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« Chaque détail compte dans l’image d’un artiste. » – Francis Malo, fondateur de La Cabane

« Chaque détail compte dans l’image d’un artiste. » – Francis Malo, fondateur de La Cabane

» Archives de la chronique Dans les coulisses…

Avez-vous déjà entendu parler de La Cabane? Cette boîte de gérance et de représentation d’artistes basée à Montréal, qui compte dans ses rangs les artistes Geneviève Racette, Catherine Valéry, HARRYPLUSTONIO et le groupe hommage aux Colocs Passe-moi la puck, offre de multiples services: relations de presse, contrats, direction de tournée, gestion de calendrier, etc. Pour en parler, le fondateur Francis Malo.

Pourquoi se lancer dans cette aventure dans un monde musical en mutation? « J’ai choisi de fonder La Cabane pour officialiser le fait que je suis là, prêt à appuyer et à aider les artistes en lesquels je vois un potentiel. Ayant une formation universitaire en gestion, j’étais souvent la personne vers qui amis et artistes se tournaient pour demander conseil, et y ayant pris goût, j’ai décidé de faire le saut. »

Ce fort besoin d’aider les artistes de la relève transparaît dans la mission de la jeune entreprise: « La mission de La Cabane est d’amener les artistes vers leurs rêves les plus fous, de les outiller et de les encadrer le plus globalement possible pour pallier à leurs points faibles et de les pousser à développer davantage leurs forces, le tout en leur donnant l’appui nécessaire au développement de leur carrière. De cette façon, on mise tout pour voir à les amener où leurs idées les plus folles les font rêvasser. »

Une sélection rigoureuse

En recevant deux à cinq offres d’artistes par mois, la Cabane a l’embarras du choix du côté des collaborations. « En gérance, c’est comme en affaires: avant de s’associer à quelqu’un plusieurs éléments ressortent, tels que la personnalité, les idées et les méthodes de travail. Avant de décider de s’associer officiellement, que ce soit en gérance, en booking ou globalement avec un artiste, on s’assure que les connexions se font. On fait le tour des médias de l’artiste, quitte à le suivre quelques temps pour tenter de se faire une première impression de son activité sociale (Facebook, Twitter, etc.). Ça donne la plupart du temps la meilleure empreinte de sa maturité en tant que musicien et de son implication sur la scène locale. »

Et l’étape la plus décisive ? « Ça consiste à assister à une performance, qu’on ait été contacté par l’artiste ou qu’on soit simplement intrigué de travailler avec lui. De là l’idée est assez faite concernant le « musicianship » des membres du groupe ou de l’artiste. Vient ensuite l’approche personnelle, qui nous permettra de connaître la personne derrière le projet musical. Cette étape donne le ton à tout le reste des échanges, que ceux-ci mènent à une signature d’entente ou non. Au fil des échanges, la personnalité de l’artiste ressort et nous permet de peaufiner l’offre face à ses volontés. »

« Si le média est bon et bien dirigé il sera lu. »

Être un nouveau joueur dans l’industrie musicale, positif pour se faire remarquer des médias? Pas nécessairement. Comment La Cabane fait-elle son chemin dans un monde ultra-compétitif? « Nos communications dirigées vers les médias sont depuis le début faites le plus sérieusement possible. La réception à laquelle nous avons droit est assez bonne. C’est certain qu’une nouvelle boîte de gérance et de production profite d’un momentum; par contre, il n’y a pas de recette magique. La majorité des boîtes montréalaises qui travaillent avec les journalistes sont là depuis un bon moment et ont travaillé leurs relations pour pousser leurs artistes à travers les différents journaux d’ici et d’ailleurs. Pour nous, les relations se créent à un rythme très impressionnant jusqu’à présent et nous en sommes très fiers. »

À première vue, voit-il des différences entre les couvertures des blogues et webzines versus les médias plus traditionnels? Selon Malo, le fait d’appartenir ou non à un grand média n’influence pas les couvertures des journalistes: « Nous travaillons avec plusieurs blogues montréalais et en région et sommes très heureux du matériel publié par ces derniers. Nous avons toujours travaillé avec ces « nouveaux » médias et nous continuerons de le faire, car ils atteignent directement les gens sous un angle très ciblé de goûts et d’intérêts. Je ne vois pas de différence dans la couverture; si le média est bon et bien dirigé il sera lu. Certaines publications « conventionnelles » publieront des articles plus ouverts destinés à un large public tandis que les médias « actuels » pourront se permettre d’être beaucoup plus dirigés ou critiques. »

« La scène indépendante est en santé au niveau de la création. »

À travers des premiers pas de La Cabane, quelles sont les impressions de Malo sur la scène musicale indépendante ? « Elle est en santé au niveau de la création. Nous voyons arriver de la nouvelle musique de partout et il y en a pour plaire à tous. Reste à voir si les artistes donnent une image claire de qui ils sont réellement vis-à-vis leur nouveau public. À mon avis, un artiste est capable de faire la musique qu’il veut aujourd’hui et d’atteindre un public, des diffuseurs et des promoteurs un peu partout. Est-ce qu’il pourra vivre de ses créations? C’est une autre histoire. »

« Au niveau du booking et de la production, c’est clairement différent. Les plus gros labels signent de plus en plus de jeunes recrues et deviennent ainsi autosuffisants pour assurer les premières parties et les petites scènes de leurs programmations. Les bars sont pour leur part de plus en plus réticents à débourser pour un groupe dont ils n’ont jamais entendu le nom, lorsqu’en plus beaucoup se résignent à jouer pour peu, voire rien du tout. Certains bars, promoteurs et petites salles persistent et se dévouent à faire découvrir de nouveaux venus, au grand plaisir des artistes émergents et indépendants. Selon moi, l’avenir de la musique indépendante réside dans les groupes et diffuseurs qui sauront prendre les risques les mieux calculés. »

Possible en tant qu’artiste de s’en sortir? « Selon moi, le plus grand risque est lié directement à la phase de passage entre l’artiste « DIY » et l’artiste qui agit comme une micro « PME ». Pour la plupart des artistes, c’est ce passage qui deviendra la plus grande difficulté, souvent même la raison d’un échec. L’image devient également de plus en plus importante face au public et aux différents acteurs du milieu. Pour un programmeur de festival, par exemple, vos bonnes chansons ne suffiront pas. La plupart seront naturellement poussés vers des artistes qui sont dans le milieu depuis longtemps, qui ont avec le temps défini une image qui parle d’elle-même. Plusieurs artistes refuseront de se l’avouer au nom de la création, mais vient un moment où le « produit » qu’on tente de vendre doit définir son branding. Ce n’est pas une simple photo de presse qui donnera le ton à tout, mais chaque détail compte dans l’image d’un artiste. Il sera aussi essentiel de constamment surveiller l’image projetée pour s’assurer que celle-ci concorde toujours avec la direction que prennent les choses. »

lacabanemusique.com

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