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Christophe Normand;  chez Norvik, la pénurie de main-d’œuvre en construction, c’est relatif. 

Christophe Normand;  chez Norvik, la pénurie de main-d’œuvre en construction, c’est relatif. 

La pénurie de main-d’œuvre par exemple, qui frappe la construction québécoise depuis plusieurs années. En Estrie comme ailleurs, les entrepreneurs composent avec des postes vacants, une rotation élevée et une perte de savoir-faire sur les chantiers. 

Rappelons que l’industrie de la construction au Québec représente environ 327 200 travailleurs, soit près de 6,8% de l’emploi provincial et environ 7,2% du PIB

Dans ce contexte tendu, certaines entreprises subissent. D’autres s’adaptent. Norvik Construction fait partie de celles qui ont choisi de traiter la pénurie non comme un problème ponctuel, mais comme un paramètre structurel à intégrer à leur modèle. Et oui, il y a des modèles qui traversent mieux l’économie capricieuse , que d’autres.

Au cœur de l’un de ces exemples se trouve Christophe Normand, dont la présence régulière sur les chantiers joue un rôle clé. Dans un contexte de pénurie, l’absence de la direction crée souvent des zones grises : décisions retardées, erreurs non corrigées, tensions internes.

L’approche est simple sur le papier, exigeante dans les faits : stabiliser l’équipe avant de chercher à grossir, diversifier les profils pour sécuriser les opérations, et internaliser les compétences clés afin de réduire la dépendance au recrutement constant.

Une équipe volontairement limitée pour limiter les ruptures de chantier

Alors que plusieurs entrepreneurs misent sur la croissance rapide des effectifs, Norvik a opté pour une structure resserrée d’environ douze personnes. Ce choix n’est pas anodin. Une équipe stable permet de réduire les pertes de temps liées à la formation continue de nouveaux employés, aux erreurs de coordination et aux ajustements permanents sur le terrain.

Christophe Normand nous le rappelle : « En construction, la pénurie ne se règle pas en embauchant plus vite. Elle se règle en construisant une équipe qui reste. Quand les gens se connaissent, les chantiers avancent mieux, même quand c’est compliqué. »

Sur des projets comme les glissades d’eau de Bromont ou l’hôtel Ski Bromont, cette stabilité s’est traduite par une exécution fluide malgré des contraintes techniques et saisonnières importantes. Les équipes se connaissaient, les rôles étaient clairs, et les interfaces entre métiers déjà éprouvées. Résultat : moins de friction, moins d’imprévus coûteux, et une meilleure tenue des échéanciers.

Dans un contexte où chaque retard se répercute financièrement, cette continuité devient un levier économique autant qu’opérationnel.

Immigration et pénurie : une réponse pragmatique, pas idéologique

La pénurie de travailleurs qualifiés pousse de nombreuses entreprises à revoir leurs pratiques de recrutement. Chez Norvik, l’intégration de talents issus de l’immigration n’a pas été pensée comme une réponse symbolique, mais comme une solution concrète à un manque réel de ressources.

Ces profils apportent souvent une forte rigueur d’exécution, une expérience de chantiers complexes et une capacité d’adaptation élevée. Sur le terrain, cette diversité se traduit par des méthodes de travail complémentaires et une meilleure capacité à résoudre des problèmes atypiques.

Dans les logements sociaux de Granby, par exemple, la coordination fine entre fondations, enveloppe du bâtiment et livrables finaux a bénéficié de cette pluralité de compétences. Les choix techniques ont été discutés à partir de référentiels variés, ce qui a permis d’anticiper certains enjeux d’entretien et d’usage à long terme.

La présence de femmes en postes clés : 

Autre réponse structurelle à la pénurie : l’intégration de femmes à des postes de supervision et de coordination. Dans un secteur historiquement masculin, Norvik a constaté un effet direct sur la qualité de la gestion de chantier.

Les suivis sont plus rigoureux, la communication plus constante, et les interfaces entre sous-traitants mieux structurées. Cela ne relève pas d’un discours sociologique, mais d’un constat opérationnel répété sur plusieurs projets. Moins de conflits non résolus, moins de reprises, et une meilleure traçabilité des décisions.

Christophe Normand insiste sur un point : « La diversité et la parité sur un chantier, ce n’est pas une valeur abstraite. C’est un gain très concret : des façons différentes de voir un problème, donc moins d’erreurs et moins de reprises. »

Projet à Eastman : entre mémoire, transmission,  et construction 

Ce positionnement prend tout son sens avec l’un des projets les plus emblématiques portés récemment par Norvik : un développement situé sur le chemin Cabana à Eastman, en pleine zone boisée, à environ une heure de Montréal, à 25 minutes de Bromont et de Sherbrooke, et à moins de 15 minutes d’Orford et du lac Memphrémagog. 

Implanté sur un terrain d’environ 20 000 pieds carrés, déjà déboisé et raccordé à Hydro, le projet bénéficie d’un accès direct au lac Orford, un cadre naturel rare et particulièrement recherché. Au-delà de ses qualités géographiques, ce chantier revêt une portée symbolique forte : les derniers projets réalisés en 2023 ont été cités directement dans les règlements municipaux comme des références à « authenticité élevée », un fait peu commun dans le milieu. 

Pour la famille Normand, ce retour à Eastman n’est pas anodin. Leur enracinement y remonte à près de 150 ans, depuis l’établissement de l’arrière-grand-père sur ces terres. Ce projet incarne ainsi une continuité entre territoire, mémoire et construction contemporaine, où la rigueur opérationnelle rejoint le respect du lieu et de son histoire. « On peut toujours trouver du monde pour remplir des postes. Ce qui est plus difficile, c’est de créer un cadre où les compétences restent et se transmettent. C’est là que tout se joue. » conclue ainsi Christophe Normand.

 

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