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« On ne cherche pas à devenir un nouveau repaire de hipsters limoulois! » – fondateur et directeur d’ecoutedonc.ca

« On ne cherche pas à devenir un nouveau repaire de hipsters limoulois! » – fondateur et directeur d’ecoutedonc.ca

On a beau avoir vécu une véritable explosion de blogues et de webzines montréalais sur la toile en réaction au virage numérique – allô Le Draveur, Bible Urbaine, Feu à volonté, Sorstu.ca, Les Méconnus et compagnie -, on dirait bien que la belle capitale n’a pas suivi la vague. Au fil des discussions – et des entrevues – avec des travailleurs de l’industrie musicale situés à Québec, un nom a pourtant été prononcé à quelques reprises: Jacques Boivin. Et son bébé né en 2011: ecoutedonc.ca.

En bonne journaliste – et curieuse assumée -, je suis allée faire mon tour sur le blogue que je connaissais seulement de nom. Ma foi: que de contenu pertinent! Ni une ni deux, j’ai contacté le fondateur et directeur du blogue musical pour lui poser quelques questions.

 « On essaie d’avoir un point de vue « 418 » sur la scène musicale québécoise.»

Tout d’abord, qu’est-ce qui lui a donné l’envie de fonder ecoutedonc.ca? « J’avais envie de partager mes coups de cœur musicaux avec mes amis. J’ai commencé sur Facebook, puis quand je me suis rendu compte que j’abusais un peu trop du mur de mes contacts, j’ai lancé un blogue. Au départ, ecoutedonc.ca ne servait qu’à partager les disques que j’aimais beaucoup. La formule actuelle est venue beaucoup plus tard, quand j’ai commencé à aussi couvrir des spectacles .»

Au fil du temps et des couvertures, la mission du blogue s’est précisée: « Ça fait un peu cliché, mais on veut faire découvrir les artistes dits « émergents » de la scène québécoise. Depuis un an environ, on se concentre beaucoup sur la scène locale (de Québec). On ne cherche pas à devenir un nouveau repaire de hipsters limoulois, au contraire! On veut que les excellents artistes de Québec puissent se faire voir et entendre du plus grand nombre. En même temps, on essaie d’avoir un point de vue « 418 » sur la scène musicale québécoise en général. »

Au sein du paysage médiatique de Québec, comment Boivin situe-t-il ecoutedonc.ca ? « On se voit comme un complément aux gros médias et aux hebdos culturels. Le Soleil a des ressources limitées et VOIR ne peut être partout, surtout avec la taille de son équipe québécoise. C’est là que nous entrons en scène. Pour certains artistes, nous sommes plus qu’un article quelconque dans le dossier de presse, nous sommes le dossier de presse au complet! Nous savons que cette vitrine pour les artistes de Québec a une valeur inestimable et nous essayons d’en faire profiter le plus grand nombre possible, même s’il faut parfois faire des choix difficiles.»

Peu d’appelés (et vraiment peu d’élus)

Déjà que la couverture médiatique traditionnelle a toutes les difficultés du monde à avoir les ressources nécessaires pour couvrir de façon « complète » la scène locale – sans parler des artistes d’ailleurs – ecoutedonc.ca est tombé comme un charmant cheveu sur la soupe. Comment choisir dans cette tonne d’artistes? « Je dirais que c’est encore relativement tranquille. Oui, nous recevons quelques albums et quelques offres d’entrevue, mais la grande majorité des relationnistes et des agents comprennent très bien ce qui nous intéresse. Ce printemps, nous avons laissé passer un très grand nombre d’albums (la majorité en fait), faute de temps, pour nous concentrer sur les spectacles. Nous devrions retrouver un équilibre cet automne. Et répondre positivement à la majorité des offres, tant qu’elles sont dans notre mandat. »

En tant que blogue, ecoutedonc.ca peut se permettre de cibler davantage ses intérêts: « D’un côté, les publications conventionnelles emploient des journalistes qualifiés qui respectent un tas de règles. Ça paraît dans leur rigueur, dans la qualité de leurs comptes rendus et de leurs entrevues, qui vont souvent plus loin que celles qu’on peut parfois lire ou écouter ailleurs. D’un autre côté, les blogues et les webzines offrent une rapidité d’exécution et une liberté qu’on ne trouve pas dans les médias conventionnels. Ce n’est pas Le Devoir qui va publier une galerie des 50 meilleures photos du spectacle d’hier au Pantoum même si Francis Vachon est un excellent photographe. Nous, nous pouvons le faire parce que notre photographe Marion bien-aimée n’avait pas 14 autres affectations dans la soirée et qu’on lui laisse le temps de traiter ses photos avant la publication de l’article. »

Québec vs Montréal?

En regardant du côté de Montréal, Boivin se rend bien compte que les deux villes vivent des situations bien différentes: « Je vois ce qui se passe à Montréal et je trouve ça chouette. Plein de blogues et de webzines qui parlent de musique, de culture, chacun a sa saveur qui lui est propre, c’est fantastique. À Québec, sauf peut-être en ce qui a trait au hip-hop ou au métal, ecoutedonc.ca est pas mal tout seul. Sauf pendant la saison des festivals. C’est compréhensible, le marché est différent (si je parlais de mes stats, ça rirait à Montréal) et il faut se résigner à l’idée qu’on fait ça par passion, pas pour l’argent. »

Loin d’être défaitiste, le fondateur croit plutôt que son site répond à un besoin… autant du lecteur que des blogueurs qui écrivent pour ecoutedonc.ca. « Je pense qu’on a trouvé la solution pour Québec et peut-être même pour certains autres marchés régionaux. On se regroupe, on se divise la tâche, on a du plaisir ensemble et la tribune n’en est que meilleure. Si d’autres blogues et webzines surgissent, on s’ajuste et on essaie de collaborer, de toute façon, tout s’en va dans ce sens. « Il faut collaborer », a dit Karl-Emmanuel Picard de District 7 Production ici-même. Nous sommes tout à fait d’accord. »

ecoutedonc.ca

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