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Recevoir dehors, la cuisine extérieure comme pièce à part entière

Recevoir dehors, la cuisine extérieure comme pièce à part entière

 

Pendant longtemps, la cuisine d’été au Québec se résumait à un barbecue sur la terrasse et une petite table d’appoint pour les épices. Ça faisait le travail, mais ça isolait celui qui cuisinait pendant que les invités se retrouvaient ailleurs. Ce qu’on appelle aujourd’hui une cuisine extérieure est autre chose : une pièce sans murs, avec un comptoir assez long pour préparer plusieurs plats, des rangements, un endroit pour s’asseoir et, souvent, un coin bar séparé de la zone de cuisson.

Ce changement reflète une façon différente de recevoir, où tout le monde se retrouve au même endroit, comme dans une cuisine intérieure ouverte sur le salon. Il change aussi la manière de concevoir l’espace. Des fabricants de cuisines extérieures sur mesure ont d’ailleurs bâti leur offre autour de cette idée, avec des configurations qui ressemblent de plus en plus à celles d’une cuisine de maison.

Ce qu’une vraie cuisine extérieure change dans une soirée

La différence se voit dès l’arrivée des premiers invités. Avec un barbecue isolé, l’hôte fait des allers-retours entre la maison et la terrasse, revient avec les assiettes, repart chercher la glace, et manque la moitié des conversations. Avec un comptoir, un réfrigérateur extérieur, un bac à glace intégré et des rangements pour la vaisselle, tout ce qu’il faut est déjà dehors. L’hôte reste dans la conversation, et les invités s’installent autour du comptoir comme ils le feraient dans une cuisine intérieure un soir de semaine.

Pour bien des familles, c’est ce qui sépare un repas qui se termine à vingt heures d’une soirée qui s’étire jusqu’à la noirceur.

Une saison courte, qui se prolonge quand l’espace est bien pensé

Le climat limite la période où une cuisine extérieure sert pleinement, ce qui pousse les propriétaires à en tirer le maximum dès que le temps le permet. Un espace conçu pour les journées chaudes de juillet reste sous-utilisé le reste de la belle saison. Un espace qui tient compte du vent dominant, de l’ombre en après-midi et des soirées fraîches de septembre s’utilise de mai à octobre.

Une pergola, une toile rétractable ou un chauffe-terrasse prolongent la saison de plusieurs semaines de chaque côté. Un pare-vent, même partiel, change le confort d’une soirée de fin d’été. Et les matériaux comptent : au Québec, une cuisine extérieure passe l’hiver dehors, et ce qui a l’air solide en juin ne l’est pas toujours en avril. Des cabinets étanches en PVC, une quincaillerie conçue pour l’humidité et une garantie longue sont les indices qu’un fabricant a pensé à l’hiver, pas seulement à la saison de vente.

Concevoir selon la façon de recevoir, pas selon un catalogue

Avant de choisir des matériaux ou un style, la question utile porte sur les habitudes. Une famille qui organise surtout des soupers du dimanche à six n’a pas les mêmes besoins qu’un couple qui reçoit vingt personnes pour la Saint-Jean. Le nombre d’invités habituel, la place de la cuisson dans la soirée, la présence d’enfants et l’orientation du terrain décident de la configuration avant le style.

Quelques configurations reviennent dans les projets.

  • La cuisine linéaire, le long d’un mur ou d’une clôture, compacte et efficace pour une petite terrasse.
  • La cuisine avec îlot, qui permet de cuisiner face aux invités plutôt que dos à eux, et qui devient naturellement le point de rassemblement.
  • La cuisine en L ou en U, qui sépare la zone de cuisson de la zone de service et laisse plus de comptoir pour déposer les plats.
  • Le coin bar distinct, pour les apéros et les cocktails, qui libère la zone de cuisson au moment le plus achalandé de la soirée.

Le choix dépend aussi de la relation avec la maison. Une cuisine extérieure placée près de la porte-patio garde le lien avec la cuisine intérieure pour les gros repas; une cuisine placée au fond du terrain crée une destination, mais demande d’être plus autonome en rangement et en réfrigération.

Il faut aussi penser aux raccordements avant de couler quoi que ce soit. Une prise extérieure protégée pour le réfrigérateur et l’éclairage, une conduite de gaz naturel ou un emplacement pour la bonbonne de propane, et parfois une arrivée d’eau pour un évier. Ces éléments coûtent peu à prévoir sur un plan et beaucoup à ajouter une fois la terrasse construite, et les travaux d’électricité et de gaz doivent, au Québec, être confiés à des entrepreneurs licenciés.

L’éclairage et les détails qui font l’ambiance

Une cuisine extérieure pensée pour recevoir ne s’arrête pas à l’appareil de cuisson. L’éclairage joue un rôle central une fois le soleil couché. Un projecteur unique au-dessus du barbecue donne l’impression d’un poste de travail; un éclairage doux intégré sous le comptoir ou dans les cabinets, avec une source de tâche seulement là où l’on coupe et l’on grille, crée une atmosphère où les gens restent.

Les petits détails pèsent souvent plus que la taille de l’espace. Un bac à glace intégré, un tiroir pour les ustensiles, un espace de comptoir laissé libre pour les verres et les plats, un rangement fermé pour la vaisselle d’extérieur, une poubelle intégrée. Chacun évite un aller-retour vers la maison, et c’est l’accumulation de ces allers-retours qui use une soirée.

Le son mérite aussi une réflexion. Un espace complètement ouvert disperse la conversation et la musique; une haie, un mur de la maison ou une pergola les contiennent. C’est le genre de détail qu’on ne remarque que quand il manque.

S’inspirer avant de fixer un budget

Avant de rencontrer un fabricant, regarder des réalisations concrètes aide à préciser ce qu’on veut. Une photo de projet montre mieux qu’un plan comment la lumière traverse l’espace en fin de journée, où les gens se placent autour d’un îlot, et comment une cuisine s’intègre au reste de l’aménagement paysager. Les galeries organisées par configuration, collection et couleur, comme celle des inspirations de cuisines extérieures proposée par certains fabricants, permettent de comparer une cuisine linéaire, une cuisine avec îlot ou une cuisine en U sans avoir à les imaginer.

Arriver à la première rencontre avec trois ou quatre images précises, et une idée honnête du nombre de personnes qu’on reçoit vraiment, raccourcit beaucoup la conception et évite de payer pour de l’équipement qu’on n’utilisera qu’une fois par été.

Cinq gestes qui changent une réception, sans gros budget

Prévoir un endroit pour s’asseoir près de la zone de cuisson, pas seulement à distance. Séparer l’éclairage d’ambiance de l’éclairage fonctionnel, sur deux interrupteurs. Garder au moins un mètre de comptoir libre en permanence pour les plats et les verres. Penser à l’ombre pour les réceptions d’après-midi, avec un parasol déporté si la pergola n’est pas au budget. Et prévoir un rangement extérieur pour la vaisselle qui sert dehors, pour ne pas la transporter à chaque repas.

Une pièce de plus, quatre à six mois par année

Pour un nombre croissant de familles québécoises, la cuisine extérieure est devenue l’une des pièces les plus utilisées de la maison entre le printemps et l’automne. Conçue autour de la façon dont on reçoit vraiment plutôt qu’autour d’une esthétique générique, et bâtie pour passer l’hiver, elle donne envie de rester dehors longtemps après le repas. Et contrairement à une tendance de décoration, elle change des habitudes, ce qui explique qu’elle s’installe pour de bon.

 

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