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L’Écart: l’art comme liant

L’Écart: l’art comme liant

Ce n’était pas dans les plans de Geneviève Crépeau de revenir s’installer à Rouyn-Noranda après ses études en arts à l’UQÀM. C’est la rencontre de Matthieu Dumont, un « coup de foudre total tout de suite », qui a changé la donne. De leur union sont nés leur fils Maurice ainsi que le projet musical et performatif Geneviève et Matthieu, qui a connu un beau succès sur les radios étudiantes et dont le plus récent album, La Jamésie ostie / Les Enfants du plomb, est paru l’automne dernier. Maintenant respectivement chargée de projet et coordonnateur général de la galerie L’Écart… lieu d’art actuel, le duo met ses énergies en commun pour faire rayonner l’art actuel en région. Ils nous dressent un état des lieux.

« C’est sûr que c’est toujours une bataille, que ce n’est jamais gagné d’avance » affirme Geneviève. « Mais je peux dire que depuis six ans peut-être, au niveau du public, ça s’est vraiment développé ». Comment expliquer l’engouement? Par un réel désir de leur part de participer à la communauté rouyn-norandienne et abitibienne d’abord, notamment avec une équipe de hockey aux couleurs de L’Écart à la Fête d’hiver et une présence active lors du Festival de musique émergente. Plus récemment, la galerie faisait untriplevernissage lors des Quartiers d’hiver, en plus de présenter pour cette fin de semaine-là l’installation Strangers, mettant en vedette Patrick Watson en mode intime et immersif. « Le monde (vient) voir Pat Watson, mais en quelque part ils se retrouvent dans un lieu d’art: c’est toujours d’un peu contaminer par cette façon-là, parce que l’art pareil, ça fait peur aux gens » note Geneviève. « Ce sont toutes des petites choses qui font qu’un moment donné, tu fais partie de ta communauté et tu te développes un public. »

Il est donc loin le temps des premiers vernissages organisés par le duo il y a quelques années: « On était une dizaine, on achetait une caisse de 24 et si on passait au travers, on était content, on allait en chercher une autre » se souvient Geneviève. « On ne peut pas dormir sur la switch non plus, c’est comme un feu: c’est facile (de le laisser s’éteindre). » Pour l’instant, les efforts portent fruit: « On a tout le temps des bons vernissages, les artistes sont toujours vraiment contents. On accote les grands centres au niveau de nos vernissages, on est tout le temps entre 60 et 125 », oscillant le plus souvent autour de la centaine de gens présents, de tous milieux. « C’est ça que j’aime beaucoup. Ce ne sont pas juste des artistes. »

Maintenant propriétaire de l’immeuble qui abrite la galerie, L’Écart y offre des ateliers d’artiste à prix modique, en plus de gérer les quelques appartements se trouvant à l’étage. Francis Boivin, artiste-sculpteur, a fait du centre d’artistes le centre de son univers: habitant à l’étage, il occupe un des ateliers de la galerie et y a exposé l’année dernière. Matthieu souhaite que d’autres prennent son exemple pour créer un véritable milieu de vie: « Pour moi, c’est l’image que je me fais d’un centre d’artiste: où on peut vivre, mais vraiment vivre: dormir, manger, prendre Internet, travailler et exposer. »

Une préoccupation demeure: attirer la jeunesse à s’impliquer dans la programmation: « C’est important pour un centre d’artiste, surtout quand t’es loin: la relève c’est la base de tout, sinon c’est mort! » s’exclame Geneviève, d’avis que les jeunes dans la vingtaine constitue un manque à combler au sein du public, un peu « trop à (leur) goût 40 ans et plus ».

S’allier la relève, c’est aussi parce que Geneviève et Matthieu se considèrent comme privilégiés d’avoir joint une institution comme L’Écart, qui a ouvert en 1992 de l’initiative d’un regroupement d’artistes piloté entre autres par Gaétane Godbout. « Quand on est arrivé, le centre était là, il y avait déjà des subventionnaires qui étaient présents, donc nous ce qu’on a fait on a poursuivi, sans les soucis que (les fondateurs) avaient » explique Matthieu. « On prépare l’autre génération qui va prendre notre place, c’est comme ça que nous on le voit aussi. On a développé (le centre) depuis une dizaine d’années, on a fondé un festival de performances, on a acheté le building en collectif. » Un beau terrain de jeu pour quiconque se passionne pour l’art actuel. L’équipe est donc en contact avec des étudiant de Concordia et de l’UQÀM qui sont originaires de la région, pour les convaincre d’un retour une fois leurs études complétées… comme Geneviève l’a fait il y a maintenant plus de quinze ans et ne l’a jamais regretté.

L’Écart… lieu d’art actuel
Geneviève et Matthieu | site officiel | bandcamp

Crédits photos: Maryse Boyce

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