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Le Pigeon, revue de création francophone: littérature voyageuse dans une francophonie unie

Le Pigeon, revue de création francophone: littérature voyageuse dans une francophonie unie

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Nouvelle publication littéraire réunissant des voix de talent de l’Amérique, de l’Europe et de l’Afrique, Le Pigeon, revue de création francophone, sera publiée deux fois l’an et paraît la semaine prochaine au Québec. Le premier numéro, réunissant différents textes sous le thème « lendemain », est illustré par la talentueuse Mügluck. Rencontre avec l’éditrice Annie Goulet pour en savoir plus sur cet oiseau voyageur.

Quelle est l’histoire derrière votre magazine?
Il a été créé à la suite d’une discussion entre Martin Balthazar, éditeur, et l’écrivain Dany Laferrière. Ce dernier faisait part de son désir de voir apparaître une revue papier où se côtoieraient des auteurs francophones de divers pays, certains aguerris et connus, d’autres à découvrir. Le tout permettrait de décloisonner les littératures des régions de la francophonie mais, plus encore, de se défaire de l’étouffante hiérarchie selon laquelle il y aurait « la France » et « les francophonies-satellites ». À peine deux ans plus tard, nous avons donc un premier numéro, qui s’ouvre justement sur un entretien avec Dany Laferrière. Il est en quelque sorte le parrain de la revue.

Comment décririez-vous votre ligne éditoriale?
La nature de notre projet – l’espèce de « vivier » que ça doit devenir, selon les mots de Dany Laferrière – nous force à adopter un fonctionnement d’appel de texte assez serré. En comité de rédaction, nous parlons des auteurs que nous avons découverts et qui nous plaisent, nous plaçons des punaises imaginaires sur la mappemonde du numéro de la revue que nous préparons, et nous lançons les invitations, les doigts croisés. Jusqu’ici, les auteurs invités paraissent enthousiastes, ce qui est très encourageant. Pour représenter plusieurs pays, plusieurs styles et plusieurs types de carrières d’auteurs à chaque numéro, il faut être curieux, ouvert, inventif surtout. Souvent, les illustrateurs seront ceux qui donneront le ton, l’ambiance d’un numéro. Le pari est aussi que les textes, miraculeusement, se répondront, entreront naturellement en relation les uns avec les autres. Dans le premier numéro, « Lendemain », par exemple, les textes de Claire Legendre et d’Iman Bassalah ont plusieurs thèmes en commun mais fonctionnent sur des modes entièrement différents. Ce sont les hasards de la cohabitation qui sont intéressants.

Pourquoi avoir choisi le média imprimé?
Simplement parce que c’est ce qu’on aime le plus, et ce qu’on fait le mieux. Nous ne nous cachons pas que c’est un défi considérable que de lancer une revue papier sur deux continents à la fois. Bâtir des ponts entre des écrivains étrangers, le web le fait déjà, d’une certaine manière. L’effet est plus saisissant dans le contexte de l’imprimé, car le lieu de rencontre existe physiquement, matériellement. D’un côté et de l’autre de l’Atlantique, des lecteurs s’intéresseront à de nouveaux auteurs, feuilletant le même objet, parcourant les mêmes pages… C’est une vision qui nous réjouit. Évidemment, comme pour l’industrie du disque et les médias d’information, on exige désormais que la revue papier offre une plus-value. C’est entre autres pour cela que nous avons soigné la présentation à ce point. Et nous avons confiance que la facture visuelle de l’objet, en plus de la qualité des auteurs invités, évidemment, convaincra les lecteurs.

Quelle est la réaction du public?
Comme le premier numéro n’est pas encore paru (il sortira en mars au Québec et en mai en Europe), il est évidemment trop tôt pour le savoir. Mais les échos que nous avons pu avoir de la part d’auteurs potentiels pour les numéros suivants, de journalistes ou d’acteurs du monde du livre, de chercheurs aussi, ont été fort enthousiastes : notre revue semble répondre à un besoin, sinon à un manque.

Quelle est votre stratégie de vente et de croissance? Publicité ou co-branding?
Eh bien, il s’agit de voir comment fonctionnera le premier numéro, puis de s’ajuster. Évidemment, nous sommes prêts à nous retrousser les manches et à faire ce qu’il faut pour que le deuxième numéro soit meilleur et ait plus de succès que le précédent, et ainsi de suite. Nous serons ouverts à tous les commentaires, notamment à ceux des auteurs qui participent au projet et sont réellement ceux qui font la revue. Après un numéro édité, déjà, nous savons mieux comment nous y prendre. Mais chaque chose en son temps, en ce qui concerne la publicité et la commercialisation. Nous avons des effectifs limités, et nous voulons que l’édition de la revue reste… dans la famille, disons. Le côté très collégial de notre fonctionnement nous tient à cœur. C’est pourquoi lorsqu’on parle de croissance, on songe plutôt à une meilleure distribution, une meilleure diffusion de la revue, pour qu’un maximum de gens y aient accès.

Quels sont vos projets à venir?
Nous allons surveiller la réaction au premier numéro, sortir le deuxième, et ensuite on verra. Nous avons des idées de thèmes à explorer, des projets de numéros spéciaux consacrés à un genre en particulier (le polar, par exemple), nous avons une liste très longue d’auteurs et d’artistes visuels avec qui nous aimerions travailler, mais comme nous le disions plus haut, nous souhaitons surtout pouvoir continuer de travailler en petit comité et d’attirer le plus d’auteurs et de lecteurs possible, des gens à qui nos méthodes et nos projets plaisent.

Il va falloir aussi être plus inventifs quant aux moyens de rendre la revue accessible et attrayante. Nous songeons à nous associer à des événements culturels et à en organiser nous-mêmes partout où la revue sera disponible, pour réunir les gens autour du projet et célébrer leur rencontre. Évidemment, le défi le plus grand consiste à durer, dans ce contexte difficile pour les arts et la littérature, et dans ce monde où on sent parfois que l’offre dépasse la demande – en nombre, s’entend. Nous prendrons chaque nouveau défi avec philosophie et continuerons de travailler ardemment à faire la meilleure revue possible.

Le Pigeon, revue de création francophone
Sortie le 25 mars 2015 au Québec (événement facebook du lancement) et le 21 mai 2015 en Europe

Crédits illustrations: Mügluck
Crédit photo du sommaire: Louise Marois

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