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Philémon Cimon: poussé par le vent de l’idéal

Philémon Cimon: poussé par le vent de l’idéal

Pour son troisième album Les femmes comme des montagnes, Philémon Cimon s’inspire de Don Quichotte. Non, le chanteur ne se bat pas contre des moulins à vent mais libère les tabous, un à la fois, dans une quête d’idéal et de liberté. On discute infidélité, dépression et imaginaire avec celui qui livre un disque touchant et abouti.

« Je trouvais ça ben intéressant de jouer avec cette relation triangulaire qu’il peut y avoir entre vie réelle, vie imaginée, quête, comment concilier tout ça », expose Philémon Cimon. D’où la montagne, sommet inaccessible pour mettre en image ce triangle, ce qui lui a valu le fort joli qualificatif d’alpiniste de l’amour par Le Devoir. « Je suis vraiment dans la métaphore: la métaphore de la femme, dans la métaphore de la montagne, et non de la femme directement devant toi. »

On le disait en ouverture, Philémon a été interpellé par la quête du héros espagnol de Miguel de Cervantes. Le combat du compositeur est intérieur: il explore les dédales de son inconscient pour laisser venir des pépites de vérité, met en lumière « ce qu’on ose pas dire pis qu’il faudrait dire quand même. Essayer d’être honnête pour de vrai. Même si c’est pas beau. »

La création joue ici le rôle de « catalyseur de compréhension ». « Tout d’un coup, à force de rechercher, y a quelque chose qui va sortir, pis ça va te surprendre toi-même. Ensuite, une fois que tu l’as vu, tu le sais. » La chanson, « cette façon détournée de dire la chose », permet ainsi à Philémon Cimon de nommer des situations et des sentiments pas toujours aisés à s’avouer.

De ce processus résulte ainsi la pièce Maudit, un aveu d’envie d’adultère énoncé de manière la plus simple qui soit, d’une efficacité redoutable. « On est toujours en train de vouloir repousser nos limites: ça marche dans le couple, ça marche dans la sexualité, ça marche dans notre désir de connaître des gens. C’est la même même même énergie que le monde qui décide de traverser l’Atlantique à la rame. Pour moi c’est la même chose, sauf que ça, ça se dit. Mais dire: « j’ai envie de te tromper, t’es ma blonde pis j’t’aime pareil »? Ça se dit pas vraiment sans avoir une claque dans la face. »

Alors qu’il craignait froisser avec Maudit, l’accueil en spectacle est pour le moment très positif: la flèche de la franchise atteint donc sa cible. Un soulagement qui s’ajoute à (l’agréable) surprise des témoignages du public qui se dit touché par certains fragments de chansons. « Moi souvent, telle phrase peut être associée avec quelque chose de très précis », que ce soit lié à un événement s’inscrivant dans le réel ou à son processus créatif. « De voir que pour quelqu’un c’est devenu poétique , ou que ça a pris cette ampleur [d’évocation sentimentale], je me dis: oh ok, ça marche. »

« Je pense que la vie c’est un combat, pis des fois les combats sont beaucoup plus flous qu’on peut l’imaginer », comme si les ennemis imaginaires de Quichotte s’étaient avec les années logés dans nos têtes. « Nous autres, c’est la dépression, la solitude, l’isolement. À Cuba ça existe pas, ils ont d’autres choses à régler. » Pour Philémon, le vrai courage « c’est de faire l’effort d’être heureux. »

Et pour ce faire, la création est le moyen qui lui convient le mieux. « Ça me permet de naviguer à travers tout ça. » Comme un trait d’union entre ses Sessions cubaines et L’Été, Les Femmes comme des montagnes témoigne donc des plus récentes explorations du genre humain par Philémon Cimon. Et s’il se déploie plus doucement que ses deux albums précédents, les chansons prennent leur envol à force de répétition, comme poussées par le vent.

Les Femmes comme des montagnes
de Philémon Cimon
sur Audiogram

En spectacle au mythique Cinéma L’Amour
le 30 octobre
» Tous les détails ici

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