. Émilie [sa femme] m’aide souvent, elle relit mes textes et me donne souvent des idées. C’est un travail pour moi d’équipe.» Sa famille et lui sont vraiment «tissés serrés» et les valeurs comme la filiation se reflète dans son travail. Il tenait cette année à mettre de l’avant l’entité familiale qu’est La Famille Plouffe. En officialisant cette entité de création, c’est également une belle manière pour Guillaume de conjuguer toutes ses passions. Constitué des membres de sa famille, La Famille Plouffe se réfère également aux émissions de radio et de télévision inspirées de l’œuvre romanesque de Roger Lemelin, Les Plouffe.

L’année s’annonce encore très chargée pour Guillaume avec deux expositions à venir à la fin de 2017, en plus de tous ses autres projets. En juillet, il a participé au VIIIe Jeux de la Francophonie à Abidjan, en Côte d’Ivoire, dans le volet sculpture/installation. La Famille Plouffe débute le 35e Symposium International d’art contemporain de Baie-Saint-Paul. Je salue l’engagement de cet artiste et souhaite que sa bonne étoile continue à briller fort longtemps pour lui et les siens.

Guillaume Boudrias-Plouffe

site web | La Famille Plouffe | SymposiumVimeo | Capsule fabrique culturelle

Crédit photo en-tête: © Guillaume Boudrias-Plouffe, Si je puis oultre: Le garocharium! (détail), sculpture, Nouvelle école du secteur C de Brossard, intégration des arts à l’architecture, 2017

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