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Rake & Co., un magazine fasciné par Montréal

L’agence de publicité montréalaise Cloudraker lançait en début d’année la première édition du magazine Rake&Co., une publication de 120 pages se présentant comme « une archive actuelle de Montréal ». En couverture, une illustration de Raymond Biesinger représentant Montréal en ’67 donne le ton du magazine, qui séduit dès le premier regard par son esthétisme propre et épuré. Baron a donc décidé de rencontrer la rédactrice en chef Christina Brown à son bureau pour découvrir ce qui se cache derrière ce nouveau projet.

 

Baron: On pourrait comparer la position du magazine à celle du vinyle, dans un contexte où l’on croyait que le numérique allait tuer l’objet. Que penses-tu de l’industrie du magazine imprimé actuelle?

Christina Brown: C’est intéressant, le retour vers le magazine imprimé. Il y a beaucoup de changement : les attentes au niveau du design sont plus élevées, le rôle de la publicité dans les pages du magazine n’est plus le même. La qualité du papier est aussi importante. Il y a un marché intéressant en ce moment. Le web a un rôle à jouer et je suis une grande amoureuse de tout ce qui se passe en ligne, mais l’objet nous manque. On est toujours content de faire parler de nous sur le web, mais lorsque c’est un article dans une publication imprimée, c’est autre chose. C’est permanent, ça revêt une plus grande importance.

 

B: Comment est venue l’idée du magazine Rake & Co?

CB: L’idée d’origine vient du blogue de l’agence, qu’on entretenait. C’est un blogue qui parle beaucoup de l’industrie. C’est assez courant pour une agence d’avoir son blogue. Parler de nouvelle technologie, des nouvelles campagnes, etc. Je voyais une opportunité d’utiliser le blogue comme un espace d’expérimentation où nos employés partageraient leurs intérêts au lieu de parler seulement de notre métier. En plus, le milieu de la publicité connaît actuellement des changements majeurs et le contenu y est de plus en plus important. Le blogue devient alors une belle zone d’expérimentation, sans les risques qui viennent avec la création de contenu pour un client. Le premier projet concret qui a émergé du nouveau concept du blogue est le studio de film qui se nomme Lovecat. Donc, l’expérimentation qu’a permis le blogue a apporté plein de bonnes choses et d’opportunités nouvelles à notre entreprise.

Comme je suis une maniaque de tout ce qui est imprimé et des magazines en général, je voyais se dessiner une tendance vers le haut de gamme. On remarquait que les gens étaient prêts à payer plus cher pour un produit sans publicité. On a donc décidé de transposer le blogue en magazine imprimé. Il n’y avait pas de stratégie derrière tout ça, on avait juste envie de le faire. Avec Rake&Co., on veut parler de notre vision de Montréal, de ce qu’on aime de notre ville.

 

B: Quel était votre modèle d’affaires en publiant cette première édition de Rake&Co?

CB: C’est une expérience avant tout. On a payé cher pour un papier et une impression de qualité. On s’est dit que si ça ne se vendait pas, dans le pire des cas, on allait le donner à nos clients pour leur montrer ce que nous sommes capables de faire. Heureusement, on dénote un réel intérêt. Nous sommes agréablement surpris des ventes même si nous n’en avons imprimé que 500 exemplaires. Pour l’instant, nous prévoyons publier deux éditions par année.

 

B: Vous êtes une publication qui parle exclusivement de Montréal. Pourtant, votre magazine jouit d’une qualité qui pourrait lui valoir une distribution internationale. Est-ce que vous ne vous créez pas une certaine barrière en ne parlant que de Montréal?

CB: Nous avons un point de distribution à Ottawa et on vient tout juste de faire une entente avec une boutique à Brooklyn. Il y a beaucoup de Montréalais qui habitent un peu partout à travers le monde. Je crois donc qu’il peut y avoir un marché pour un magazine axé sur Montréal à l’échelle l’internationale.  Mais, à la base, c’est un magazine pour les Montréalais.

 

B: Finalement, comment décririez-vous le contenu de Rake&Co?

CB: Il y a des articles de toutes sortes. On y voit des visages avec lesquels un certain cercle de personnes à Montréal est plus familier, mais il y a aussi des histoires sur le patrimoine. On a un dossier sur St-Henri où l’on parle, entre autres, d’une petite maison qui possède une histoire fantastique. Le contenu n’a rien à voir avec le Montréal « à la mode ». Je considère plutôt que ce sont des histoires de patrimoine. Je sais qu’à première vue, on pourrait dire que le Rake&Co. est une archive d’un certain type de Montréalais, mais ce n’est pas le cas.

www.rakeandco.com

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